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Je hais Noël

Par Anne-Sophie Roy – le dans Chroniques

À Noël, tout le monde s’aime, tout le monde se frenche en dessous du gui et c’est ben cute. C’est aussi à ce moment de l’année où je me sens le plus seule. Tous les travaux remis, les examens et les déboires de fin de session complétés, je me retrouve face à moi-même.

Source : media.yeutretho.com
Source : media.yeutretho.com

Autour de la table au réveillon, matante chose retourne le couteau dans la plaie en lançant à l’improviste : «T’as toujours pas de petit chum? Une belle fille intelligente comme toi…». Ben voilà. Une belle grosse médaille pour l’absence de tact. Le moton collé ben comme il faut dans gorge, j’ai pas le choix d’avaler ma bouchée de tourtière fumante dans le temps de le dire et de lui adresser un sourire niais. Bien que je devrais prendre ce genre de commentaire comme du small talk en bonne et due forme, ça vient me chercher plus que ça. Ça éveille en moi de vieux démons de jalousie envers mes cousins et cousines assis un peu plus loin en couple depuis fucking mille ans. Mais tsé, c’est pas grave matante. Prochaine fois, si je n’arrive pas accompagnée comme les autres, prends en considération que j’ai seulement un chat et que ça s’arrête là, pousse pas plus loin.

Source : goldenandspenticton.com
Source : goldenandspenticton.com

Noël, c’est aussi les centres d’achats. L’endroit le plus paradoxal sur terre : c’est beau, ça brille de partout, Santa Baby joue à tue-tête et si tu fermes les yeux, tu pourrais quasiment imaginer les reines du Père Noël et les fées des glaces t’effleurer le bout des doigts. En fait si tu ouvres les yeux, c’est plutôt des enfants qui hurlent leur impatience, des parents exaspérés, des magasins surpeuplés d’humains assoifés de consommation. En gros, c’est juste dégueulasse.

Source : merrychristmaswishes2015.net
Source : merrychristmaswishes2015.net

Il y a une grande part de mon esprit rabat-joie qui provient de mon ancien emploi en service à la clientèle. J’y ai travaillé pendant quatre fantastiques temps des fêtes et j’en aurais pas fait un de plus. Toute bonne chose a une fin, n’est-ce pas? (Not).  Si la magie des fêtes existe, elle s’arrête visiblement aux portes des magasins. Dans les commerces, c’est d’un chaos sans nom. Ce que j’adorais, c’était répéter à voix haute certaines choses à mes collègues en grimaçant puisque Petit Papa Noël jouait trop fort. Ce que j’adorais surtout, c’était de souhaiter Joyeux Noël aux employés le 24 décembre vers 18h, pour se revoir le 26 au matin. L’accalmie était beaucoup trop courte entre les deux. Profiter de Noël, ça n’était pas monnaie courante pour des vendeuses comme moi.

En y pensant bien, ce qui rend ce temps de réjouissances si peu mémorable pour moi, c’est le peu de temps passé avec ma famille. Le peu de famille tout court. Noël, dans les histoires et dans les films, tu es entouré des tiens autour d’une dinde et d’un beau sapin bien mis pour l’occasion. Chez moi, ça a rien d’un film (d’autant plus qu’il n’y a pas une once de neige à l’extérieur un 14 décembre, c’est à devenir parano). Calée dans le fauteuil, j’écoute Casse-Noisette avec mon casque d’écoute les yeux fermés près du foyer et je me fais croire que Noël est la plus belle journée de l’année.

C’est alors qu’une solution me vient à l’esprit:

Le jour où je cesserai de me faire des attentes envers la fête de Noël, je serai heureuse. Enfin.

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