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Les Grandes | Geneviève Everell, Sushi à la maison

Par Andreane Viau – le dans Les Grandes

Quand on pense à l’entrepreneuriat au Québec, Geneviève Everell, créatrice en chef de Sushi à la maison, intrigue et inspire par son parcours et le succès de son entreprise. Pourtant, la jeune femme de 30 ans a simplement suivi sa passion, une étape à la fois.

Dans ce 3e épisode de la websérie Les Grandes, en collaboration avec la Banque Nationale, j’ai eu la chance de rencontrer Geneviève dans son espace gourmand.

Rencontre avec une Grande

D’où vient le concept de Sushi à la maison?

Venant d’un milieu défavorisé et dysfonctionnel, je n’avais pas de rêves. Personne ne m’avait dit que je pouvais réussir ou vivre de mes rêves et de mes passions. Quand j’ai découvert par moi-même que tout cela était possible, j’ai fait : WOW! Ça a été un peu comme un coup de foudre, ça m’a foudroyée.

J’ai appris à faire des sushis dans un petit restaurant de Québec. À un moment donné, j’ai commencé à aller faire des sushis chez des amis, vraiment pour le plaisir, puis je me suis rendue compte qu’il y avait quelque chose là qui n’était pas exploitée. C’est là que j’en ai parlé avec mon copain de l’époque et mon oncle, qui est impliqué dans le milieu des affaires à Québec. Je leur ai dit que je pourrais aller faire des sushis chez les gens et en faire une entreprise, ils étaient vraiment sceptiques et me trouvaient pas mal ambitieuse.

J’ai commencé en bas de l’échelle. Je suis partie de rien. Il faut vraiment commencer une étape à la fois, je n’ai vraiment pas franchi 4-5 marches d’un coup. Quand tu y vas une étape à la fois, tu as moins de chance de te « péter la gueule », selon moi. Quand tu sautes plusieurs marches, si ça ne fonctionne pas, tu tombes de plus haut.

Quand j’ai créé le concept, il y a de ça bientôt 10 ans, je ne m’attendais pas du tout à ce que ça devienne mon gagne-pain. Je ne suis pas du type à regarder vers l’avenir, je suis plutôt une fille d’action, de projets.

À partir de quel moment as-tu assumé ton succès en tant qu’entrepreneure?

En 2011, j’ai réalisé que j’avais vraiment quelque chose de précieux entre les mains. J’étais maintenant à Montréal et il y avait de la demande. C’est là que j’ai mis tous mes efforts dans Sushi à la maison, en commençant par l’utilisation des médias sociaux, qui ont fait et font toujours le succès de mon entreprise.

Évidemment, je ne me suis pas dit : « Bon! Je deviens entrepreneure. » Je pense qu’on naît entrepreneur, que ça fait partie de nos gènes. Je me suis toujours bien sentie là-dedans, donc je n’ai pas besoin de me convaincre, ça se fait naturellement.

J’aurais facilement pu avoir le sentiment de l’imposteur. Je ne cacherai pas que ça m’a passé quelques fois par la tête et qu’il m’est arrivé de me dire que je n’ai pas étudié en cuisine. Jamais je ne me suis proclamée grande chef, je suis juste une gourmande, une curieuse.

Le moment où je me suis dit que je ne me sentirais plus jamais imposteur, c’est quand mes clients m’ont dit : « Eille, c’est vraiment bon! » Dans le fond, c’est le client qui décide si je suis un imposteur ou non. Tant et aussi longtemps que j’aurai des clients et que les gens aiment ce qu’on fait, je vais continuer de faire ça.

À partir de quel moment as-tu su que tu n’y arrivais plus toute seule?

Si j’ai un conseil à donner, c’est de s’entourer de personnes qui sont meilleures que soi. Il faut s’entourer de gens qui nous complètent, qui ont chacun leurs forces. Quand on se rend compte qu’on n’est plus capable seul, il ne faut pas laisser ça aller.

En 2012, j’ai fait une bonne année toute seule, à temps plein. C’était une année vraiment intense. Ça m’a vraiment pris du temps pour couper le cordon et faire confiance à d’autres personnes. J’avais peur de ne pas trouver quelqu’un qui puisse faire ce que je faisais. Comment je ferais pour m’assurer que les clients sont satisfaits? À un moment donné, j’ai compris que je n’avais pas le choix pour répondre à la demande. J’ai commencé avec une Miss Sushi qui desservait Québec, moi j’étais à Montréal, puis ça a fait boule de neige. En quatre ans, je suis passée de moi toute seule à 37 Miss Sushi!

Quand tu apprends à déléguer, ta santé mentale se porte mieux parce que tu as plus de temps pour te concentrer sur ce qui te passionne.

Où as-tu « appris » à rêver?

Je pense que j’ai l’hormone du bonheur. Je suis positive, je suis fonceuse, je suis toujours de bonne humeur. Oui, j’ai des downs, comme tout le monde, mais pour ce qui est du travail, il n’y a jamais de gros trous noirs.

On est tous des humains à part entière et on fait notre chemin peu importe le milieu d’où on vient. Il faut juste croire en soi. Il faut aussi qu’il y ait d’autres gens qui croient en nous, donc je suis allée chercher ces personnes-là et j’ai foncé.

Le désir de se démarquer, mais de le faire avec son coeur et sa passion. Ça peut sembler cliché, mais c’est ce qui fait que tu continues jour après jour. Il faut que ce soit viscéral, il faut que ce soit dans tes tripes. Il faut que tu sois prêt à donner toute ton énergie, ton temps.

Il faut que ton entreprise devienne ta raison de vivre. Un peu comme un enfant. Quand j’ai eu mon fils, je lui ai dit qu’il avait un frère et qu’il s’appelait Sushi à la maison! Si tu n’es pas passionné par ton entreprise, aussitôt qu’il y aura une embûche, tu vas te décourager, tu ne voudras pas pousser. Quand il y a de la passion dans ce que tu fais, les gens le sentent.

Ce n’est certainement pas la passion qui manque à cette jeune entrepreneure! Elle a su faire son chemin et suivre son instinct, même si ce parcours ne semblait pas lui être prédestiné. Fonceuse et rêveuse, elle se démarque avec brio dans le paysage entrepreneurial québécois, une bouchée de bonheur à la fois!

Merci à Geneviève pour son temps malgré un horaire plus que chargé!

La Banque Nationale supporte fièrement les projets d’entrepreneures d’ici. Découvrez plus de conseils à propos du démarrage d’entreprise ici.

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