#sorrynotsorry: Ma face parle à ma place

Je ne suis pas méchante. Même si j’aime pas pire ça donner mon opinion pis chialer quand quelque chose ne fait pas mon affaire, j’ai quand même appris avec le temps, que des fois, c’est mieux de se taire.

Mon plus gros problème, c’est que je n’ai pas toujours de tact.  Je dis les choses comme elles me viennent, sans nécessairement choisir mes mots et peser la portée de mes propos. Dans ce temps-là, ça ne finit généralement pas trop bien. Avec les années, j’ai réussi à entraîner mon cerveau à raisonner minimalement pour me faire taire quand il le faut.

 

Le hic, c’est que l’information a beaucoup de mal à se rendre jusqu’aux muscles de ma face afin de les informer de faire comme si de rien était, eux aussi.

Mettons qu’on se parle et que je trouve que ce que tu me dis est complètement débile. Je ne te le dirai peut-être pas, surtout si tu me parles d’un truc qui te tient terriblement à cœur. Sauf qu’il y a de bonnes chances pour que, sans même m’en rendre compte, je te regarde avec un air qui traduirait une espèce de non-mais-es-tu-épais-ou-c’est-juste-un-air-que-tu-te-donnes?

 

Je me rappelle une fois, il y a plusieurs années, mon patron avait engagé une nouvelle employée. Un moment donné, on avait eu une conversation, elle, mon patron et moi. Elle nous disait comment ça fonctionnait dans son ancien magasin, les choses qu’ils faisaient là-bas qu’on devrait tellement adopter nous aussi parce que c’était si génial. En fait, c’était de la totale scrap. Mais tu vois, ça, c’est une des situations où je ne peux pas vraiment donner mon opinion, parce que ça passerait mal. Fait que je la regardais, mais je disais pas grand-chose, j’acquiesçais une fois de temps en temps pour signifier que je l’écoutais. Plus tard dans la journée, mon patron est venu me voir et m’a dit: «Tantôt, t’avais pas l’air trop trop d’accord avec les idées de la nouvelle, hein?». Paraîtrait que je ne suis pas une très bonne comédienne pis que j’avais l’air de la prendre pour une tarée tout le long de notre conversation… Oh well.

Si tu dis quelque chose qui ne fait pas mon affaire pis que je ne suis pas de bonne humeur, y’a des chances que j’te dise rien. Sauf que ma face va vouloir te trucider pis comptes-toi chanceux que je n’aie pas de fusil à la place des yeux. Mais même si tu me demandes «ça va?», je vais te dire «oui, oui». Tu me croiras pas pis tu fais bien, parce que c’est ma face qui dit la vérité, pas ma bouche.

 

Avec le temps, je suis vraiment devenue une experte pour me taire quand c’est le temps, mais je n’ai pas encore la capacité de contrôler mes expressions faciales. Fait que si un jour on est en train de se parler pis que je te fais un air de je-t’écoute-mais-maudit-que-ce-que-tu-me-dis-est-innocent, dis-toi que j’ai quand même fait l’effort de ne pas te le dire verbalement… #sorrynotsorry.

 

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Alexandra Nadeau-Gagnon Auteure, rédactrice et réviseure. Alexandra aime lire, aller au ciné, boire du thé et flatter ses chats.