Choisir d’être horticultrice en amour

Le gazon est toujours plus vert chez le voisin…Ahhhh cette phrase est si clichée et si véridique à la fois. Elle s’applique dans toutes les sphères de la vie, dont dans nos relations amoureuses.

 

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À ce chapitre, j’ai déjà eu un gazon d’un vert I-M-B-A-T-T-A-B-L-E. En effet, j’ai partagé ma vie pendant plusieurs années avec un homme qui m’apportait tout ou presque: une sécurité financière (une carrière bien établie, une gestion financière analogue à la mienne, une préférence à investir notre argent pour répondre à mes besoins plutôt qu’aux siens), une sécurité affective (sa forte propension à partager son temps avec moi plutôt qu’avec les autres, son aveuglement envers les autres femmes) et une immunité contre les tracas de la vie (son talent et son côté proactif innés pour gérer les responsabilités du quotidien me laissaient avec une totale liberté d’investir mon temps et mon énergie dans ma carrière, mes loisirs, bref dans ma petite personne…)

Dans ce contexte, comment pouvais-je trouver le gazon plus vert ailleurs? Pourtant, c’est ce qui est arrivé. Non, pas plus vert, mais plus attrayant. En fait, le problème majeur, c’est que je ne pouvais m’attribuer aucun mérite à sa verdure. Je ne travaillais pas pour celui-ci, je ne faisais qu’en récolter les résultats. Je prenais sans donner. Je ne m’investissais tout simplement pas. J’avais choisi la sécurité plutôt que l’amour véritable.

Toutefois, les choix guidés par la peur et la facilité nous rattrapent inévitablement, car nos véritables besoins et valeurs finissent toujours par crier plus fort. Résultat: j’avais ce sentiment diffus, mais bien présent, de ne pas vivre ma vie pleinement et d’être consciente que, si on m’annonçait une mort imminente, je ne pourrais être complètement en paix avec la vie que j’avais décidé de mener. Je ne pouvais pas moins faire de l’aveuglement volontaire, je disais non au mariage et je reportais le projet des enfants avec un homme qui deviendrait un père extraordinaire en tentant de trouver des motifs légitimes. La vérité, c’est que je n’aurais pas pu dire oui devant Dieu et mes proches sans me sentir hypocrite. Sans sentir que je maximisais pas les chances de donner à ma progéniture deux parents qui s’aiment et continuent de se choisir pour les bonnes raisons. Alors, un jour, j’ai trouvé le courage de partir. J’ai décidé de quitter mon gazon vert.

Ça n’a pas été facile. Je n’ai jamais eu de talent d’horticultrice.

J’ai peur de prendre le risque de donner sans recevoir, j’ai peur d’être déçue. La vérité, c’est que malgré toute notre bonne volonté, toute l’énergie et le temps qu’on investit, il est possible de ne pas récolter le gazon vert dont on se croit digne. Le calibrage de l’arrosage, de l’aération, du fertilisant peut être inadéquat. Et surtout, on ne peut exercer un contrôle sur l’ensemble des conditions préalables au succès (la pluie, la maladie et même les parasites!).

Alors, par peur, je suis revenue à ma période pré gazon vert en choisissant de fréquenter des hommes qui ne représentaient pas une «semence» à gazon vert. Encore une fois, ce n’était pas engageant, mais différent tout simplement.

Jusqu’au jour où je t’ai rencontré toi. Toi qui m’as donné envie d’entretenir à deux un gazon vert qui ne me ferait pas envier celui des autres, toi qui m’apprends le sens véritable du mot engagement.
Martine St-Clair chantait: «j’ai peur tout simplement que de nous deux tu sois gagnant et un beau jour me retrouver seule à force de trop aimer». J’ai décidé de transcender cette peur. De toute façon, j’ai tiré un enseignement important de mon ancienne relation, soit que la sérénité à l’égard de la fin d’une histoire est beaucoup plus facile à acquérir pour celui qui a donné que pour celui qui a pris. Les regrets sont rarement, voire jamais, compatibles avec le fait d’avoir donné le meilleur de soi. Aussi, donner sans compter fait en sorte qu’on acquiert une certaine immortalité dans le coeur de celui qui a reçu.

Pour terminer, je souhaite à tous d’écarter la peur de leurs choix amoureux de façon à devenir des personnes plus équilibrées, plus épanouies, qui ont une image plus positive d’elles-mêmes.
En effet, Tarun J. Tejpal disait: «on n’est pas celui qu’on voit dans le miroir. On est celui qui brille dans le regard d’autrui».
Dans le regard de mon homme, j’ai décidé de ne plus voir la petite fille qui a besoin qu’on s’occupe d’elle et qui est avide de sécurité. Dans les yeux de mon homme, je veux voir la femme combative, courageuse, confiante en l’avenir. Dans ses yeux, je veux aimer la personne que je vois.

 

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