Hommage à la course

Ce texte se veut un hommage à la course, une façon de se remémorer tout ce que nous apporte ce sport, et ce, pour les moments où la philosophie du « no excuses » pour chausser ses runnings nous délaisse.

La course a la capacité de muscler les mollets mieux que n’importe quel appareil de musculation. C’est le sport le plus efficient en termes de pertes caloriques, il libère l’hormone du bonheur et est accessible à tous.

Toutefois,  la course, c’est tellement plus que cela.

C’est pour moi l’emblème de plusieurs valeurs.

 

La fraternité

Il existe une sorte de solidarité entre les coureurs. Je pratique d’autres sports, mais je ne salue pratiquement jamais les personnes qui exercent ceux-ci en même temps que moi. Or, je récolte presque toujours un sourire, un petit signe de tête et même un «bonjour» de la part d’un coureur que je croise sur ma route en guise d’encouragement. C’est un peu une façon de se dire qu’on se comprend. Courir, c’est aussi faire partie d’une grande famille.

 

Le partage

On, le sait la course ne cesse de gagner en popularité. Courir, c’est une passion contagieuse, une passion qui se partage. On peut partager l’entraînement, se soutenir dans celui-ci, mais surtout, on peut partager la fierté de nos exploits, quels qu’ils soient. Pour ma part, à mon deuxième marathon, le parcours coteau des rives de Québec, la température assimilable à celle d’une fournaise, l’entraînement insuffisant et le dosage inadéquat de mon énergie lié à une surdose de confiance suite à mon premier marathon, ont représenté le cocktail parfait pour que je frappe le fameux mur du 30e kilomètre. Les kilomètres suivants ont représenté un défi physique et psychologique colossal et mon père a saisi, un peu comme s’ils les avaient fournis lui-même, tous les efforts que j’avais déployés avant de mettre enfin un  pied sur la ligne d’arrivée. J’ai été accueillie par ses bras, ses larmes et ses « je t’aime », alors qu’il ne m’a jamais habituée à de grandes manifestations d’émotions.  La course m’a permis de me constituer une banque de beaux souvenirs partagés avec les miens, dont celui-ci avec mon père qui demeurera certes un moment fort et impérissable de ma vie. Merci la course, merci Papa.

 

 

La santé

Pour courir, il faut que notre cœur, nos muscles, nos articulations, etc., collaborent, ce qu’on tient trop souvent pour acquis… À mon premier marathon, où des affiches jalonnaient le parcours pour indiquer les kilomètres réalisés, je me suis questionnée, en apercevant celle du 10e kilomètre et en anticipant la séance de souffrance à venir, sur les raisons de ma présence. J’ai alors aperçu une personne dans un fauteuil roulant qui tenait une pancarte mentionnant : «Running is a un gift, enjoy it ». Maintenant, chaque fois que ce type de pensées me traverse l’esprit, je repense à cette image et ça me rappelle systématiquement la chance que j’ai d’être en santé, la chance que j’ai de courir, la chance que j’ai que mon corps me soit fidèle…

 

La persévérance, la détermination, le dépassement de soi

Il existe une panoplie de raisons qu’il est possible d’évoquer pour se justifier de rebrousser chemin prématurément, avant de parvenir à l’objectif fixé. Je me fais un devoir de les évacuer, car ce que m’apporte l’accomplissement de mon objectif en vaut amplement la chandelle, mérite que je supporte mes jambes lourdes, mes pieds douloureux, mon impression d’être à l’extrémité de mon énergie disponible.   L’arrivée, en soi, c’est un tout petit moment, mais dont on sous-estime les répercussions. Il y a bien entendu la fierté momentanée et gratifiante, mais aussi la prise de conscience qu’on est en mesure de persévérer, de faire preuve de détermination, de dépasser les limites qu’on se fixe parfois à tort. Courir me fournit la confirmation que se trouve en  moi la force nécessaire pour braver les difficultés et l’adversité, et ainsi atteindre les objectifs que je me fixe, et ce, dans la course comme dans la vie en général.

 

Le respect

À chacun son défi, à chacun sa distance et sa vitesse, à chacun sa manière de se dépasser. Pour moi, ce ne sont pas les marathoniens qui franchissent le 42,2 kilomètres en un peu plus de 2 heures qui suscitent le plus mon respect. Ce sont mes héros du quotidien. Je tenais donc à terminer ce texte en faisant référence à certains de ceux-ci.

À mon père qui sera sur la ligne de départ de mon troisième marathon avec moi. Merci Papa d’avoir représenté, depuis que je suis toute petite, ce modèle de dépassement de soi et de continuer à l’être aujourd’hui malgré le temps qui passe. Je suis choyée de pouvoir compter sur ce bel héritage.

À ma grande et précieuse amie Mireille, qui accomplira bientôt un demi-marathon à l’âge de 55 ans, alors qu’elle n’avait jamais attaché de souliers de course dans ses pieds il y à peine trois ans. Rien ne la prédisposait à courir une telle distance, rien sauf les valeurs exposées dans ce texte…. Ces valeurs qui font que je la respecte et l’admire.

 

Par ce texte, je rends hommage à la course, je vous rends hommage à vous deux et je rends hommage à toute la famille de coureurs. Grâce à vous, les rues du Québec remplies de coureurs témoignent de l’évolution de notre société par le sport. Grâce à vous de belles valeurs sont incarnées et léguées.

 

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