Renouer avec le doute

Il y a quelques années, j’aurais pu te dire que le doute était bel et bien parti. Ou du moins, tellement bien tapi dans l’ombre quand j’en avais oublié son existence. Pas par rapport à ma vie de couple, ni à ma vie de famille. Non, le doute de ce que j’allais devenir, moi.

 

Dernièrement, peut-être l’as-tu lu, j’ai écrit un billet sur ma vie de maman rédactrice-pigiste à la maison. Tu as aussi dû comprendre à quel point ce mode de vie me comble. Cependant, cet amour de l’écriture dont je peux vivre m’amène à une nouvelle étape: que faire avec mes études?

J’ai dû prendre une pause de cinq ans d’université. Pas par choix. Plutôt parce que j’avais coulé un cours de trop; j’ai été mise à la porte de mon programme… Mais tsé, c’est arrivé au moment où j’avais enfin trouvé ma voie. Je savais que ce que je voulais devenir, c’était enseignante de français au secondaire. Oui, j’aurais pu aller dans une autre université, mais l’UQAM me correspondait tellement que je n’avais pas envie d’aller ailleurs.

Cinq années ont passé.

C’est en septembre, cette année, que je pourrai commencer à terminer mon bac. Ou devrais-je dire, que j’aurais pu. J’aurais pu parce que finalement, après cette attente interminable, j’ai été refusée. REFUSÉE.

L’échec, ça fait mal. Ça fait d’autant plus mal que depuis les dernières années, je croyais avoir mis toutes les chances de mon côté pour être admise. J’ai fait des cours du programme à la TÉLUQ; cours pour lesquels j’ai obtenu une moyenne de 90%. Je ne dis pas ça pour me vanter, mais bien pour établir le portrait de la situation. J’ai fait de la suppléance au secondaire à beaucoup, beaucoup de reprises, en plus d’avoir été étudiante libre à temps plein pendant un an à l’UQAM durant ma grossesse.

Malgré tout ça, on m’a dit que ma candidature n’était pas assez forte. Malgré mon expérience. Malgré que j’aie terminé deux années sur quatre de mon bac, on m’a chaudement recommandé de m’inscrire comme étudiante libre, encore…

 

Mais là, je fais quoi? Et si j’en venais à pouvoir vivre de l’écriture, est-ce que je laisse tomber l’idée de compléter mes études? L’idée me fait mal, comme un fer rouge qui brûlerait lentement ma peau. J’ai peur d’abandonner. Peur de me lancer dans le vide. On dirait que ce n’est pas envisageable. Mais, vais-je quitter l’emploi de rêve pour devenir enseignante? Au fond, où se situe mon rêve en ce moment?

Je n’aurais jamais cru qu’à bientôt 28 ans, le doute sortirait de son terrier. Mon chemin était tout tracé; j’aurais déjà dû enseigner depuis quelques années, alors que là, le doute me taraude. Je ne suis pas habituée à sa présence qui se fait autant sentir; habituellement, j’ai confiance. Je fais confiance à la vie, tsé. Mais là, on dirait qu’elle ne me donne pas d’indice. Je devrais déjà être une adulte affranchie, qui a trouvé l’emploi de sa vie. Pas cette femme qui croise les doigts à la recherche de contrats de rédaction pour s’assurer de joindre les deux bouts toute l’année…

Foutu doute.

 

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