L’huile de palme, l’ennemi numéro 1 de l’alimentation?

La consommation d’huile de palme a longtemps été décriée par les écologistes à cause de l’impact de la culture des palmiers à huile sur la déforestation. Depuis plusieurs années, elle est également l’ennemi des nutritionnistes et la bête noire de certains neuropsychologues. Après le récent scandale de l’huile ajoutée dans le Nutella, je suis sûre que plusieurs d’entre vous se sont également interrogés à ce sujet.

 

 

L’huile de quoi?

L’huile de palme est une huile végétale issue des fruits des palmiers à huile. Après son extraction, cette huile est traditionnellement utilisée dans les pays où sont cultivés lesdits palmiers sous sa forme brute pour la cuisson. En Amérique du Nord, elle nous parvient surtout sous forme raffinée. Elle a alors perdu ses principales vertus nutritionnelles qui sont positives pour la santé. À cause de sa grande stabilité, sa résistance à la chaleur et son bas coût on la retrouve le plus souvent dans les produits transformés qu’on achète en épicerie et certains aliments en restauration rapide.

 

C’est quoi le problème?

Notre alimentation est composée de différents types de gras qui ont tous une structure moléculaire particulière que notre corps peut reconnaître.  Des études récentes ont démontré que l’huile de palme, contrairement à l’huile d’olive, nuit à la signalisation centrale de la satiété. Après un repas, des macronutriments (lipides, glucides, protéines) et des hormones passent dans la circulation sanguine suite aux processus digestifs. Notre cerveau reconnaît ces macronutriments et active des voies de  signalisation qui nous font arrêter de manger, parce qu’on a comblé nos besoins en énergie.

Or, il semblerait que lorsqu’on mange de l’huile de palme, les signaux de satiété ne sont pas activés par le cerveau, donc même si on a ingéré assez d’énergie, on ne s’arrête pas de manger! On est alors en état de sur-nutrition. Lorsque cet état devient chronique, donc s’il est répété sur une assez longue période de temps, on prend du poids! Notons qu’au Canada, 61,8% des hommes et 46,2% des femmes souffraient d’embonpoint ou d’obésité en 2014.

En plus de ses effets sur le statut pondéral, l’huile de palme raffinée est riche en acides gras saturés.  Ceux-ci sont connus  pour leurs effets négatifs sur la santé cardiovasculaire. Ces effets seraient encore pires si l’huile a été hydrogénée. Il semblerait également y avoir un lien entre la consommation d’huile de palme et l’apparition de symptômes d’anxiété et de dépression.

 

 

Quelles sont les alternatives?

Santé Canada nous encourage à choisir principalement des huiles riches en acides gras insaturés (ex: oméga 3 et oméga 6). Autrement dit, lorsqu’on achète des produits préparés à l’épicerie, on regarde les étiquettes et on choisit plutôt les produits qui contiennent de l’huile de canola. On peut aussi choisir des produits contenant de l’huile végétale, à condition qu’elle soit non hydrogénée.

Pour la cuisson, on choisit des huiles qui résistent bien à la chaleur comme les huiles de canola, l’huile d’arachide (si on n’a pas d’allergies), l’huile de pépins de raisins ou l’huile de tournesol. Les huiles de lin et d’olive ont aussi des propriétés très intéressantes, mais il vaut mieux les garder pour les vinaigrettes ou la cuisson à basse température.

 

 

Pour ce qui est des pâtisseries, on les fait soi-même à la maison! Si la recette indique qu’il faut mettre du shortening végétal (plus connu sous le nom de marque Crisco ou Tenderflake), on le remplace par de la margarine d’huile végétale non hydrogénée ou du beurre.

 

Alors que le végétarisme, le véganisme et le sans gluten sont à la mode, certains d’entre vous se demanderont si l’objectif de cet article n’est pas en réalité de créer un nouveau trend alimentaire. Loin de moi ici l’idée de vous culpabiliser à propos de votre alimentation. Je pense simplement qu’il est important d’être informé à propos ce qu’on mange afin de faire des choix alimentaires éclairés, quels qu’ils soient.

 

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Kapria Josaphat Kinésiologue de formation, Kapria poursuit maintenant ses études au niveau doctoral. Elle est une grande passionnée de tout ce qui touche de près ou de loin à l'activité physique. En d'autres termes, l'exercice, elle en mange!