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Les doubles standards: on s’envie, mais on se ressemble

Par Emil Morin – le dans Opinion, Société
Ce qui est bon pour «pitou» n’est pas nécessairement bon pour «minou» et inversement. Le hasard des chromosomes, ici bas, détermine si tu pourras passer ta vie à baiser «tranquillos» et te faire aduler par tes amis, ou bien simplement avoir peur de te faire identifier comme une fille facile, si t’essaies d’avoir une vie sexuelle épanouie. À actions égales, l’un passe pour un héros et l’une pour une cochonne qui se manque de respect. Le genre ou le sexe déterminent le style d’interventions que tu subiras le restant de tes jours.

Un autre bon exemple c’est la tenue vestimentaire et les standards imposés aux femmes. Un homme peut clairement s’habiller comme il l’entend sans que personne n’en fasse de plat. Par contre, pensons à Safia Nolin et ce qu’elle a vécu dernièrement. C’est désolant ce qu’elle a enduré pour un pauvre chandail de Jerry Boulet. Franchement!  Le dégoût de la race humaine m’est rapidement monté sur le rebord de la trachée pendant cet épisode. Un épisode intitulé; «ça ne vole pas haut sur les médias sociaux».

À contrario

Une femme peut facilement laisser sa peine s’exprimer, ses douleurs s’extérioriser et se sentir considérée, non jugée. Pour un homme, ce n’est pas aussi simple parler d’émotions, démontrer ses faiblesses et espérer être compris par son entourage. Un homme qui aspire à être danseur ou seulement remplir un rôle moins «masculin» rencontrera beaucoup d’oppositions et de railleries. Un homme abandonnant sa masculinité pour laisser trôner certains côtés féminins, se fera vite relayer aux échelons les plus bas de la considération.

De toute façon…

Être un homme ou une femme, aujourd’hui, n’est pas chose facile. J’irais même jusqu’à dire que, simplement vivre, ce n’est pas aisé.  Maintenant que nous comprenons que les deux sexes ont leur part de positif et de négatif, on envisage ces aspects sous quel angle? La jalousie? L’envie? On crie à l’injustice? Je ne crois pas…

Évidemment, nous voudrions jouir de l’ensemble des privilèges accordés aux deux sexes, mais à force d’exister, on s’aperçoit que chaque organe reproducteur engendre son lot de désavantages et de possibilités, sans pour autant être interchangeable. Croire qu’il est possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre est une perte de temps et travailler en ce sens est contre-productif. C’est un peu comme penser qu’on peut manger tel un cochon et rester mince. Nous savons que c’est peu probable, sauf exceptions.

Qu’est ce qu’on fait?

Alors, au lieu de saliver sur les avantages des autres et aspirer à maîtriser les forces des deux sexes, pourquoi ne pas seulement revoir la notion d’équipe? Oui, un vieux concept qui incluait les différences de chacun, mais qui les mettaient au profit de tous les intervenants. Ce désir d’être tout le monde, sans force ni faiblesse précises, découle de l’individualisme. Réclamer les forces de Pierre, Jeanne, Jacques et Joçeline dépend de la peur sous-jacente de l’incomplétude. Bizarrement, cette crainte se fortifie en même temps que le couple éclate. Avant, on croyait que l’autre était important pour former un tout. Aujourd’hui, l’autre ne semble plus indispensable, il se révèle comme facultatif. Nous préférons posséder ses attributs et inspirer les mêmes réactions que lui ou elle. La solidarité se perd au profit du renforcement de soi. L’entraide s’étiole au contact des égos surdimensionnés.

Je suggère de revoir cette conception, car je crois qu’aspirer à devenir l’autre est simplement le désir de s’en rapprocher. Osons dire que nous ne sommes pas capables de tout et laissons les autres nous compléter.

J’ai besoin de toi et toi aussi…

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