Tapis volant pour le Maroc

L’an dernier, j’ai mis les pieds pour la première fois sur le continent africain pour y découvrir un pays qui était depuis longtemps sur ma liste d’endroits à visiter: le Maroc. Je n’avais que 10 jours pour faire connaissance avec le pays du couchant lointain et ses habitants. J’avais quelques attentes mais j’étais loin de penser que je vivrais une véritable aventure.

Aussitôt arrivée à l’aéroport, j’ai sauté dans un taxi organisé par notre riad qui allait nous mener là où mon copain et moi allions passer notre première nuit à Marrakech.  «Marrakech, la ville des touristes…» a soupiré notre chauffeur peu impressionné.  Mais la touriste en moi était beaucoup trop excitée pour remettre en doute son choix de destination. Après tout, Marrakech est un incontournable.

 

Marrakech, la ville rouge

Nous n’avions pas fait 200 mètres que déjà, la magie opérait. Pour se rendre à l’hôtel il fallait passer par la fameuse place Jemaa el-Fna. Le soleil commençait à se coucher mais la place, elle, commençait tout juste à prendre vie. Le ciel était rose et l’air rempli de fumée parfumée provenant des stands de nourriture. Il y avait des joueurs de tambours, des charmeurs de serpents, des hommes promenant des singes en couches, et des vendeurs de toute sorte. J’ai à peine eu le temps d’admirer le tout que notre guide nous précipitait dans les rues bondées et étroites de la medina. J’ai vite compris qu’à Marrakech, il est absolument impossible de se fier à Google Maps, car les souks sont de vrais labyrinthes.

Avoir avoir viré à gauche puis à droite, puis encore à droite et ensuite à gauche, nous empruntions une ruelle sombre sans nom et, non sans avoir craint pour notre vie durant quelques secondes, nous étions enfin arrivés à notre riad. Les riads sont de véritables oasis de paix qui contrastent avec l’agitation des rues. Comme j’avais entendu dire, le sens de l’hospitalité des Marocains est sans pareil et nous nous sommes donc fait souhaiter la bienvenue avec un somptueux repas de tagine, pastilla croustillant, thé sucré à la menthe et desserts marocains, avant de rouler jusqu’à notre chambre pour la nuit.

 

 

Durant les jours qui ont suivi, j’ai vraiment pu explorer la medina et me perdre dans le chaos qui y règne. Je ne compte plus le nombre de fois où nous nous sommes perdus dans les souks à la recherche d’un petit restaurant authentique ou pour tout simplement tenter de retracer le chemin jusqu’à notre riad. C’est un véritable labyrinthe où pratiquement aucune rue n’est indiquée et où de jeunes locaux s’amusent à demander de l’argent aux touristes perdus en échange de fausses directions. «Allez, 10 dirhams et je te guide!». D’ailleurs, toutes les raisons sont bonnes pour soutirer de l’argent aux voyageurs étrangers. Qu’on se fasse prendre en train de photographier un charmeur de serpent de loin, ou même lorsqu’on se fait mettre un singe sur le dos sans notre consentement!

J’ai aussi appris à garder mes mains dans mes poches lorsque je passais à proximité des tatoueuses au henné après m’être fait agripper la main pour un petit «exemple» plutôt raté qu’il fallait ensuite corriger en payant le plein prix pour un dessin complet! Ce qu’il faut aussi savoir aussi, c’est qu’à moins de vouloir se faire avoir lorsqu’on achète quelque chose, il faut absolument négocier. Que ce soit pour une paire de babouches ou le prix d’une course en taxi.  Alors, lorsqu’un vendeur te demande «Quel est ton meilleur prix?», n’hésite pas à offrir beaucoup moins que ce qui est affiché. Il refusera évidemment ton offre, mais cela fait partie du jeu.

 

 

Pour relaxer, nous avons décidé de s’offrir un moment de détente dans un hammam traditionnel de la ville. Tandis qu’on emmenait mon copain du côté des hommes, on m’emmenait du côté des femmes ou une femme en sous vêtement m’a dit de retirer le haut de mon bikini devant tout le monde avant de commencer à me frotter au savon noir et au gant de kessa exfoliant. Si tu es pudique, peut-être qu’un hammam traditionnel n’est pas pour toi. Chose certaine, tu n’auras jamais été aussi propre de toute ta vie!

