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Prendre une débarque solide à 25 ans

Par Julie Morisset – le dans Carrière
J’ai ouvert ma lettre de l’université que ma mère avait laissée sur le coin de mon bureau. Sans même lire les phrases, je m’étais mise à chercher le mot "accepté"! Comme prévu, il était là! Je savais qu’il allait y être, car je réussissais toujours, à peu de choses près, par avoir ce que je voulais dans la vie. J’avais la chance qui me collait au cul depuis l’âge de 3 ans même si j’en avais aucune idée.

Je suis allée à l’université fière de moi et certaine du choix de mon champ d’études : l’enseignement. Je m’imaginais déjà debout sur le bureau tel un Robin Williams dans le cercle des poètes disparus. J’étais persuadée que j’avais fait le bon choix (comme tous les choix dans ma vie) et que j’allais changer le monde à ma façon. J’étais M-O-T-I-V-É-E.

Après mon deuxième stage, qui avait bien été, j’ai commencé à douter, mais j’ai fini par mettre ça sur le dos de la nervosité des débuts. Je me disais : « tu vas aller jusqu’au bout comme tu as toujours fait et ça va bien aller… » Après le troisième stage, le doute persistait… Après le stage final, ma bulle a explosé. Elle m’a pété dans face, littéralement. Je n’avais aucune envie d’enseigner à des jeunes du secondaire qui sont élevés par des parents rois. Je n’avais aucune envie de vivre un stress constant chaque mois d’août en ne sachant pas si j’allais avoir un groupe qui fait du sens. Je n’avais pas envie de passer 10 ans sur une liste d’attente et de me battre pour avoir une qualité de vie raisonnable. Je n’avais pas envie tout court. Le diplôme entre les mains, je me suis dit : « Quessé je vais faire de ma vie? »

Heureusement, la vie a fait en sorte que je me suis trouvé un emploi dans le domaine de l’éducation, ce qui était parfait pour moi. J’étais motivée, j’aimais mon travail, j’avais des conditions de rêve, j’avais tout pour être heureuse. Puis, un matin de décembre, ma chance a foutu le camp sans m’avertir. J’ai perdu mon emploi, j’ai perdu ma motivation et je me suis retrouvée sur le chômage avec la même question en tête : « Quessé je vais faire de ma vie? »

Pendant 8 mois, je suis restée prise dans ma tête à chercher qui j’étais, à chercher ce que j’étais. Je n’en avais aucune idée. Pourtant, mon entourage semblait tout savoir sur moi; le métier que je devais faire, le chemin que je devais emprunter, ce dont j’avais besoin pour être heureuse… Je recevais leur message haut et fort : tu n’as pas le temps de trop réfléchir, tu n’as pas le droit à l’erreur! Comme si la remise en question était un délit.

À force d’en parler avec mes proches, j’ai fini par me refermer sur ma situation et éviter toute conversation à ce sujet. J’étais déjà angoissée à l’idée ne pas savoir quoi faire de ma vie, je n’avais pas l’intention de recevoir une leçon de vie à chaque discussion que j’engageais avec quelqu’un. Malgré tout, les gens ressentaient le besoin de m’en parler et de me remettre en pleine face que j’avais fait des études pour rien et que ma vie ne faisait aucun sens. J’étais consciente qu’ils voulaient simplement m’aider, mais j’avais plutôt l’impression qu’ils me reprochaient mes décisions tout en m’aidant à creuser la tombe de ma motivation.

En m’isolant, j’ai pris le temps de mieux me découvrir. En réfléchissant, j’ai remplacé la pelle qui servait à enterrer mon bonheur par un crayon et j’ai fini par tomber en amour avec l’écriture. J’ai toujours eu une certaine facilité dans ce domaine, mais je n’avais jamais eu l’occasion et le temps de l’exploiter à son maximum. Heureusement, du temps j’en avais… un peu.

photo-1473186505569-9c61870c11f9Crédit : Álvaro Serrano

Motivée, j’ai envoyé des tonnes de CV pour des postes dans le milieu de l’édition… Puis, je me suis rappelé que ma chance m’avait abandonné en début d’année. J’ai alors décidé d’arrêter de me fier à la chance et de travailler pour avoir ce que je voulais. J’ai écrit sur tout et sur rien et j’ai finalement tenté ma chance auprès d’un magazine adressé aux étudiants (!) Dans le courriel, je cherchais le mot « accepté »… Bien sûr, il était là! Par contre, pour une fois, c’était en raison de ma détermination et non de la chance.

Encore là, on me reprochait de travailler pour rien, de ne pas avoir un emploi à temps plein et de ne pas pouvoir payer mes factures avec ce qui me passionne. On me rappelait constamment que le temps c’est de l’argent et que je n’avais pas trop de temps à perdre. Comme si mon travail ne valait rien si je n’avais pas un salaire en bout de ligne. Sans me laisser déstabiliser, j’ai continué à accepter des contrats non rémunérés. Puis, j’ai vu des opportunités se pointer le bout du nez. Plus je travaillais, plus j’avançais…

Aujourd’hui, je n’ai toujours pas d’emploi stable, mais j’ai plusieurs projets qui me passionnent et qui m’apportent de nouveaux défis. Je comprends enfin que la vie n’est pas seulement une question de chance, mais qu’elle est le résultat d’une détermination constante. On a tous le droit de prendre une-deux-trois débarques dans la vie; l’important c’est de se relever et de persévérer. Le bonheur n’est jamais très loin.

À tous ceux qui seront dans cette situation un jour, croyez en vos rêves! Saisissez les opportunités que la vie vous envoie et ne doutez jamais de votre potentiel. En travaillant fort, on peut tout réussir. Sky is the limit!

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