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Deux semaines en une pour toi

Par Joanie Hébert – le dans Bien-être, Psycho
Cette semaine, du 31 janvier au 6 février, c'est la Semaine de prévention du suicide et en même temps, celle de la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires. 

Deux semaines en une pour toi

Je ne sais pas si c’est un hasard ou s’ils ont tout simplement combiné ces deux semaines intentionnellement puisqu’elles peuvent difficilement être dissociées. La personne qui souffre de trouble alimentaire traversera inévitablement une période d’idées noires. Un jour où le trouble de santé mentale, le trouble alimentaire, sera devenu trop lourd pour cette personne, elle se réfugiera dans ses pensées et évidemment la pensée de ne plus être ici lui traversera l’esprit.

Cette personne, c’est votre amie, c’est votre chum, c’est votre fille, c’est votre mère. Personnellement, j’avais envie de dédier ces deux semaines à « ma belle amie ». À celle pour qui j’ai écrit le texte qui porte ce même nom. À celle qui se trouve si laide, mais que je trouve si belle. À celle qui déteste ce qu’elle devient, mais que j’adore voir grandir. À celle qui se dénigre constamment, mais que je complimenterais tout le temps.

Cette amie, je l’ai connue heureuse. Le genre d’amie qui rit toujours, dont les gens aiment s’entourer. Pour elle, même quand ça allait mal, ça allait bien. Jamais je n’aurais cru qu’un jour, j’aurais à appeler S.O.S Suicide Jeunesse pour elle.

S.O.S. Suicide Jeunesse, c’est une ligne d’intervention active sans frais qui vient en aide aux personnes suicidaires ou à leurs proches. Il y a trois hivers, un soir où on était invitées à un souper, mon amie est débarquée de mon véhicule et a pris la fuite, en plein milieu de la route. Tout simplement, elle s’est mise à pleurer et m’a dit qu’elle n’allait pas bien; elle avait une migraine. Ce soir-là, elle souffrait de l’intérieur et de l’extérieur. Psychologiquement, car elle se battait contre sa tête pour ne pas manger. Physiquement, car une migraine lui tapait sur la tête pour lui rappeler qu’elle jeûnait depuis trop longtemps déjà. Elle avait besoin d’air, qu’elle répétait… Elle avait besoin d’aide, que je comprenais.

J’ai appelé S.O.S. Suicide qui m’a donné des solutions et j’ai demandé à une amie commune, appelons-la « la sauveuse », qui elle aussi avait déjà traversé une période très sombre, de lui venir en aide. Elle s’est déplacée en vitesse chez ma belle amie. D’abord, pour s’assurer qu’elle y était encore et qu’elle n’avait pas commis l’irréparable.

Lorsque la sauveuse est arrivée, quel soulagement a-t ’elle du ressentir de voir que notre belle amie était assise à l’extérieur, bien vivante mais mortifiée. Ses mains serrait sa tête, elle tremblait. Son cœur lui faisait mal. Son corps se détestait de résister; son corps qui criait famine, mais qu’elle ne voulait que voir fondre, voir disparaître. Sa tête lui criait de partir, elle l’entendait lui dire « allez, c’est si facile ». C’est vrai, c’était la solution la plus simple. En finir avec la vie plutôt que de commencer une thérapie et de la raconter. Raconter une vie qu’elle-même, n’arrive pas à s’expliquer. Après toutes années, elle avait accumulé suffisamment de pilules de tous les spécialistes qu’elle voyait pour se faire un cocktail de la mort. Ou un cocktail de bienvenue pour la mort.

Ce soir-là, avec de l’aide, j’ai appelé la bonne personne car je n’étais pas la bonne. Du moins, pas cette fois-ci. J’ai appelé la sauveuse qui est restée le temps de calmer la tempête. Le temps de prendre la tête de ma belle amie entre ses mains à elle, en signe de compréhension. Car elle comprenait. Et c’est tout ce dont mon amie avait besoin ce soir-là. Que quelqu’un la comprenne.

Aujourd’hui, ma belle amie n’a plus une pilule de trop chez elle. On lui permet le strict minimum, pour le mois en cours maximum. Pas une pilule de plus. Ma belle amie, elle est fragile. Comme la fragile petite poupée de porcelaine que j’ai toujours vu en elle… mais qu’elle n’arrive pas encore à voir. Un jour, elle la verra. Elle y fera attention, je le sais.

Ma belle amie veut aider la terre entière depuis toujours. Mais depuis peu, elle a compris qu’elle devait s’aider, ELLE.

Ce sera déjà un grand pas. Pour le reste de la terre, on verra…

Source: thecollegecrush.com
Source : thecollegecrush.com

PS : Je vous laisse ici, juste comme ça parce qu’on ne sait jamais, le numéro de S.O.S. Suicide Jeunesse : 1-800-595-5580

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