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Ce qui se cache derrière le deuil

Par Éliza Lafond – le dans Bien-être, Santé

Il y a un an, lorsque je perdais ma mère du cancer, on ne m’avait pas prévenue des vrais dessous du deuil; de ce qu’on ne voit pas, mais de ce qui se passe en dedans…

On ne m’avait pas prévenue que j’allais en passer des soirées dans mon lit à 19h à attendre que la journée soit terminée parce que la douleur est trop forte à gérer. J’ai souvent voulu que demain arrive plus vite, parce que j’avais espoir d’avoir moins mal en me levant devant une nouvelle journée.

On ne m’avait pas dit que j’allais me retrouver en boule dans la douche à laisser couler mes larmes jusqu’à ce que l’eau devienne glacée. J’avais l’espoir qu’elle puisse geler mes émotions du même coup pour que je puisse réussir à retrouver un peu de douceur dans le monde cruel du deuil.

On ne m’avait pas prévenue que j’allais me réveiller presque tous les matins avec le mal de cœur. Le mal de cœur qui fait mal dans la poitrine et c’est sans parler de celui qui me menait en courant à la salle de bain. On ne m’avait jamais dit que des matins assis au sol près de la toilette à me tenir les cheveux en même temps qu’à essayer de tenir dans ce nouveau monde dont elle ne fait plus partie j’allais en passer.

On ne m’avait jamais dit que j’allais stresser d’aller à la malle parce qu’il y a son nom sur toutes les foutues lettres que je reçois pis chaque fois ça me rappelle que j’ai pu ma maman. Ça me rappelle que je ne l’aurai plus jamais. Aller à la boite aux lettres, ça fait mal pour les cœurs en deuil.

On ne m’avait jamais dit que j’allais avoir la rage au bout des doigts chaque fois que je recevrais un appel. Le nombre de fois où j’ai dû expliquer qu’elle n’était pas là pis qu’on me demandait l’heure de son retour. J’aurais aimé qu’il y en ait un. J’aurais aimé pouvoir répondre qu’elle revient en soirée, qu’elle sera là demain pis aussi dans une semaine… Mais c’est pas le cas.

source: weheartit.comsource: weheartit.comMa douleur, ma frustration, mon dégoût de la vie (appelez ça comme vous voulez) leur répondaient: « Elle est morte.» Je déteste dire ça. Le mot «morte» me donne des frissons, me fait mal, mais je l’employais parce que vu qu’il est laid, je retrouvais une certaine satisfaction à leur apprendre le décès. Je voulais qu’ils se sentent mal de m’avoir demandé : «Quand reviendra-t-elle?» Je voulais que la personne derrière le téléphone souffre comme je souffre chaque fois qu’on insiste pour parler à ma mère pour un foutu sondage téléphonique.

On ne m’avait pas dit que le moindre petit stress allait s’accaparer de chaque espace dans ma tête. On ne m’avait pas dit que j’allais me retrouver en sanglot chez le médecin à lui supplier de m’enlever la douleur.

On ne m’avait jamais dit que j’allais me retrouver en pleine nuit à faire des biscuits alors que je n’avais aucune envie de cuisiner et encore moins d’en manger…

On ne m’avait juste jamais dit que perdre sa mère c’est si difficile, que perdre sa mère c’est aussi perdre une partie de soi et surtout que perdre sa mère c’est une bataille en soi pour le reste de notre vie.

source Éliza Lafond
source Éliza Lafond

Mais ma mère m’avait prévenue que tout allait être ok. Elle m’a dit avant de fermer ses deux yeux pour la dernière fois que j’allais être capable de retrouver le bonheur dans ma vie parce qu’elle serait là pour me guider.

Pis on le sait tous, les mamans ont toujours raison. Ma maman a toujours eu raison.

Le bonheur est revenu dans ma vie.

Maintenant, quand je pense à elle; je souris.

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