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Florence Welch : une voix à entendre, une reine à voir

Par Marika Guilbeault-Brissette – le dans Divertissement
Il y a déjà quatre ans, j’ai eu la chance de voir et surtout, d’entendre le groupe britannique Florence and the Machine à Osheaga. J’avais découvert la formation quelques semaines plus tôt, grâce à leur deuxième album Ceremonials. Je dois avouer que je suis immédiatement tombée sous le charme du trémolo vibrant de Florence Welch, chanteuse et leader du groupe, et que je me suis entichée d’elle sur le champ. Pas la peine de vous dire que j’ai presque pleuré de joie lorsque mon magnifique groupe d’amis m’a offert, pour mon anniversaire, une paire de billets pour son concert au Centre Bell le 8 juin dernier, dans le cadre de la tournée How Big Tour.

Florence Welch : une voix à entendre, une reine à voir

Comme nous étions situés sur le parterre et que celui-ci était admission générale, nous avons rejoint la file d’attente quatre heures avant la représentation. Je tenais à avoir ma belle grande rousse à proximité. Pendant l’attente, nous nous sommes fait de nouvelles amies avec qui nous avons fraternisé grâce au jeu Uno, tout en partageant notre amour pour la pop indie de Florence and the Machine. Apparemment, les bonnes conversations font passer le temps plus vite puisque, quelques heures plus tard, nous étions déjà en cinquième rangée pour assister à la première partie offerte par Of Monster and Mens.

Je ne vous dirai jamais à quel point j’aime aller voir des concerts. J’avais donc déjà vu deux fois auparavant la formation islandaise sur scène. Durant l’heure de leur présence, les membres de Of Monster and Mens ont su réchauffer la foule en voguant entre des morceaux du premier album et certains du tout dernier. Une fois de plus, les percussions étaient formidables et souvent synchronisées avec les lumières. La présence marquée des cuivres apportait un apport supplémentaire incroyable. Je tiens d’ailleurs à souligner le solo de trompette d’une des musiciennes, qui lui a mérité des applaudissements retentissants. Malgré quelques pépins en ce qui a trait au son (allô le Centre Bell), nous avons pu profiter d’une très belle performance en début de concert.

2Crédit : Montreal Gazette

La grande reine londonienne n’a pas besoin de beaucoup. Elle est arrivée sur scène pieds nus, accoutrée d’un complet rétro rose flamboyant, devant un décor minimaliste principalement constitué d’un mur de fond aux multiples palettes réfléchissantes. Oui, il y avait une dizaine de musiciens et de choristes qui l’accompagnaient, dont un harpiste (preuve de la majestuosité de la chose), mais ils disparaissaient complètement derrière la déesse qui habitait entièrement la scène en la parcourant de long en large dès la première chanson, What the Water Gave Me. La chanteuse n’a pas hésité une seconde à prendre un bain de foule, en se retrouvant tout au fond de la salle, dès le troisième air, ce qui lui a valut de bruyants applaudissements.

Le groupe a présenté un excellent medley voyageant entre le premier album Lungs et le plus récent How Big, How Blue, How Beautiful. La femme à la voix d’ange s’est adressée à plusieurs reprises à ses admirateurs, entre autres, pour leur demander d’abandonner leur cellulaire le temps d’une chanson, celle portant le titre du dernier album, question de connecter ensemble et de pouvoir voir leurs beaux visages. Elle a également rappelé l’importance de l’amour et elle a demandé à la foule de s’enlacer affectueusement. J’ai été très émue durant Sweet Nothing, alors que des centaines de lumières projetées par des cellulaires s’allumaient à travers le stade. Je dois vous avouer avoir versé une larme durant You’ve Got the Love et Cosmic Love. C’est que cette voix puissante et j’oserais même dire divine, vous percute jusque dans les os. D’ailleurs, parlons-en de cette voix.

Je l’ai déjà affirmé, je le répète, j’ai vu plus de cent concerts au cours des vingt-cinq années de mon existence et Florence a de loin la plus belle voix qui m’ait été permise d’entendre. Son corps est un instrument. Elle court, elle danse, elle se lance, elle virevolte, et cela, tout en effectuant des notes parfaites empreintes d’authenticité. Cette femme est tout simplement surhumaine. Il faut le voir pour le croire. Il faut l’entendre pour y adhérer.

Avant de nous quitter et de nous laisser sur notre petit nuage enchanté, elle nous a offert deux dernières chansons. Seule petite déception, elle n’a pas joué ma pièce favorite, soit St Jude, mais ce n’est que partie remise… Tout d’abord, avec la plus que connue What Kind of Man, sur laquelle elle a tout donné en se jetant au sol à plusieurs occasions. Nous pouvions même entendre les bruits des gifles qu’elle s’administrait au visage sous le coup de l’émotion. Finalement, elle a terminé son miracle sur Drumming Song, accompagnée des percussions et de l’ovation du public, prêts à se soumettre à une nouvelle religion baptisée Florence and the Machine.

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