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Vivre sans attentes

« Je me fais zéro attente. » Me semble que je me la suis souvent dite cette phrase. Et pas juste à moi, aux autres aussi. Me semble également qu’à chaque fois, y’avait une toute petite partie de moi qui me criait avec un énorme porte-voix qu’elle me croyait pas, sorry. Pis elle avait clairement raison.

Parce que les attentes, désolée de vous apprendre ça, mais elles surgissent tout le temps à un moment ou à un autre. À différents degrés dans différentes sphères de nos vies, mais qui sont quand même bien présentes. Même si parfois chez certains humains, le microscope est de mise pour déceler ces petites et grandes choses qui créent une trop grande quantité de déceptions et de souffrances.

 

 

Parce que des attentes, t’auras beau les caller dans le fond du lac le plus profond et faire semblant qu’elles existent pas, elles finiront toujours par resurgir à la surface pour te montrer que tu réussiras jamais à les noyer, les éternelles. Je sais, j’ai déjà essayé. J’ai souvent réussis à me faire croire à moi-même que je me faisais pas ça moi, des attentes. Franchement. Après bon nombre de discussions décousues par l’alcool sur le coin d’un trottoir, j’ai souvenir flou qu’on m’avait déjà dit que ça se pouvait, que c’était réalisable, que c’était pas juste un mythe. Que dans la vie, la seule façon de jamais vivre de petites ou grandes déceptions était de rayer pour de bon ce phénomène qui nous poussait à attendre en retour quelque chose de quelqu’un ou d’une situation.

Mais non.

Du moins, pas pour moi. Parce que la seule manière d’arriver à me faire zéro attente envers quelque chose, était finalement de lui accorder un niveau d’importance quasi nulle. Pour ne pas dire «m’en balancer royalement». Et que j’en étais incapable. Que peu importe le domaine: amour, amitié, profession, passions, que je m’investissais toujours à différents niveaux et qu’évidemment, je m’attendais à des résultats, des développements.

Que je m’attendais à ce que le gars que je voyais dans ma soupe dernièrement réponde de façon brillante au texto que je lui avais envoyé la veille (ok, il y a quelques minutes), quand j’avais vu une pancarte qui m’avait fait penser à lui rue St-Denis. Que j’avais hâte de voir si mon dernier texte publié aurait plus de likes que la dernière fois. Que le temps que j’avais mis à peaufiner une candidature pour un nouveau projet serait récompensé en étant retenue, évidemment.

 

Mais que finalement, c’était ben correct d’avoir des attentes. Et que j’en aurais toujours. Qu’il fallait que j’accepte que je ne contrôlais rien face aux résultats que je voulais voir arriver, se produire, se réaliser. Que le seul pouvoir que j’avais, c’était dans les actions que je posais pour atteindre les objectifs que je m’étais fixés. Et que le résultat ne pouvait jamais m’appartenir totalement parce qu’on ne pouvait contrôler ce que les autres pensaient, envisageaient, posaient comme actions. Le fameux «lâcher-prise» qu’on appelle. Celui qui vient balancer le niveau de déception que tu as face à une situation où tu t’étais créé beaucoup d’attentes.

Parce qu’au moment où tu prends conscience que tu ne contrôles pas tout, c’est là que les déceptions sont moins grandes, qu’elles viennent moins te grafigner le dedans.

Et que tu vis plus légèrement finalement.

 

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Mélissa Lavoie Maman, enseignante et pitcheuse de doux. Mélissa aime parler du quotidien, du banal et de l’extraordinaire dans les «p’tites choses» qu’on oublie.