0

Arrêter de se regarder le nombril

 

L’expérience du JE

L’art du « JE », on connait ça. Aujourd’hui, l’intégralité de nos relations se conjugue au « JE ». Moi, honnêtement, je suis égoïste, et vous? Tellement centré sur moi que souvent je m’aime. Je sais, je sais, c’est indécent… Régulièrement, à Noël, je pense aux cadeaux que je vais recevoir avant ceux que je dois acheter. Eh oui, je suis comme ça, JE, ME, MOI.

 

Semblant de mea-culpa

Je suis désolé d’être un égoïste… Ce n’est pas de ma faute si j’ai un certain talent pour composer ma liste de cadeaux, et ce, depuis que je suis en âge de me rappeler. Tout petit, délibérément, je m’endormais avec la circulaire du Toys « R » Us sur le visage. Tout ça pour que ma mère comprenne à quel point ces jouets me tenaient à cœur et qu’il était impératif de me les acheter. Ouais, égoïste et manipulateur avant même d’avoir un poil au menton. Noël, je croyais que c’était mon deuxième anniversaire. La grosse cagnotte pour moi et rien pour les autres. Je n’apercevais même pas que mon entourage, lui aussi, recevait des cadeaux. Je suppose que je m’en foutais. Quand je déballais mes «bébelles», assez bizarrement, ma vision d’autrui diminuait.

 

xjb7du_4kqq-andrew-neel

 

Une accumulation de MOI

Les Noëls s’empilaient dans ma tête avec une abondance et un surplus de MOI. Le désir de penser aux autres commençait à me turlupiner (oui, oui, calmez-vous, j’ai utilisé le verbe turlupiner.). C’est arrivé tout bonnement, sans prévenir. Suite à un Noël, passé seul en République Dominicaine, l’importance de la présence des autres m’a frappé.

En dépit de trouver des gens pour y venir avec moi, c’est mon nombril qui m’accompagna. T’as beau être sur une belle plage, sans les gens que tu aimes, c’est foutu. En République, j’ai attrapé une sorte de turista qui me donnait soudainement envie de régurgiter un peu de joie, et une partie de mon porte-feuille, sur les autres. La présence de ma famille et ami m’apparaissait impérative. Le matériel et les cadeaux ne me manquaient pas, j’étais dans l’abondance de matériel. Partager un moment avec les gens que j’aime, c’est ce qui me tracassait.

 

Sortir de son nombril

Les fêtes suivantes, pour la naissance du petit Jésus, ma préparation était tout autre. Mon besoin de recevoir des cadeaux frôlait le point de congélation et l’envie de partager arrivait à son apothéose. Mon compte en banque m’évitant d’être généreux avec pluralité, j’ai eu l’idée d’écrire un message personnel à chacune des personnes que j’appréciais, directement de mon profil Facebook. Du 20 au 25 décembre, j’ai bombardé d’un mot agréable et comique un maximum de gens.

Le plaisir ressenti était incomparable à celui vécu en recevant du matériel. C’est un tsunami d’amour que j’ai envoyé ces 5 jours et une vague de cette ampleur a majoritairement un effet boomerang. Donner, sincèrement, c’est cool. Ici, je ne fais pas référence aux gadgets, je ne fais pas l’apologie des grosses boîtes bien emballées, mais je parle de déballer son affection en oubliant son orgueil. Donner, c’est prendre son temps pour l’offrir aux autres.

Vous pouvez toujours penser à ce que vous allez recevoir, mais sans aucun contrôle, ni certitude. Avec le don, contrairement, c’est vous qui décidez où ça se passe et comment.

 

Commentaires

Emil Morin Massothérapeute, gestionnaire de médias sociaux, animateur de communautés, stratège marketing et blogueur.