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Je ne suis plus la même

Il y a quelques semaines, je me suis blessée au pied. J’ai alors dû me déplacer en béquilles pendant 14 jours. Deux petites semaines qui m’ont ouvert les yeux sur une réalité que je ne connaissais pas. J’ai pu entrapercevoir, temporairement, le combat qu’est de vivre avec un handicap.  

Durant les jours où je ne pouvais pas me fier à mon pied, j’ai dû prévoir d’avance tous mes déplacements pour aller à l’université. J’ai modifié ma façon d’accomplir mes tâches quotidiennes pour palier avec mon handicap temporaire. Des trajets de quelques centaines de mètres me laissaient en sueur. Marcher avec des béquilles était très exigeant pour mon corps inaccoutumé à ce genre d’efforts physiques. J’ai dû faire de nombreux détours (que je n’aurais jamais fait sur mes deux jambes) pour prendre les rampes d’accès et les ascenseurs. Je t’avoue que tous ces obstacles, petits ou gros, m’ont fait réaliser à quel point le monde n’est pas tout à fait adapté aux handicaps physiques.

Toutefois, en me promenant sur mon campus avec mes béquilles, j’ai aussi pu voir la bonté des gens. Une gentillesse de la part d’inconnus que je n’avais jamais soupçonnée avant. Nombreux ont été ceux qui m’ont tenu les portes pour me laisser passer. Certains se levaient de leur siège pour m’aider à me déplacer. Une personne m’a même proposé de transporter mon sac à dos jusqu’à mon cours. Ne la connaissant pas, j’ai dû refuser l’offre. Elle aurait très bien pu s’enfuir avec mes effets personnels, non? Et j’étais, malheureusement, loin d’être en état de lui courir après… Paranoïaque, dis-tu? Que je le veuille ou non, je me sentais plus vulnérable qu’à l’habitude, car je n’avais pas accès à tous mes membres. Mes capacités étaient diminuées par un simple pied amoché. Les membres de ma famille m’ont énormément aidée surtout pour les petites tâches. Par exemple, il est impossible de transporter son propre verre d’eau en béquilles. Si ce l’est, je n’ai pas encore trouvé la solution miracle.

Bref, durant ces deux semaines, j’ai pu vivre, ainsi que ma famille, les efforts que l’on doit déployer pour contrer un handicap physique. Je lève mon chapeau à toi et à ton entourage, si tu fais partie de ces gens vivant avec un handicap physique au quotidien.

 

 

Ainsi, ces changements dans ma routine m’ont forcé à réfléchir sur la chance que j’ai d’être en santé. Conditionnée à être en pleine forme depuis toujours, j’avais oublié que sans un corps et un esprit sain, il est très difficile de réaliser tous mes rêves. Inconsciemment, je n’avais jamais réalisé que chaque jour pouvait être un combat lorsque ton corps ou ta tête ne te suit pas dans tous tes caprices. Si tu es comme moi, en bonne santé, n’oublie jamais que ce n’est pas quelque chose d’acquis. On peut facilement minimiser le cadeau qu’est de vivre sainement.

De plus, cette expérience m’a permis d’observer les gens autour de moi. Même si, de nos jours, tu peux avoir l’impression que l’individualisme nous divise de plus en plus, il y a de l’entraide et de la bonté partout où tu vas. Il suffit d’ouvrir les yeux.

 

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Gabrielle Delorme Amoureuse de la vie et lectrice invétérée, Gabrielle est obsédée par Harry Potter. Gaga des animaux, elle aime aussi suivre les tendances.