Mes 22 années de vie en boîtes

Une photo de mon petit love encadrée, un livre d’une lecture obligatoire en Français de 4 et Constance mon cactus, pis me voilà fermant ma dernière boîte. Me voilà quittant ma chambre d’adolescente dans la maison de mes parents pour commencer ma vie de Madame dans mon appart avec ma coloc. Avant de fermer la porte, j’ai jeté un dernier coup d’oeil dans la pièce vide et j’ai eu le coeur gros.

J’ai vu mes Barbies et mon tamagotchi, les posters de Zac et de Channing, puis les encyclopédies et les dictionnaires. J’ai vu mes gros bobos et mes plus grandes joies, les soirées de filles et ma première fois. J’ai vu les longues nuits blanches à étudier, essayer de déjouer le mythe du doctorat, mais j’ai aussi vu les lendemains de veille et les souvenirs que j’aurais préférés oublier.

Vingt-deux années de vie, entassées dans queq’ dizaines de boites de carton. Petite existence de jeune étudiante, en route vers 4 pièces et 1/2 de renouveau façon Pinterest (en tout cas on essaye!).

C’est un sentiment étrange et difficile à expliquer. C’est comme être mélangée entre l’excitation de construire son propre chez soi et l’appréhension angoissante de manger des Mini Wheats pour un temps indéterminé.

C’est dire adieu à l’enfance; à l’odeur du spagat à Mom en revenant de l’école, les partys piñata avec les sacs à surprise, pis les sorties à l’Aquarium en famille. Les plus nostalgiques seront servis!

Mais il y a du positif à déménager aussi. Faire le ménage de ta chambre quand toi ça te le dis, manger ce que tu veux quand tu veux, faire l’amour sur le comptoir de la cuisine (faut se timer avec le retour de la coloc par contre).

 

 
C’est aussi de prendre de l’autonomie, développer sa débrouillardise et apprendre sur le tas.

C’est un beau moment, le déménagement. Le papa qui soulève le frigo dans l’escalier en colimaçon, avec l’assurance de pouvoir se rendre à destination sans bobo comme quand y’avait 25 ans. La maman qui lave les étagères et te donne des astuces ménage en même temps, avec le motton dans la gorge un peu. Et tous les bons samaritains qui sont là, une guenille ou un pinceau à la main.

Tous ces gens sont comme un gage que, malgré ton saut dans le monde adulte, tu ne seras jamais vraiment seule. Il y aura toujours un papa au bout du fil quand quelque chose va briser, une maman quand le frigo sera vide ou une amie pour partager un verre de vino les soirs de solitude.

Parce que déménager ça fait aussi prendre conscience de tout ce qu’on a, ça fait mieux apprécier les petites choses de la vie.

Je déménage et j’ai le cœur gros, mais je sais que mes 22 années de vie en boîtes se plairont dans mon nouveau chez moi et qu’elles sauront accueillir de nouveaux souvenirs pleins de chaleur et de vie dans les 4 pièces et 1/2 de la rue Chapdelaine.

 

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Andréanne Beaupré Étudiante en psycho à l’humour osé et amoureuse des mots. Sur une île déserte, elle amènerait un livre de Foenkinos, une pizza Xqueso et un beau brun aux yeux doux.