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Ma meilleure amie : à la vie, à la mort!

Par Joanie Hébert – le dans Bien-être, Sexe

Ma meilleure amie : à la vie, à la mort!

Cet été, j’ai perdu ma grand-maman Marguerite. La petite fleur douce qu’elle était nous a quittés en août dernier. Les dernières journées qui ont précédé son décès, nous étions tous en famille à son chevet. Francine, sa meilleure amie, y était aussi. Aux funérailles, elle était dans la première rangée, celle de la famille. C’est comme si elle en faisait partie, tout simplement. Après tout, elle l’a connaissait plus que quiconque; elle l’a connu fille, femme, mère. Elle connaît tout de sa vie.

C’est elle qui, lorsqu’on était tous cordés autour de son lit d’hôpital, nous disait qu’elle avait tellement de secrets en tête, mais qu’elle avait promis de ne rien dire. Et ce qu’on promet à notre meilleure amie, on le promet à la vie, à la mort. C’était beau de voir ça, de connaître leur histoire.

Les jours suivants, je pensais à elles, à tout ce qu’elles avaient vécu et vu ensemble. Je pensais à leur amitié qui était si sincère, si vraie. Probablement qu’un jour dans leur vie, elles se sont promis d’être meilleures amies, à la vie, à la mort. Comme ma meilleure amie et moi, qui avons fêté nos 13 ans d’amitié dernièrement.

En 2002, je faisais mon entrée à l’école secondaire. Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était immense pour mes yeux de petite fille. J’étais complètement désorientée et on pouvait voir un gros point d’interrogation sur mon visage. Peut-être même des larmes d’insécurité et de peur.

Un matin, alors que je devais chercher la classe où un cours se donnait, Jacinthe, une petite fille aux yeux brillants, a croisé mon regard de chien perdu. Elle est venue me voir, timidement, comme la petite fleur douce qu’elle est, et m’a tendu une lettre. Je me rappelle encore cette lettre qu’elle avait soigneusement pliée; je la trouvais dont bonne et je m’étais dit que toutes mes futures lettres allaient être pliées de cette façon. J’avais déjà hâte qu’elle me montre comment.

Cette lettre, c’était pour me demander d’être son amie; elle se présentait à moi! Elle demeurait tout juste à côté de l’école; on pouvait donc aller dîner chez elle parfois. Si j’acceptais son amitié, la lettre spécifiait que je pourrais l’appeler Jace, Jaja ou Jaçounette. Ce jour-là, j’ai décidé que cette personne-là, ma future meilleure amie, je la voulais définitivement dans ma vie. À la vie, à la mort. Je l’appellerais Jace, ça sonnait cool.

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On a tous cet ami que l’on rencontre une fois dans une vie et de qui on ne peut plus se passer. Jamais. En fait, on ne peut imaginer une journée sans elle. Pour grand-maman Marguerite, c’était Francine. Pour moi, c’est Jacinthe.

Je me rappelle que si Jace était malade, une journée d’école, je devais m’absenter aussi. Je ne me voyais pas affronter la vie sans elle. Elle marchait à mes côtés et elle y marcherait toujours. C’est ce qui est arrivé, car la vie ne pouvait pas faire autrement; elle et moi, on marche toujours côte à côte. Moins souvent, moins longtemps. À distance, souvent. Mais l’amitié perdure et est aussi forte qu’en septembre 2002. Par téléphone, on s’accompagne dans nos trajets en voiture, on fait nos commissions ensemble. On passe des heures au téléphone à rire, à pleurer, à chanter, à refaire le monde. Je crois sincèrement que notre amitié, c’est la plus sincère qui soit.

Ma meilleure amie à moi, je l’appelle maintenant Jaja; ça fait mignon. Ses yeux brillent toujours autant qu’avant. Et les nôtres, ils brillent ensemble chaque fois que nos regards se croisent. Je souhaite que dans 60 ans, on prenne notre café dans la même résidence où l’on habitera. Et que si un midi, elle ne souhaite pas sortir de sa petite chambre pour aller dîner dans la grande salle avec le groupe, je ne sortirai pas de la mienne non plus. Lorsque viendra le temps où le ciel m’appellera, je veux qu’elle soit là, autour de mon lit d’hôpital, à se rappeler nos folies, à se rappeler mes confessions et à les garder pour elles, car tout cela n’appartenait qu’à nous deux. Je veux que ma famille la considère comme de la famille, car c’est ce qu’elle est. Je veux qu’elle soit tout près, à la vie, à la mort, comme se promettent toutes les meilleures amies du monde. Comme s’étaient promis Marguerite et Francine. Car après tout, j’aurai toujours eu besoin d’elle pour affronter la vie… à la vie, comme à la mort.

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