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Rouge Mékong: voyage immersif + entrevue avec Guillaume Arseneault

Par Raphaelle Dubé – le dans Divertissement

Êtes-vous voyeur ou exhibitionniste?

C’est l’une des plusieurs interrogations que le spectacle immersif Rouge Mékong réussit à nous soutirer. Entre la réalité et la fiction, la performance et la projection, le spectacle Rouge Mékong déstabilisera l’idée que nous avons des spectacles habituels.

On nous présente Sarah Lebovitz, une femme mystérieuse, amoureuse de voyage, de poésie, de photographie et de musique. Artiste accomplie, elle nous raconte les hauts et les bas de l’amour, mais plus important, la connaissance de soi à tavers nos expériences.

Source: Facebook Sarah Lebovitz
Kseniya Chernyshova dans Rouge Mékong – Source: Facebook Sarah Lebovitz

Présenté pour la première fois à la Société des Arts Technologiques en 2013 dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma, Rouge Mékong a évolué pendant plusieurs années afin de devenir ce qu’il est.

C’est entre les murs du centre Oboro que l’idée originale de Françoise Lavoie-Pilote, réalisatrice du projet, a grandi. En 2011 prend forme le projet Océan MOTEL, une chambre de motel interactive où le public contrôle totalement son expérience.

Avec l’aide de Marc-André Baril, Daryl Hubert, Guillaume Arseneault, Aude Beauchamp-Bourdeau, Isabelle Caron, Mathieu Cloutier et Sarah-Septembre, nait le Collectif Lebotivz, un collectif qui a vu le jour dans l’intention de pousser le projet Océan MOTEL à un autre niveau.

Source: Facebook Sarah Lebovitz
Le dôme: Projections sur 360° Source: Facebook Sarah Lebovitz

C’est ce que me raconte Guillaume Arseneault, artisan numérique transmédiatique, qui a répondu à mes points d’interrogation concernant l’exposition. Présentement concepteur interactif chez Artificiel et bachelier de l’Université du Québec à Montréal en médias interactifs, Guillaume Arseneault a d’abord participé sur Océan MOTEL comme ingénieur de son. Le projet s’est propulsé et il a embarqué dans l’aventure.


Comment est né le projet?

Ça nous a pris une année complète de re-scénarisation et de «dômification» avant d’entrer en production. On se rencontrait une fois à chaque deux semaines pour parler de scénarisation. On s’est posé toutes les questions concernant Sarah et le projet: où, quand, comment, pourquoi? Nous avons fait une résidence artistique chez Artificiel de deux semaines afin de finaliser la programmation et l’intégration des objets les uns par rapport aux autres.

Quel était ton implication dans le projet?

Mon travail sur Rouge Mékong concernait surtout la dynamique de show-control. Communiquer des états aux objets, les orchestrer et créer les logiciels y compris la vidéo de la SAT, le son, et les spécificités de chacun des objets. Il a fallu inventer un paradigme de programmation, car les logiciels ne sont pas fait pour faire ça. Après une année de scénarisation, il nous a fallu l’équivalent d’une semaine de montage dans le dôme de la SAT.

Comment fonctionne la mécanique du spectacle?

C’est un peu comme une automation de maison, mais sur le crack et sur les stéroïdes. Il y a beaucoup de paramètres individuels qui sont reliés à des instruments totalement différents. Certains objets ont une incidence, à un moment donné ou à un autre, sur la projection et ont une influence sur la temporalité narrative globale. Certains n’en ont pas.

Nous avons fait une installation qui est presque, à proprement dit, in situ pour le dôme de la SAT. Où peut-on brancher des choses sans qu’il n’y ait de fils qui passent de bord en bord? On tenait au maximum à ce que la technique soit inexistante, transparente, pour que ça ne soit pas là-dessus que le regard se tourne. C’est un spectacle qui utilise beaucoup l’électronique, il y a beaucoup de technologies impliquées, mais ce n’est pas un show dont la technologie est le propos.

Alors quel est le propos?

C’est de faire vivre une expérience sensible, de vraiment propulser l’immersion à un autre niveau. Le but étant que la navigation libre soit facilitée par la technologie et non le contraire. Nous voulons donner un sentiment d’immersion quasiment magique.

