J’ai fini mes études et j’ai la chienne

Ça fait des années que j’attends ce moment, que j’en entends parler, que je regarde des adultes accomplis et que je les envie. Pourtant, aujourd’hui, un baccalauréat en poche, ma vie devant moi, je suis tout sauf jalouse. Je suis pétrifiée.

La fin des études signifie bien plus que quitter les bancs universitaires. Ça veut aussi dire quitter la vie étudiante, quitter les rabais étudiants, quitter des amis et surtout quitter la stabilité qu’apporte l’école.

 

 

Je ne veux pas sonner défaitiste. Je sais qu’on peut revoir nos amis, qu’on aura d’autres rabais et qu’on va tranquillement se faire une nouvelle vie. Ce qui me fait peur, c’est le saut qu’il faut faire pour se rendre là.

En secondaire 4, on nous demande de penser à ce qu’on veut faire au cégep. En secondaire 5, on s’inscrit, un peu à tâtons, dans le programme qui nous semble le plus logique. Au cégep, on pense à ce qu’on doit faire pour aller à l’université. Après ça, on ne le sait pas. C’est stressant de se dire que la décision qu’on prend aura un impact direct sur notre qualité de vie. Il faut se trouver un travail, mais un travail qu’on aime. C’est long 30 ans dans un domaine qu’on n’aime pas!

Dans le scénario idéal à la Hollywood, tu as une vocation, les notes qu’il faut et tu trouves un travail dans ton domaine immédiatement après avoir fini tes études. #WhoDoesThat? En cas de doute, on a souvent le réflexe de se comparer aux autres. Mais personne ne fait la même chose en sortant de l’université. Tu dois prendre la meilleure décision pour toi.

C’est quoi la première chose à faire en sortant de l’école? Laisser ton chum? Te faire un chum? Retourner à l’école?Acheter une maison? Avoir des enfants? Faire plus d’heures à ta job étudiante? La direction à prendre n’est pas indiquée, il n’y a pas de chemin de tracé. C’est une question à choix de réponse, sans le corrigé.

 

 

Oui, j’ai la chienne de me tromper. Oui, j’ai la chienne de ne pas être heureuse. Oui, j’ai la chienne de décevoir des gens autour de moi. Mais au final, je me dis que c’est comme un diachylon. Il faut l’enlever d’un coup. On ne peut pas savoir ce qui se passera demain, alors je vais essayer de me concentrer sur aujourd’hui. Et aujourd’hui, c’est le début de ma vie d’adulte.

La peur que j’ai au ventre, la boule que j’ai dans la gorge et les doutes que j’ai dans la tête sont comme le sort de pétrification dans Harry Potter: temporaires.

La fin des études, c’est la fin d’un chapitre. Tourne la page et commence à écrire le prochain.

 

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Commentaires

Sarah-Marie Bernard Enseignante au primaire, elle n’a peur de rien. Elle adore essayer de nouveaux sports et déteste le beurre d'arachide.