Je n’ai pas de permis de conduire, ouin pis?

Il y a de ces rites de passage dans la vie qu’on attend avec impatience. Sa première journée d’école, le bal de graduation, avoir l’âge légal pour sortir et pour obtenir son permis de conduire. J’ai un aveu à vous faire. J’ai 25 ans et je n’ai toujours pas mon permis. Mais sérieux, est-ce que c’est si grave que ça?

Mais oui, je sais, je sais tout ce que vous allez me dire! Avoir le permis de conduire, c’est avoir l’indépendance et une fois que tu l’as, impossible de t’en passer! Et je ne contredis rien de tout ça, mais mon dieu, je pense que je suis au courant que pouvoir se déplacer par ses propres moyens, c’est être indépendant et se sentir libre. J’ai déjà été cette fameuse têteuse de lifts et c’est déplaisant en maudit.

Je vais vous dire un secret: Habiter en ville, c’est merveilleux! Depuis que je suis à Montréal, j’ai ce sentiment de liberté que vous me vantez avec tant d’ardeur! Je me déplace par mes propres moyens et en plus, je ne chiale pas que je dois chercher une place de parking pendant une heure ou qu’il y a 5 pieds de neige sur ma voiture. Oui, le transport en commun, des fois, c’est pas pratique. Les heures de trajet ne sont pas adaptées à ta vie, les bus ne passent pas tout le temps, le métro est en panne… Mais bon, il y a toujours le taxi, si jamais t’es vraiment mal pris.

Puisque nous sommes au temps des confessions, je vais répondre à la question qui vous brûle les lèvres. Pourquoi je n’ai pas mon permis? Parce que j’ai peur. Le pire, c’est que j’ai eu trois fois mon permis temporaire, j’ai suivi les cours de conduite. Je voulais vraiment mon permis. Mais je n’étais pas honnête envers moi-même. Je ne me sens pas bien derrière un volant. J’ai l’impression d’avoir encore 5 ans et de jouer dans l’auto de ma mère pendant qu’il n’y a pas de clés dedans. J’ai vraiment l’impression d’être un danger public. Je ne me fais pas confiance, je sais pas ce que je fais et j’ai pas de réflexes… Bref, je ne me sens pas en sécurité. Adieu le sentiment de liberté tant convoité.

 

unsplash.com/Averie Woodward

 

Il faut dire aussi que je n’ai pas eu les meilleurs profs. Mes parents ne me faisaient tellement pas confiance que le stress sortait de tous les bords. Résultat, je pleurais chaque fois en rentrant à la maison. Meilleure chance avec un vrai professeur de conduite? Pas vraiment. Il était un peu névrosé, me criait dessus et riait de moi… Un homme vraiment pas pédagogue.

Mais même à ça, je ne me suis pas découragée et je suis allée passer l’examen. Un premier jour de neige. Inutile de vous dire que quand je pratiquais, c’était pas l’hiver. Ça a tellement mal été qu’à la fin, j’ai confondu un stop pour une lumière. Vous voyez le portrait, j’ai pas eu de belles expériences de conduite. Puis, au final, ça ne me tentait plus d’essayer, j’aimais même pas ça conduire.

 

giphy.com

 

Honnêtement, je crois que la conduite, ce n’est pas fait pour tout le monde et que les gens ne devraient pas se forcer s’ils ne sentent pas confortables. Après tout, une voiture, ça peut être une arme sans le vouloir. On a une responsabilité là-dedans. La mienne, c’est éviter de vous tuer en conduisant. J’espère que vous me remerciez dans votre for intérieur.

Et je trouve ça problématique qu’en campagne et surtout en banlieue, qu’il n’y ait pas de transport en commun plus adéquat. Ça nous rend vraiment dépendants à une voiture et ça nous oblige à conduire, même si on déteste ça. En plus, pour des raisons bien connues, posséder une voiture pollue et ça coûte super cher. On devrait avoir le choix de se déplacer comme on veut, peu importe où. Surtout à une époque où les enjeux écologiques et économiques sont plus importants que jamais.

Mais qu’est-ce que je vais faire quand j’aurai des enfants? Mais qu’est-ce que je vais faire si je n’habite plus à Montréal? Ces questions, je me les pose toutes et c’est vrai que c’est embêtant parfois. Chaque chose en son temps. Je n’ai pas prévu habiter en campagne et je n’ai pas encore d’enfants. Anyway, un enfant, ça se transporte dans un bus aussi, non? Mais il y a toujours moyen de s’arranger. Il y a des bus pour se rendre jusqu’en Gaspésie, des trains pour se rendre à Vancouver et des avions pour se rendre à Paris. C’est plus long, c’est certain. Mais l’important, c’est de se rendre à destination sans stress et en sécurité. Non?

Pis dans le pire des cas, je me têterai un lift.

 

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Émilie Bossé Comédienne de formation, auteure à ses heures, Émilie est passionnée de voyage, de théâtre et de cinéma. Tout ça, avec une petite touche d'humour!