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Je suis une romantique

Par Geneviève Gauthier – le dans Amour, Psycho
Je dois m’en confesser tout de suite, le titre m’a trahi, de toute façon: je suis une romantique! Une fois les mots lancés, ils ne nous appartiennent plus. Les mots sont là, ils portent flanc à l’interprétation.

Mais n’allez pas vous tromper quant au type de romance dont je suis atteinte. Je suis une romantique au sens authentique du terme, pas au sens que j’espère recevoir du chocolat cheap et acheté à la dernière minute le jour de la Saint-Valentin juste avant la fermeture de la pharmacie. On peut être romantique sans être pathétique, sans être dépendant. Je n’ai rien contre le chocolat de pharmacie, ni contre les fleurs. J’en ai contre l’idée de débarras, d’obligation derrière le geste. L’amour, ça ne se bouscule pas, ça ne se coche pas sur une liste d’épicerie de trucs à acheter, ça n’oblige personne à rien.

Unsplash.com/ Naveen Kumar

Trop souvent, la romance est associée à cette attente triste, cette attente constante que l’autre saura deviner nos désirs et qu’il saura nous surprendre par de grands gestes. Mon romantisme n’est pas passif. Je n’attends pas de l’autre qu’il me montre qu’il m’aime. C’est trop difficile de lire dans les pensées de l’autre quand on arrive à peine à lire dans les nôtres. Demander à l’autre de pouvoir le faire me semble donc démesuré et absurde. À attendre, on se met en position vulnérable et inévitablement, si ce n’est pas cette fois, ce sera la prochaine fois que nous serons déçus.

L’idéalisme déchu, l’envie incontrôlable de vouloir voir l’amour triompher, c’est ce romantisme que je clame. Ce droit d’être éperdument dramatique. De pleurer, rire, crier, danser et trembler d’un seul souffle. De vivre les émotions à fond, de ne pas en avoir honte. Le droit de se sentir vulnérable, atteignable. Le droit de dire nos attentes.

Je suis une romantique des petits gestes. De petits mots laissés sur un post-it, de frites McDo achetées après une longue journée, de crème molle, de verre de vin le vendredi, de discussions au téléphone, de «je t’aime, tu sais?», de fous rires, de films de super-héros, de siestes l’après-midi, de promenades en voiture, de «t’es vraiment belle, ce matin», de changements de plans à la dernière minute et tellement d’autres de ces beaux moments complices et si simple.

Si l’amour ne se force pas, il s’entretient. Ni l’argent, ni le prestige ne peuvent nourrir l’amour. Dans un monde où tout ou presque peut être corrompu par le pouvoir et l’argent, l’amour est sincère et incorruptible à mes yeux.

Être romantique, c’est de voir le noir et de vouloir qu’il soit rose. C’est de savoir que tout n’est pas joli, mais de savoir que d’aspirer à ce que ce le soit n’est pas dément. C’est de se battre contre l’idée que c’est ainsi et que ça restera ainsi parce que le monde est monde. C’est désirer le changement, même quand il semble impossible. C’est d’avoir cette flamme brûlante à l’intérieur de soi, qui résiste aux remarques de ceux qui ont abandonné et qui se résignent à la réalité. C’est de voir la mer à boire et d’avoir soif.

C’est très simple au fond. Être romantique, c’est d’aimer. Parce qu’à la fin de tout, quand les flammes auront brûlé, quand les fleurs auront fané, ce qui restera, c’est l’amour. Parce qu’à la fin, l’amour triomphe toujours.

Eh oui. Je suis une romantique!

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