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Être la fille de région qui débarque à Montréal

Par Marilou LeBel Dupuis – le dans Chroniques
Être une fille de région qui arrive dans la grande ville, c'est pas toujours facile et souvent, on s'en rend compte juste une fois arrivée. Malgré tout, on finit toujours par s'adapter et c'est là qu'on peut commencer à vraiment profiter de notre nouvelle vie!

Étude, travail, ou juste changement d’air, on est plusieurs à avoir entendu l’appel de la métropole dans notre jeune vingtaine, voir avant pour certaines. Après deux ans de vie à Montréal, j’ai appris que tu pouvais sortir la fille de la région, mais pas la région de la fille!

Peu importe la raison qui nous a amenées ici, on a beau se fondre dans la foule montréalaise, nos origines se rappellent de temps à autre. Des fois, ça prend la forme d’un obstinage sur la définition de la tourtière, ou encore si c’est correct de dire la bus. D’autres fois, c’est une sirène dans la nuit qui nous prend par surprise—on est loin du rang, de la rue principale, de la route régionale ou de la petite ville tranquille où on était peut-être retournées le temps de s’endormir.

Mais comme pour toute chose, on s’habitue. La circulation qui t’a gardée éveillée au début? Tu l’entends probablement presque plus. Mieux, tu as peut-être découvert, comme moi, que le trafic est aussi fiable que les oiseaux pour t’aider à savoir l’heure le matin, quand tu paresses encore juste un petit peu dans ton lit. Ton cash que tu as garroché par les fenêtres les premiers mois, parce que tu voulais tout voir, faire et découvrir? Tu t’es probablement trouvé une couple de spots où tu es devenue une habituée, où on te connaît par ton prénom, ton café ou ton drink habituel. Pis la chaleur des gens de région? Les commis du dep ou de l’épicerie du coin échangent des jokes avec toi, après que tu les as charmés avec ta convivialité à tout casser.

Comme quoi c’est possible d’avoir des relations humaines n’importe où, peu importe ce que tes parents t’ont dit de la grand’ ville!

Mea culpa d’une fille de région à l’hiver montréalais

Mbruxelle | Bigstock

On va être honnêtes, je pense que, de notre région, on a toutes déjà ri de la gueule de Montréal qui faisait les manchettes parce qu’il y était tombé quinze centimètres de neige. On n’avait qu’à regarder par notre fenêtre le gros banc de neige qui nous empêchait de voir l’autre bord de la rue pour conclure que Montréal, c’était une drama queen qui se plaignait pour rien. On avait tellement tort! Je pensais jamais haïr l’hiver à ce point en déménageant.

Un hiver avec un char ici m’a convaincue de ne plus jamais, JAMAIS avoir une voiture à Montréal. Entre les changements de bords de rue, littéralement te creuser un trou dans un banc de neige pour te stationner pis le monde qui roule en morons et qui comprennent pas le principe de la distance de freinage, y’a de quoi faire de l’insomnie! Sans compter l’appréhension du bruit de la remorqueuse.

Ça, c’est sans parler des trottoirs semi-déneigés. Disons que la qualité de vie ici, l’hiver, ça descend de quelques coches. De bonnes raisons pour te joindre aux locaux qui font tout à pieds ou à métro. À part de ça, c’est tellement agréable d’habiter un endroit marchable, tu trouves pas? Ça m’amène au Montréal que j’aime.

Les bons côtés de la métropole

Tout de même, à la différence de chez nous, l’hiver ici ne dure pas six mois, et heureusement. Montréal est toute en terrasses, en festivals, en art de rue et en rencontres—faut avouer que le bassin de célibataires y est aussi nettement plus intéressant!

T’auras aussi sûrement tôt fait de réaliser que tu peux trouver tout ce que tu veux ici, que ce soit en termes d’activités, de groupes, de services d’aide et communautaires, de magasins, de restaurants… Montréal est une petite infinie de découvertes. De quoi tout se faire pardonner.

Au final, un jour peut-être hésiteras-tu comme moi à localiser ton chez toi sur une mappe. Les Montréalais entendront toujours tes régionalismes et les gens de ta région, un vague accent montréalais sur certains mots—quoi que jamais sur le mot «baleine», merci beaucoup. J’en suis venue à la conclusion que j’avais un accent d’autoroute, de distance; que j’étais à cheval entre mes origines et mon nouveau chez moi, comme beaucoup de Montréalais de diverses origines, d’ailleurs. Je suis contente de maintenant pouvoir contribuer à l’hétérogénéité de Montréal! Et toi?

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Crédit photo couverture: vmargineanu | Bigstock

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Marilou est une bachelière en éducation qui fait tout sauf enseigner au Québec. Ses amies, écrire, voyager et le Red Bull aux bleuets la rendent heureuse