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Mon premier Noël seule après sept ans

Je dois te l’avouer: j’ai peur. Dans un précédent article où je te révélais toutes mes peurs et comment je les affrontais comme un lion, j’ai oublié de te dire que je continue d’avoir des peurs. Dont celle de fêter Noël sans lui…

À notre premier Noël, on était maladroit et on ne savait pas encore comment se faire plaisir l’un l’autre. Alors, j’ai sorti mes faux-talents de peintre et je t’ai fait de l’art. Pour me faire plaisir, tu l’as accroché dans ta chambre, drette au-dessus de ton lit. Toi, tu y as été dans l’utilitaire et tu m’as offert ma première paire d’espadrilles de randonnée. Celles avec lesquelles j’allais parcourir le monde et traverser quatre continents.

C’est avec des yeux tout humides que tu as reçu ton présent. Et tu as osé. Tu l’as dit. C’était le plus beau cadeau qu’on t’ait jamais offert. Normal. Ça venait du cœur.

Je ne me souviens pas de tous les Noël, à l’exception d’un. Je voulais t’offrir un petit iPod Nano que j’avais emballé et j’avais posé le genou à terre pour te l’offrir. Ton expression faciale valait de l’or en barre. Le soulagement qui a parcouru ton visage après avoir déballé ton cadeau fut d’un comique…

Mais en même temps. J’aurais peut-être dû voir ça comme un signe.

Puis, cinq ans ont passé. Noël dans ta famille. Noël dans ma famille. Des jeux. Des repas. De la neige. Pas de neige. Surtout, du plaisir. Quelques fois, des chicanes.

À notre sixième Noël, tu revenais au Québec après trois mois d’absence. Ce Noël fut particulièrement intense.

Au septième, nous avons été originaux. On l’a fêté au Japon, dans un aéroport, à attendre que nos bagages perdus nous soient retrouvés.

Sept ans. C’est long. C’est si long qu’on ne peut les oublier.

 

Dans quelques semaines, je fêterai mon premier Noël sans toi depuis sept longues années.

J’aurais voulu préparer des réponses aux questions qui risquent de survenir. J’aurais aimé être capable de dire que le célibat n’est pas si pire que ça et que «l’autre», je l’ai déjà oublié. Mais ce serait mentir. Ce serait aussi renier une partie de ce qui a été ma propre vie avec ces beaux et ces moins beaux moments, de ce qui a fait de moi la personne que je suis. Je refuse de faire une croix sur ces morceaux de ma vie.

Parce qu’autour de la table où trônait la dinde géante, il n’y avait pas que toi. Il y avait aussi les gens que j’aime, les gens qui sont encore là, les gens qui tiennent à moi.

Et ce, pour le meilleur et pour le pire.

 

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Audrey X Passionnée de voyages et de nouvelles expériences, Audrey est toujours partante pour l'aventure. L'humain est au centre de ses préoccupations.