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Mais où est passée la magie de Noël?

À 5 ans, la magie de Noël, c’est beau, c’est féerique. C’est ce sentiment de bonheur intarissable qui t’habite pendant plusieurs jours. C’est des journées de congé à boire du chocolat chaud. C’est du temps avec ta famille en pyjama à rire et à chanter. Puis, arrive la vingtaine! Ta magie se transforme en corvée. Tu tentes de la retenir, mais elle fond comme de la neige entre tes doigts et te laisse une pile de devoirs au sol : tu dois magasiner, tu dois emballer, tu dois courir… 

 

Quand j’avais 5 ans

Je me souviens encore du temps des Fêtes quand j’étais jeune. Noël était magique, c’était la meilleure journée de l’année et je l’attendais avec impatience. Tout cet engouement commençait le jour où on faisait le sapin. Bon Dieu qu’elle était bonne, ma maman! Elle prenait le temps de tout placer à la bonne place en chantant nos bonnes vieilles chansons. C’était un moment en famille irremplaçable.

Tous les matins de décembre, je mangeais mon chocolat de mon super calendrier de l’Avent pour déjeuner. Une bouchée plus tard, j’avais déjà hâte au lendemain. Puis, tous les soirs, en revenant de l’école, je recomptais mes cadeaux. Intriguée, je m’assoyais devant mon sapin illuminé et je le regardais scintiller comme si c’était la plus belle chose sur terre.

Lorsque la journée se présentait enfin, c’était l’EXTASE! Je courais en rond dans la maison au grand malheur de ma mère qui tentait de m’arranger (pas toujours les meilleurs choix de vêtements d’ailleurs). On finissait par partir dans la famille accompagnée par la neige brillante. Je l’aimais ma famille, elle était donc parfaite! Après une soirée de rêve accompagnée de ceux que j’aimais le plus, je finissais endormi dans les manteaux de la petite chambre du fond, le sourire aux lèvres et le cœur bien rempli.

Rien au monde ne pouvait gâcher mon bonheur!

 

enfant-sapin-noëlweheartit.com / Eladvi

 

20 ans plus tard…

Noël approche et je me demande déjà ce que je vais porter. Un peu découragée de ma garde-robe, je finis par décider que je vais aller m’acheter quelque chose de cute en magasinant mes cadeaux de dernières minutes (lire tous mes cadeaux). Pour y arriver, j’ouvre mon compte de banque et je regarde ce que j’ai mis de côté pour l’occasion… pas grand-chose! Je finis par me convaincre que ma carte de crédit va prendre le coût pour le bien de ma générosité démesurée. Je sors le calendrier — sans chocolat — puis je regarde les possibilités. C’est quand chez toi déjà? Merde, moi aussi c’est ce jour-là! Seigneur que c’est compliqué!

Bon! Je sors le sapin de la boîte… Comment ça se monte cette maudite affaire là? Je finis par le monter, je le branche… rien! Je regrette déjà mes cours de physique qui m’avaient expliqué les circuits. À force de gosser et de sacrer, je finis par le faire allumer. Oh, ça fait du bien! Je regarde mon chum, les yeux brillants comme dans le temps. Je suis juste sur le bord de retrouver ce vieux sentiment enterré, mais je souris, puis je passe à autre chose. Pas le temps de m’asseoir devant quand même!

Le 25 au matin. La journée est même pas commencée que je suis déjà stressée; j’ai pas fini d’emballer mes cadeaux et j’ai même pas pris ma douche. Je cours d’un bord pis de l’autre en espérant qui fasse pas moins 20 degrés dehors. Maudit que je déteste l’hiver.

J’arrive dans ma famille avec une impression de déjà-vu. Ma maman est déjà là, toujours aussi belle. Elle me tend une enveloppe entre deux salutations : «Tiens ton cadeau». Une carte de gaz, cool (#not). On est loin du laser tag que j’avais eu à 8 ans… mais bon, c’est pratique! Merci M’man! Anyways, c’est le seul cadeau que je vais avoir cette année, aussi bien l’apprécier!

Je soupe assise à la table des enfants (je refuse de vieillir), je me laisse emporter dans les souvenirs (les mêmes qu’on raconte chaque année), je ris entre trois-quatre gorgées de vin. Quand le party est sur le point de finir (20h…), je fais ma tournée de becs qui vont sûrement me donner le rhume, puis je monte en auto en direction de la soirée #2.

Je suis même pas arrivée que j’ai déjà hâte de me coucher!

 

magie-scintillepicjumbo.com

Retrouver sa magie

Je me demande souvent c’est quand que j’ai arrêté de considérer Noël comme LE moment de l’année. Je me demande à quel âge on arrête d’apprécier la beauté du sapin, la douceur des biscuits, la présence de sa famille? Est-ce qu’il y a une date d’expiration à cette magie?

Malheureusement, je crois que, sans s’en rendre compte, on trouve des excuses pour ne pas s’arrêter et profiter des petites choses de la vie comme de monter son sapin ou d’emballer les cadeaux. On est débordé, on a trop de choses à penser… En fait, on prend juste pas le temps!

Noël, c’est le moment où on devrait se donner le droit de retrouver notre cœur d’enfant. On devrait s’acheter un calendrier de l’avent même si on trouve que le chocolat goûte le carton, on devrait s’asseoir devant notre sapin pour l’admirer même si ça monte notre facture d’Hydro, on devrait remercier la vie d’avoir un souper de famille. On devrait juste être heureux! Prendre le temps d’apprécier et de rêver, c’est tout ce dont on a besoin pour transformer cette période de l’année en la plus belle qui soit.

La magie, elle nous tombe pas sur la tête, on la crée. Comme à 5 ans quand on croyait au père Noël, on voulait y croire! Plus vieux, on ne fait pas l’effort de croire qu’elle est toujours en nous. Pourtant, elle est bien là, suffit de la laisser sortir, suffit de se laisser le temps de la vivre.

Noël, c’est magique à 5 ans, ça devrait l’être à 25, à 40, à 100 ans…

 

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