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Rester avec lui trop longtemps, revenir vers lui trop souvent

Ton entourage devenait de plus en plus incrédule au fait que tu restais et, surtout, que tu revenais vers cette relation dans laquelle les tempêtes devenaient trop fréquentes et où les périodes d’accalmies trop rares pour pouvoir avancer ensemble. Tu ne leur en veux évidemment pas, car il y a des choses qu’on ne peut saisir complètement sans les avoir vécues.

Quant à toi, il arrive que tu t’en veuilles beaucoup. Tu t’en veux d’être restée si longtemps, d’être revenue si souvent. Le sentiment d’avoir littéralement gaspillé des années importantes de ta vie et surtout celles de celui que tu as aimé au passage.

 

 

Tu es restée parce que…

Je t’en prie. Sois indulgente envers toi-même. Je peux comprendre pourquoi tu es restée, pourquoi tu es revenue.

1- Vos débuts ont été si beaux, si intenses, si magiques. Tu avais la certitude d’avoir trouvé l’homme de ta vie, le père de tes enfants, celui qui donnait soudainement un sens à tes échecs amoureux passés. C’est si loin maintenant, mais en même temps si proche. Parce qu’il y a une partie de toi, plus inconsciente que consciente, qui y croyait profondément à la renaissance de ces moments.

2- La persévérance et la détermination font partie de tes qualités et parce que tu as appris que l’amour pour perdurer a besoin de compromis, d’ajustements et d’efforts. On dit que : « trop ce n’est comme pas assez». Tu ne savais plus comment reconnaître le «pas assez», pas plus que tu savais reconnaître le «trop».

3- Ça te fait si mal d’échouer et d’être simultanément le témoin, dans ton entourage, de relations amoureuses qui traversent les années, de petites familles qui se construisent.

4- Il semble que tu ne pourrais pas supporter un autre échec, alors tu restes dans le confort du connu, dans ton confort inconfortable. Toi qui n’aimes pas l’échec, tu as complètement oublié que tu n’en es pas l’unique responsable.

5- La petite voix qui te disait de partir, tu l’as étouffée à coup de « ce n’est pas si grave », « ça pourrait être pire », « t’es trop exigeante ».

6- Votre relation a fait ressortir le pire de toi ainsi que tes failles les plus profondes. Tu as l’impression que ses failles sont devenues des plaies béantes, dont personne ne voudra.

7- Il y a encore une partie de toi qui croit que personne ne pourra t’aimer autant que lui, que tu ne pourras pas aimer autant une autre personne que lui. Tu penses qu’il est le seul, l’unique. Tu as désappris qu’on pouvait aimer plusieurs fois dans une vie.

8- Tu t’es tellement investi. Tu es comme un accro du jeu au casino, tu ne veux pas te retirer sans obtenir un retour sur ton investissement. Alors, tu investis encore et encore en souhaitant que ça finisse enfin par rapporter. Tu ne vois pas que si tu continues, tu finirais sans un sou, sans rien.

9- Malgré tout, il te fait encore vibrer comme au premier jour. Parce que l’intensité que votre relation se promène dans les deux pôles : négatif, mais aussi positif. Cette intensité, elle est comme une drogue, dont tu ne sais te défaire.

10- Contrairement au toxicomane qui pourra toujours retrouver sa drogue, contrairement à l’alcoolisme qui pourra toujours retrouver son verre, contrairement à l’accro aux jeux qui pourra toujours retrouver sa machine à sous, tu sais que l’objet de ton addiction, il se peut fort bien qu’il ne soit plus disponible si ton sevrage devient trop pénible.

Pour toutes ces raisons, tu es restée. Pour toutes ces raisons, tu es revenue.

Mais, un jour, tu as touché le fond. Le fond, il est différent pour chacune. Est-ce une manifestation de violence inacceptable? Un mensonge de trop? Une jalousie devenue intolérable? Le mien fut de constater, un jour, à quel point le reflet de moi-même était noir dans ses yeux et, surtout, de réaliser que je m’identifiais à ce reflet, que je m’y perdais tranquillement. Le fond est différent pour chacune, mais en même temps, il a aussi un caractère commun : C’est lorsqu’on le touche qu’on peut se propulser à la surface.

 

Souviens-toi que…

Maintenant que tu as touché le fond, dans les moments difficiles, souviens-toi que…

1- Malgré tes défauts, tes faiblesses, tes failles, tu as le droit à une relation de couple qui te propulse vers leur haut, et non le contraire.