Si explorer les souks de la medina est une expérience en soit, la place centrale Jemaa el-Fna en est toute une autre aussi. Le soir, lorsque les kiosques de nourriture s’installent et que les touristes affamés y viennent pour manger, une compétition agressive débute entre les vendeurs qui tentent de nous arracher aux commerçants voisins. Grillades, couscous, tagines, jus d’orange frais pressé, desserts marocains, soupe à l’escargot (que je ne recommande pas), tête d’agneau (que même les Marocains refusent de manger), etc. Une fois notre choix fait, nous nous sommes installés à une table pour manger tandis que des chats errants se frôlaient sur nos jambes et que des enfants nous quémandaient de l’argent. À la fin du repas, j’ai remarqué qu’on avait ajouté à la facture le pain et les olives que nous n’avions pas touchés ni commandés. Et dire que notre hôte au riad ne comprenait pas que les touristes soient si méfiants!

 

 

La route jusqu’au désert du Sahara

Après quelques jours à Marrakech, nous sommes partis aux petites heures du matin à bord d’un minibus avec 12 autres voyageurs pour un voyage de trois jours (pour lequel on a aussi négocié le prix) jusqu’aux dunes d’Erg Chebbi dans le désert du Sahara dans lequel nous avons passé une nuit. Durant les 48 heures qui ont suivi, nous sommes passés de Marrakech aux studios de cinéma de Ouarzazate. Nous avons fait un arrêt à la fameuse kasbah Aït-Ben-Haddou (inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO) où des films tels que Laurence d’Arabie, Gladiateur, La Momie et même certains épisodes de Game of Thrones ont été tournés!

 


 

Puis nous avons continué notre route zigzagante au coeur de la vallée des gorges du Dadès, puis dans les hauts sommets enneigés de l’Atlas, avant de redescendre dans un village berbère au coeur d’une oasis verdoyante. Si le paysage du Maroc nous avait étonné par sa diversité on savait qu’on devait maintenant approcher le Sahara puisque sur plusieurs centaines de kilomètres, tout ce que nous pouvions voir était une vaste étendue de terre craquelée rougeâtre parsemée d’arbustes desséchés avec pratiquement aucun signe de vie sinon des chiens errants ou des familles nomades et quelques dromadaires.

Alors que le soleil commençait à se coucher, nous sommes enfin arrivés à notre destination tant attendue: les dunes de Erg Chebbi. Des dromadaires nous attendaient au pied d’immense dunes dorées prêts à nous emmener à nos campements pour la nuit au coeur du désert. Avant de se mettre en route, les Berbères qui allaient être nos guides nous ont aidé à nous faire des turbans avec les longs foulards colorés que nous nous étions achetés plus tôt à la Kasbah Aï-Ben-Haddou. Monter à dos de dromadaire n’est pas du tout comme monter à cheval. Tout d’abord, ils n’ont qu’une seule bosse en plein milieu du dos sur laquelle on tente de garder son équilibre au rythme de leur démarche chaloupée (les dromadaires avancent leurs pattes antérieures et postérieures du même côté en même temps). Ah oui, et malgré leur allure princière, les dromadaires sont de drôles d’animaux un peu grincheux, gazeux et très odorants!

 

 

À notre arrivée, un immense feu de camp nous attendait. De grandes tentes berbères dans lesquelles nous dormirions avaient été installées. Nous allions passer une nuit magique et inoubliable sous les étoiles, au rythme des tambours, à boire du «whisky berbère» (du thé à la menthe très sucré) pour tenter de se réchauffer.

 

 

Pour conclure notre voyage, nous sommes allés passer deux jours dans la magnifique ville côtière blanche et bleue d’Essaouira. Une ville fortifiée plus petite, plus tranquille, faisant face à l’Atlantique. Après avoir eu les pieds dans le sable doux du désert, nous les avions maintenant dans l’océan.

 

 

Lorsque je repense à mon voyage au Maroc, trois mots me viennent un bouche: aventure, dépaysement et minibus. Je suis encore sans mots lorsque je repense à la beauté du paysage marocain et au chaos de Marrakech. Je peux encore goûter le thé à la menthe et sentir le parfum des tajines que nous mangions à tous les repas. Les trois jours de minibus pour se rendre aux dunes de Erg Chebbi ont étonnement été le point fort du voyage.  Si vous êtes limité dans le temps pour visiter les 446,550 km² du Maroc, il faudra prévoir y revenir. Je planifie pour ma part d’y retourner pour visiter Chefchaouen, la ville bleue, et la capitale impériale de Fès.

Et toi, où iras-tu? Allez, 10 dirhams et je te guide!

 

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