Il y avait un désir réellement profond, étant donné que nous sommes quatre dans le collectif, qui venait de l’interactivité, de raconter des histoires d’une manière différente. La dimension linéaire nous faisait tous un peu «chier». Dans Rouge Mékong, on a dû intégrer la linéarité parce que la base du projet, Océan MOTEL, est un projet non linéaire. Tout ça dans l’objectif de faire un show qui a une durée, un début et une fin.

Est-ce que tout le monde vit la même expérience?

Ce qui est vraiment fascinant dans Rouge Mékong, c’est le déplacement de foule et le déplacement de point de focus. Personne n’a la même expérience et c’est justement l’objectif.

Le projet se distancie d’une pièce de théâtre ou même du cinéma où le choix de ta place est déterminant de l’expérience que tu vas vivre. Tu choisis une place, mais tu es aussi immobile à l’intérieur de cette place. On ne voulait pas aller dans l’immobilité parce que les sens sont constamment en train de s’adapter. Le fait d’être debout dans le dôme et d’être en libre déplacement et de changer constamment de point de foyer, de point de focus, d’être en contre-point, cela fait en sorte d’accentuer la déstabilisation de l’espace.

On sort du conventionnel. On est à mi-chemin entre les installations interactives, le film linéaire, la perspective théâtralisant de l’objet où les gens et la libre navigation sont les enjeux critiques. C’est toi qui décides de ton expérience.

Qui est le spectateur idéal?

Il n’y a pas de spectateur idéal. C’est la diversité des spectateurs qui crée l’expérience. À un certain moment, personne ne sait qui fait partie du spectacle ou non. Il y a des gens qui sont naturellement plus actifs et d’autres plus passifs. C’est cette dynamique là qui est importante.

Ça prend des gens moins actifs qui observent les gens plus actifs parce qu’il y cette dimension entre l’exhibitionniste et le voyeurisme. La manière dont tu t’exprimes dans cet environnement là, c’est là-dessus que tourne le show. On te donne accès à ces objets intimes de Sarah Lebovitz. Les personnes un peu plus voyeuses deviennent exhibitionnistes, car elles se montrent en train de fouiller… cela crée un sentiment d’apprentissage par réciprocité et par imitation. Ça prend des observateurs et des intéracteurs. Ce qui est vraiment bien, c’est quand on n’a pas peur d’être debout. Ça te permet de changer ton point de vue. Tout le monde est à la fois un peu performeur, voyeur et observateur.

Le coffre rouge Source: Facebook Sarah Lebovitz
Le coffre rouge Source: Facebook Sarah Lebovitz

Pourquoi avoir raconté Rouge Mékong de cette façon?

L’expérience devient vraiment transmédiatique. On utilise plusieurs médias pour raconter une situation et, de cette situation, les gens trouvent leurs réponses, mais ça leur fait davantage poser de questions. Je crois que si on arrêtait de se questionner on serait peut-être mort.

Je suis tellement content quand les gens me racontent que ça les a troublés. En tant qu’auteur, ou artisan de la technologie, ça vient me chercher et je me dis: je ne fais pas ça dans le vide. C’est ma satisfaction quand les gens me disent qu’ils sont touchés.

Quand on dit : vivre d’amour et d’eau fraîche, eh bien moi ça serait peut-être juste d’amour. Il y a des gens touchés par ça et des gens qui se retrouvent là-dedans et qui se posent des questions. Ça, c’est ma paie.


En espérant voir plus de projets du Collectif Lebovitz, je vous laisse découvrir les mystères entourant Rouge Mékong par vous-même. Les prochaines représentations sont du 14 au 16 avril à raison de deux représentations par jour, soit 19h00 et 20h15. Pour vous donner encore plus le goût, voici le teaser officiel.

Pour vivre l’expérience unique de Rouge Mékong, on visite la SAT et on peut même acheter les billets en ligne ici -> SAT- Billets
Pour découvrir Sarah Lebovitz c’est sur son Facebook
Pour plus d’informations, visitez le site officiel de Rouge Mékong

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