Pis toi, l’as-tu trouvé TON livre ?

J’entends souvent des gens dire que lire, c’est plate. Qu’y’a pas d’intérêt à s’asseoir pendant des heures à lire une histoire, que le cinéma, c’est ben plus le fun que la littérature parce qu’on voit l’histoire se dérouler devant nous sur un écran pis que l’action est tellement plus punchée. Chaque fois que j’entends des gens tenir ce genre de propos, j’ai le cœur qui se fendille un peu plus.

 

D’abord, on va mettre une chose au clair : comme n’importe quoi, la littérature, c’est pas plate. T’as le droit de pas aimer ça, lire un livre, mais au même titre qu’au cinéma, que dans les sports ou whatever, c’est pas parce que t’aimes pas ça que c’est plate. Voilà, c’est dit.

Si t’aimes pas lire, c’est peut-être que t’as pas encore trouvé TON livre, celui qui va te mettre des étincelles dans les yeux, celui qui va te faire passer des nuits blanches parce que t’es pas capable de t’arrêter, celui qui va te faire dire : « wow, je pensais pas qu’un livre, ça pouvait me faire vivre tout ça! ». Ça peut avoir l’air niaiseux, mais c’est quand même ça. Ma meilleure amie en est la preuve vivante. J’y reviens.

Pour moi, la lecture, ça a toujours fait partie de ma vie. Ma mère m’a toujours lu des histoires avant le dodo quand j’étais petite et, quand j’ai été assez vieille pour me rappeler par cœur les histoires, c’est moi qui les lui racontais. Je savais pas lire, mais je savais exactement ce qui se passait quand je voyais les pages, pis j’avais les images pour m’aider. Demandez-moi de vous raconter n’importe quelle histoire des Oursons Berenstain, je m’en souviens encore!

 

Quand je suis rentrée au primaire, que j’ai appris à lire et que j’ai commencé à aimer ça comme c’est pas possible, mon père a décidé de m’acheter un nouveau livre chaque fois que j’avais un beau bulletin. C’était comme Noël, mais plein de fois par année.

J’ai du mal à dire quel livre m’a vraiment donné la piqûre, mais je me souviens d’un jour, je devais avoir 10 ans, peut-être. Ma mère avait reçu son catalogue de Québec Loisirs et je l’avais feuilleté ; elle m’avait dit que rien ne l’intéressait vraiment cette fois-là et que si je trouvais quelque chose, je pouvais le commander. J’étais alors tombée sur l’image du roman Le Cahier noir, de Michel Tremblay. À l’époque, j’avais aucune idée qui c’était, mais le résumé m’avait intéressée et ma mère m’avait dit qu’on se trompait jamais vraiment avec cet auteur. Depuis ce temps-là, je suis une fan finie de Tremblay, j’ai presque lu toute son œuvre (et elle n’est pas courte je t’assure), je me lance au théâtre dès qu’une de ses pièces y est jouée et j’ai le coffret de ses œuvres adaptées au cinéma.

Sans m’avoir donné la piqûre en soi, Le Cahier noir a été ma première vraie incursion dans la littérature « d’adulte ».

Aujourd’hui, je lis en moyenne un roman par semaine et il n’y a (presque) pas de moment que je préfère plus que ceux passés tranquilles, un livre à la main, une tasse de thé dans l’autre et un chat à mes pieds.

 

Quand j’ai rencontré ma meilleure amie en secondaire 1, elle ne lisait pas. Quelques BD ou des Passepeur, parfois, sans plus. Les romans, ça l’intéressait pu ; elle me voyait dévorer les miens chaque fois que j’en avais l’occasion, et c’est comme si elle comprenait pas le plaisir que j’y prenais, même si, plus jeune, sa mère l’avait initié à la lecture, tout comme la mienne l’avait fait avec moi. Le goût de la lecture, elle l’avait perdu au début de l’adolescence, parce qu’à force de se répéter que lire, c’était pas cool, elle y avait cru pour vrai. Mais ça l’a fait réfléchir, pis ça lui a donné le goût d’essayer de lire autre chose que les romans poches obligatoires dans les cours de français (moi je les trouvais pas poches, les romans des cours de français, mais je suis habituée à être l’exception qui confirme la règle). Fait qu’un moment donné, après avoir tripé sur les films Harry Potter, elle s’est dit que ça valait la peine d’essayer de les lire, pis ç’a été ça! Le déclic s’est fait à ce moment-là ; elle a réalisé que lire, ça pouvait être le fun! De fil en aiguille, elle a fini par obtenir son bac en enseignement du français au secondaire l’année dernière. Pis maintenant, on se conseille mutuellement des romans, true story.

Quand je l’ai su, j’ai ressenti une certaine fierté. J’étais vraiment contente d’avoir contribué à la réconciliation de ma meilleure amie avec la littérature. Je trouve ça important.

On va mettre une deuxième chose au clair ici : quand je parle de littérature, je parle pas juste des grands classiques, genre Balzac, Flaubert ou Dostoïevski. Je parle d’absolument n’importe quoi qui se retrouve sur papier, et encore, avec les Kindle, maintenant… Non, pour moi, que tu lises Notre-Dame de Paris, Twilight ou Paul à Québec, je m’en fous. L’important, c’est de lire et tant qu’un livre plaît à un certain public et incite des gens à lire, son existence et sa légitimité sont justifiées.

 

Lire, c’est important. Je sais, je me répète, mais c’est VRAIMENT important. Parce que ça te fait voyager. Ça te fait vivre des émotions. Ça t’apprend des choses. Lire, ça permet d’évoluer. T’es jamais tout seul quand tu lis parce qu’un univers complet s’offre à toi, juste dans le creux de tes mains.

À l’inverse du cinéma, c’est ton imagination qui travaille, pas celle d’un réalisateur qui t’offre sa propre vision d’une histoire. Tu peux te l’approprier, cette histoire. Comme dans L’Histoire sans fin, tu peux en faire partie, de cette histoire (en quelque sorte)!

 

Pis toi, l’as-tu trouvé TON livre? Partage-nous ça!

 

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Alexandra Nadeau-Gagnon Auteure, rédactrice et réviseure. Alexandra aime lire, aller au ciné, boire du thé et flatter ses chats.