Je fais partie de la génération des « multi-intéressés »

Il y avait toujours cette fille au secondaire qui était tellement passionnée par le soccer. Tu sais, celle en concentration sport qui jouait depuis ses tout premiers pas, les crampons toujours scellés aux pieds. Ou encore, il y avait ce garçon qui ne jurait que par la musique. Il connaissait tous les groupes underground. C’était lui qui te montrait la « bonne toune » un mois avant qu’elle commence à rouler à la radio. Puis il y a eu celle qui avait visité une dizaine de pays dès l’âge de 15 ans. Pour celle-là, voyager à travers le monde semblait inné, une destinée quoi! 

Et après, il y avait toi.

Toi qui cherchais pendant des heures quel sujet aborder lors de ton oral sur : « quelle est votre passion? ». Plusieurs choses que tu aimais défilaient dans ta tête, mais tu étais incapable d’en faire ressortir seulement qu’une du lot. Toi, avais-tu vraiment une passion avec un grand P?

Depuis que nous sommes hauts comme trois pommes, la société nous demande indirectement de choisir ou plutôt de « trouver » notre propre passion. Ça commence par UNE concentration à l’école. UN passe-temps dans lequel tes parents investiront temps et argent. UNE branche à l’université. Puis UN métier pour les quarante années à venir.

Ça finit par créer beaucoup de pression de devoir choisir cette fameuse et unique passion. Celle qui serait censée nous motiver jour après jour. Celle que nous serions censés voir dans notre soupe. Certains la trouvent cette perle rare. Moi personnellement, je suis plus du genre à avoir trouvé un collier de perles au complet. Celui avec plein de perles à 10$ plutôt que la grosse garnotte à 1 000$.

 

ImageProxyWe heart it

Cuisine, mode, randonnée, voyage, yoga, rédaction, ma passion se déploie sous une multitude d’intérêts. Je ne suis pas une experte dans chacun de ces domaines. Je ne suis ni Ricardo, ni Yves Saint-Laurent en version féminine. Mais pratiquer ces activités, mes activités, à travers mon quotidien fait de moi une personne d’aussi motivée et définie en tant qu’être humain que n’importe quel autre monopassionné de ce monde.

Plusieurs semblent fous d’une seule et même discipline. C’est beau à voir. C’est même inspirant. Mais détrompons-nous, nous n’avons ni échoué, ni manqué notre voie si notre chemin à nous est parsemé de diversité. Cela ne nous rend inférieurs en aucun cas. Selon Emilie Wapnick, écrivaine et conférencière TED, nous serions des personnes avec des potentiels multiples. Selon moi, nous sommes des multi-intéressés. Une forme plus ouverte de la traditionnelle passion pure et dure recherchée par tous.

Alors à vous, multi-intéressés, sachez que c’est OK de ne pas avoir un domaine bien précis où nous sommes le gagnant, le connaisseur par excellence, le loyal fanatique. C’est même plus que OK. Votre lot de petites passions forme à leur multitude votre identité tout comme les films forgent celle du cinéphile. Je qualifierais donc votre condition, notre condition, de multi-motivante, multi-inspirante.

 

Commentaires

Noémie Laplante Amoureuse des mots et fascinée par la psychologie humaine, elle a toujours mille et une idées d’articles. Sa liste d’activités à essayer est aussi longue que la série Grey’s Anatomy!