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Ma famille recomposée, une équipe à part entière

Dans la vie, il y a les familles nucléaires. Un papa rencontre une maman et la cigogne vient leur porter un, deux ou trois enfants (j’ai opté pour la version Walt Disney, 12 ans et moins). Ensuite, il y a les familles comme la mienne. Deux frères, trois sœurs, quatre parents, deux feux chats et moi. C’est ce qu’on appelle toute une recomposition.

16, 22, 22, 24, 31, 32. Non ce ne sont pas les numéros gagnants du prochain Lotto Max, mais bien les âges de toute ma marmaille de frères et sœurs. Si je me fie à mes maths de secondaire 4, notre étendue est très large.  Je vous épargne le système hiérarchique de qui est à qui et je donne un high five à mes amis qui l’ont enfin compris, 13 explications plus tard!

Bien que chacun vive la recomposition familiale à sa façon, dans tous les cas, on fait face à un casse-tête. Surtout au tout début. Mélange des enfants, des maisons et des horaires, chapeau à mes parents (et à tous ceux qui en sont venus à bout)! Cela peut être déroutant, mais avec la bonne attitude, on y trouve beaucoup. Bien entendu, il y a les beaux et les mauvais jours…

 

À toi qui as vu sa famille passer de 3 à 7 membres suite à une nouvelle relation parentale, tu en as vécu des querelles pour avoir le contrôle de la télécommande, des shotgun de douche pour se laver en premier, des soupirs face aux nouvelles règles de ton beau-père (à 22 ans je te remercie de m’avoir obligée aux s’il-vous-plait). Tu as peut-être bien passé ton enfance dans des valises, à te promener de chez papa à chez maman. Tu as certainement mangé ton plat préféré deux semaines d’affilée, car chacun de tes parents voulait te faire plaisir et cuisinait donc le même menu sans le savoir. Tu as une dizaine de partys de Noël chaque année. Oui, c’est tout ça une famille recomposée.

Toutefois, cette reconstitution à la Les tiens, les miens, les nôtres a ses avantages, contrairement à ce que plusieurs peuvent croire. Ta grande famille recollée te permet maintenant de vivre dans deux environnements distincts. De revêtir plusieurs rôles. Du côté paternel, j’ai eu la chance d’être tante à 19 ans étant donné mes sœurs plus âgées. J’ai aussi vécu en tristesse leur départ de la maison vers mes 8 ans. Du côté maternel, j’ai pu passer du changement de couches de mon petit frère à sa première conduite automobile sous mon œil aguerri de grande sœur. Être le bébé et la cadette à la fois. Bien que ça peut paraître beaucoup à concilier pour un petit individu, c’est très formateur en grandissant. D’où mon sens de l’adaptation et de l’ouverture. Merci à toi famille recomposée.

Au fond, c’est complexe tout en étant simple. Une famille, ça se construit. Dès mon plus jeune âge, mes proches ont banni la fameuse étiquette «demi». «Ouin dans le fond, c’est ta demi-sœur?» Non. Je te confirme qu’elle est une personne à part entière. Deux bras, deux jambes, tout le kit.

En vivant avec des gens, en développant un attachement envers eux, des liens se forgent et malgré les chicanes (qui sont présentes chez tous les frères et sœurs), une étiquette formelle de parenté vient détrôner l’alliage sanguin. C’est un passage progressif, mais irréversible, du statut d’inconnu à celui d’être cher.

 

Une famille aux noms de famille multiples, c’est un tas de souvenirs, un tas de tirages de cheveux, mais surtout un tas de rigolades. C’est un struggle quand on veut passer les douanes (Why those children don’t have any of your last name Sir?) et un party quand on fait un simple souper du dimanche. C’est de vouloir se décupler en vieillissant pour être à la fois à Montréal, à Québec et à Joliette auprès de chacun.

Quand la fondation est solide, on réalise qu’on bénéficie de tout un support autour de soi. Une vraie équipe de hockey (oui, avec les copains/copines je vous jure qu’on est assez pour rejoindre une ligue). Oui des fois un joueur de ta propre équipe va te plaquer sans faire exprès, mais la fois suivante, il va te faire une passe et tu vas compter un but.

Alors, à toi qui as le nez en plein dans la reconstruction familiale, qui en est encore aux soupirs de devoir cohabiter avec des étrangers, sois patient. Sois ouvert. Ton équipe se soude peu à peu.

 

 

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Noémie Laplante Amoureuse des mots et fascinée par la psychologie humaine, elle a toujours mille et une idées d’articles. Sa liste d’activités à essayer est aussi longue que la série Grey’s Anatomy!