2- La vie, ainsi que les relations familiales, amicales et professionnelles, offre déjà son lot d’épreuves et que ton couple est censé être, la majeure partie du temps, ton havre de paix face à celles-ci, pas le contraire.

3- Tous les moments où tu pleurais à l’insu des autres, à quel point il était devenu difficile, pour continuer, d’enfiler le masque de celle qui va bien, alors que tu t’écroulais à l’intérieur.

4- Toutes vos altercations, tes pleurs, ses cris ou vice-versa et, surtout de souviens-toi de leur tendance manifeste à s’accroître avec le temps, plutôt que l’inverse.

5- La vie est persévérante dans les apprentissages qu’elle souhaite te faire réaliser, que tu ne veux pas avoir davantage mal pour comprendre, que tu ne veux pas perdre tout ce qu’il te reste t’estime et de confiance pour comprendre.

6- Tu as des rêves, dont celui de vivre une relation de couple épanouissante et, peut-être, celui de fonder ta propre famille et que, malgré les apparences, tu t’en éloignais plutôt que de t’en approcher.

7- Il faut parfois faire demi-tour pour emprunter la bonne voie, une voie moins cahoteuse, sinueuse, risquée. Une voie qui te permettra d’arriver à destination.

8- Pour réussir, il faut accepter d’échouer, souvent plusieurs fois. Qu’alors que d’autres se résignent à demeurer dans des relations insatisfaisantes, tu as eu le courage d’en sortir. Tu as eu le courage de braver l’inconnu pour te donner la chance de réussir.

9- Cette citation d’Albert Einstein : « La définition de la folie, c’est de refaire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

10- À la lumière de cette citation, vous avez essayé, essayé encore essayé, mais l’amour, contrairement à ce qu’on veut croire, n’a pas le pouvoir de changer les gens (du moins pas fondamentalement) et qu’il était plus que temps d’abdiquer.

11- Souviens-toi surtout que TOUT finit par passer. À la lumière de tes épreuves passées et avec tes yeux d’adultes, prends la main de la petite fille en toi, dis-lui que le temps finit toujours par guérir les blessures, y compris les peines d’amour qu’on s’impose.

 

À toi, maintenant, celui que j’ai aimé, celui que j’ai quitté

Je te demande pardon pour être restée. Je te demande pardon d’être revenue. Toutefois, je ne te demande pas pardon d’être partie.

Je sais qu’un jour, je pourrai être le témoin caché de ta vie amoureuse qui réussit. Je sais qu’à ce moment, j’aurai terriblement mal, mal à mon égo. De ne pas avoir été celle qui a réussi avec toi. De ne pas avoir été celle qui t’acceptait comme tu es. De ne pas avoir été celle en mesure de t’offrir la vie simple et heureuse à laquelle tu aspirais tant. Je le sais que ce moment arrivera tôt ou tard, car tu as plein de beau en toi, tu as plein de bon à donner. Parce que toi et moi, on était simplement deux ingrédients inoffensifs qui ensemble formaient malheureusement un tout toxique.

À ce moment-là, je te conjure d’une chose : lorsque tu regarderas en arrière et tu auras une pensée pour moi, essaie de le faire avec gratitude plutôt qu’avec ressentiment. Souviens-toi que oui, je suis partie, mais ce départ t’a ouvert les portes pour accéder à du meilleur. Sache que j’ai dû m’arracher le cœur plusieurs fois par jour pendant longtemps pour ne pas revenir vers toi et c’est incontestablement ce que j’ai accompli de plus difficile dans ma vie à ce jour. Souviens-toi que je t’ai aimé si fort, si profondément, si intensément. Je t’ai aussi assez aimé pour ne pas revenir vers toi, bien que mon envie de le faire me brûlait par l’intérieur. Je t’ai assez aimé pour te laisser enfin partir, ailleurs où tu pourras certes être plus heureux qu’avec moi. Je t’aimais assez pour cela. Je m’aimais assez pour cela.

On dit qu’on n’oublie jamais ceux qu’on a aimés. Je choisis de ne pas oublier tous ses beaux moments que tu m’as donnés, tout ce que tu m’as permis de connaître et d’améliorer en moi. Merci à toi, à toi qui sera dorénavant toujours une partie de moi, une belle partie de moi.

 

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