0

Premier emploi : craintes vs réalité

On est rendu là. Tu sais, ce passage de la vie universitaire aux horaires lousses à celui bien cordé du marché du travail. Le premier emploi… Cette étape qui semble se faire sous une trame sonore de film de suspense. Va-t-elle réussir ou échouer? Descendre au sous-sol quand on sait très bien que le méchant s’y trouve ou prendre ses clés de char et partir loin?

Bref, on a souvent pas ben ben le choix : il faut se lancer. Se trouver une job pour finalement affronter la bipolaire première journée. Bipolaire? Oui. Remplie d’espoir, mais de peurs. De hâte, mais de découragements. La fois où notre cerveau nous dit de nous coucher tôt pour être en forme, mais qu’il fait exprès de nous tenir éveillés pour imaginer tous les scénarios possibles. Tu pourrais pas nous donner un coup de main à la place, s’il te plaît?

 

 

Ton arrivée

Ce matin-là, tu te réveilles sans cadran. En fait, tu t’es réveillé près de 5 fois pendant les 2 dernières heures, de peur que ton alarme ait décidé de se désactiver comme par magie. Tu te coiffes, te maquilles, fais ton petit lunch et pars… avec beaucoup trop d’avance.

La réalité, c’est que tu vas arriver 30 minutes trop tôt au bureau, alors tu vas niaiser sur ton cell dans le stationnement, question de ne pas avoir l’air trop intense sur l’piton. Je t’annonce que c’est aussi la seule fois où tu seras debout sans 4 snoozes et 3 soupirs. Profite de ce petit moment d’énergie, gracieuseté du stress du premier jour!

 

Ta tenue

Décision cruciale. Tu dois faire une bonne première impression. La fille qui a du style, mais qui est professionnelle. Tu oublies les jeans et optes pour de beaux souliers « propres ». Tu te la joues classique pour ne pas prendre de chance.

La réalité (ou plutôt ma réalité), c’est que tu arrives au bureau et tu vois des jeans troués au loin, des converses se promener un peu partout et des gilets de laine sur le dossier des chaises. Ton for intérieur jubile! Ici, c’est confort. C’est donc après peu de temps que ton beau blazer prend le bord et que la toque prend le dessus. N’essaie pas, on le sait que tu aimes mieux dormir 15 minutes de plus que de s’aplatir les cheveux à 6h45.

 

Tes collègues

Pourquoi ne peut-on pas avoir la liste de nos collègues comme MIO nous le permettait au CÉGEP? On aimerait tous aller les stalker un peu sur Facebook avant. Des filles? Des gars? Qui est-ce que je remplace? Le favori du groupe? Tant de questions… pour absolument rien.

La réalité, c’est que tu te fais saluer bien poliment par tout le monde le premier jour et puis, le tout s’enchaîne. Parle parle, jase jase. Certains te manifestent du support en tant que nouveau, d’autres un sourire chaleureux. Tu tisses des liens avec celle-ci, des conversations cordiales avec celle-là. Tu n’es pas dans la compétition de Paris Hilton’s My New BFF. Tu es au travail. Règle générale, les gens y sont assez civilisés et agréables!

 

Ta première heure de dîner

Tu anticipes. Vais-je manger sur un bol de toilette, le plateau de la cafétéria sur les genoux comme dans les films? Vais-je être assise toute seule au bout d’une lonnnnngue table qui n’en finit plus de montrer à tous que je suis la petite nouvelle? Rassure-toi, tu n’es pas dans Mean Girls!

La réalité, c’est que certains retournent manger, font des commissions et d’autres jasent. C’est le fun les discussions du midi. C’est le fun de parler de tout et de rien, de nos plans et surtout, de sujets communs. Parce que quand tu travailles dans un domaine que tu aimes, tu as souvent des intérêts communs avec tes collègues. Le plein air, la cuisine, la mode, tu vas voir! Ça peut aussi seulement être le gros suivi d’un téléroman québécois ben excitant. Ça fait du bien dans le milieu de ta journée.

 

Tes tâches

Ah oui, il ne faudrait pas les oublier! Si on enlève tout ce qui l’entoure, le fondement d’une job demeure des compétences, des objectifs, des tâches à accomplir. Souvent, on s’imagine le portrait tout noir ou tout blanc. On a peur de se faire demander de servir le café… ou de faire un diagramme croisé dynamique sur Excel. « Et si j’avais un gros point d’interrogation dans le front toute la journée? » « Peut-on congédier quelqu’un après une seule journée? » Palpitations cardiaques. T’en viens quasiment à te demander s’il faut que tu révises tes notes de cours?

La réalité, c’est que ton employeur le sait que tu commences. Tes collègues, ils ont déjà été à ta place. J’ai une chose à te conseiller après être passée par là : relaxe. On va te montrer, on va t’enligner, et si on le fait pas : pose des questions! Fais-toi confiance et laisse-toi une chance d’apprendre. Tu as fait ça pendant plus de 15 ans de ta vie, c’est pas maintenant que ton cerveau va te lâcher, t’inquiète.

 

Ton salaire

La réalité, c’est qu’on commence avec ce qu’on nous donne! Simple comme ça. Notre expérience s’empile petit à petit.

Un merci à mes collègues. Parce que je suis tombée sur une ben bonne batch! Je n’ai pas la vérité absolue, chaque job est différente, mais je t’assure que ta première journée ne sera pas si pire que tes 1 000 scénarios de la veille. Promis.

 

Commentaires

Noémie Laplante Amoureuse des mots et fascinée par la psychologie humaine, elle a toujours mille et une idées d’articles. Sa liste d’activités à essayer est aussi longue que la série Grey’s Anatomy!