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Vouloir réussir

Par Nerds – le dans Bien-être, Santé, Vie étudiante

La goutte de sueur qui coule dans le front. Une autre dans la craque de fesses. Les mains moites, la bouche pâteuse. Pas d’eau avec moi, évidemment. Quel mauvais moment.

Un chandail trop serré, trop chaud, j’ai les orteils coincés dans mes souliers. La fatigue accumulée fait sautiller ma paupière droite. Mon cerveau pense à toutes les petites choses qui m’empêchent de me concentrer ; la patte du voisin qui swingue incessamment, le bruit du ventilateur qui n’est pas régulier, les vieux néons qui clignotent. J’ai déjà mal à la tête.

Comme les autres, cet examen est une catastrophe.

À quoi bon étudier si tout ce qu’il y a dans ma tête au moment de l’examen, c’est un océan de trucs que j’ai oublié et une toute petite réflexion unique qui essaie encore de faire la lumière sur cette question qui me hante depuis ce matin : « est-ce que je les ai lavés mes cheveux dans la douche, oui ou non? » Pourquoi diable est-ce qu’aujourd’hui, je ne suis pas capable de prendre ma douche comme du monde? Ce n’est pourtant pas si compliqué : savonne ton corps, shampouine tes cheveux, rince, sors.

Pourquoi est-ce que je perds tous mes moyens un matin d’examen?

Pourquoi, je me lève les jambes molles, le mal de ventre et une petite nausée qui m’empêche de manger mon déjeuner, le repas le plus important de la journée, surtout un jour d’examen! Qui est-ce qui, dans ma petite caboche, s’occupe de me donner mes facultés habituelles, mais call malade chaque fois qu’une occasion importante se présente.

source-sao.ust.hk
Source : sao.ust.hk

Pourquoi, lors d’une entrevue pour une job, en plein milieu de ma phrase qui explique ce que j’ai fait comme études, les mots disparaissent de mon esprit pour être remplacés par un beau grand trou de mémoire?

Paraîtrait qu’on appelle ça l’anxiété de performance. Selon Wikipédia, «L’anxiété développée dépend de l’évaluation de la probabilité que de mauvaises choses se produisent et de ses capacités à les contrer. Dans le contexte d’une évaluation, l’un des facteurs est la confiance de l’individu en ses capacités.» Confiance ; je commence à haïr ce terme.

Pour l’étudiant moyen, la conséquence de cette anxiété de performance, c’est l’oubli de tout ce qu’il a appris pour l’examen, la perte de tous nos moyens. Au moment de coucher sur papier les merveilles que j’ai ingérées intellectuellement dans les dernières semaines, il n’existe plus rien. J’ai tout digéré, et évacué.

Au diable les évaluations. Adieu la performance.

Le pire, c’est que, tout ce que je veux, c’est réussir, être bon. Qu’on me dise bravo et qu’on me donne un beau A+. Mais je n’arrive à rien quand je deviens stressé comme un poulet qui vient de comprendre qu’il va se faire déplumer, après s’être fait couper la tête (promis, c’est la seule phrase du texte qui vous donne envie d’être végétarien).

Vous vous sentez comme ça avant vos examens? Eh bien pas moi. Jusqu’ici j’ai menti. Je n’ai jamais été angoissé par mes évaluations. J’ai toujours pris mes examens à la légère. Pour moi, si j’ai assisté au cours, je trouverai les réponses, tout simplement. Sinon, c’est l’évaluation qui était trop dure et alors je n’y pouvais rien.

C’est une fausse confiance en moi que je me suis créée très jeune parce que je n’étais tout simplement pas capable de supporter le stress d’un examen que je veux trop réussir. J’ai décroché tranquillement et j’ai appris à vivre avec des 73% et quelque 82% au mieux. J’avoue qu’aujourd’hui, je regrette quand je vois les gens persévérant et performant décrocher des postes d’importance et pour qui les études paient enfin. De mon côté, mon passivisme devant les évaluations me coûte cher ; disons que mon diplôme de C+ n’attire pas beaucoup l’attention des employeurs.

Au moins, je me suis surement évité quelques ulcères d’estomac en ne m’en faisant pas trop avec mes résultats. Malgré qu’à bien y penser, ces ulcères reviennent en force depuis que j’ai fini mes études.

En gros, j’ai dealé toute ma vie (plutôt courte jusqu’à maintenant me dit mon père pour me faire décompresser) avec une anxiété plus générale que seulement ponctuelle au moment d’examens. Je ne suis jamais allé chez un psy pour me le faire confirmer ; j’aurais trop peur de me faire dire que je n’ai pas de trouble anxieux et que je m’invente des problèmes dans ma tête juste pour avoir de quoi d’intéressant à écrire. Cependant, j’ai toujours sur mes épaules le poids d’un besoin de performance. J’ai besoin d’être bon et c’en est maladif…

C’est justement cette culture de la performance qui nous fait virer fou. Le besoin d’être toujours meilleur que la moyenne. Malheureusemement, statistiquement, une personne sur deux est moins forte que la moyenne dans une population normale (dite gaussienne, je mets ce mot-là surtout pour avoir l’air brillant). Vous avez donc de bonnes chances d’être anxieux de performance pour rien, puisque le hasard aura toujours le dernier mot.

Cela dit, si vous êtes, comme grand nombre d’étudiants, un anxieux ou une anxieuse de performance, il existe certainement un juste milieu entre laisser aller tes notes à la dérive sans t’en faire et étudier comme un fou furieux pour arriver «prêt» à l’examen (et tout oublier de toute façon parce que t’es nerveux comme un poulet qui… vous savez la suite).

Comme la section «Traitements» de l’article Wikipédia sur l’anxiété de performance est vide, la section «conseils de réussite» de ce texte sera directement inspirée de mes propres idées et de mon vécu (et à la lumière d’une recherche sommaire que j’ai tout de même effectuée sur le sujet, question de donner de la crédibilité à l’article).

En gros, il s’agit de décrocher un peu, mais pas trop. Savoir accepter qu’on ne contrôle pas tout. Que certaines choses sont hors de notre contrôle. J’ai entendu ou lu très récemment un proverbe en anglais qui disait, un homme qui ne croit pas en la chance n’a pas assez d’expérience. Par souci d’équité des genres, mentionnons que le proverbe s’applique également pour la femme.

Bref, quand même, bien que tu auras fait toutes tes lectures deux fois pour l’examen, repris certains exercices et été aux récupérations du prof, il se pourrait très bien que l’examen te pose une question à laquelle tu n’as pas la réponse. Dans cette éventualité, tu peux paniquer et perdre tes moyens en angoissant mortellement parce que tu vois l’échec se pointer le bout du nez, ou prendre une grande respiration, garder confiance en tes moyens et essayer quelque chose. Si t’es prêt pour l’examen, la dernière chose que tu devrais faire, c’est d’avoir peur de couler, simplement parce que t’es prêt.

Donc entre décrocher et passer ta session à boire des rhums and coke et être un vrai freak toujours à la bibliothèque, je te suggère, encore et toujours, le bon vieux juste milieu (concept tout à fait subjectif, conseil absolument bidon).

Bonne session, bonne angoisse.

Hakuna Matata!

source : youtube.com
source : youtube.com

Par Sébastien Verret
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