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Entrevue avec l’auteure de la pièce de théâtre Clay

Par Marilyn Claveau – le dans Divertissement

« À croire qu’on n’a pas tout, même quand on a tout! » – Clay

C’est Noël. Le temps des réjouissances en famille et entre amis est enfin arrivé. Les millions de cadeaux sont offerts aux nouveaux enfants rois. Mais malgré la musique, l’argent, l’amour, la drogue, Clay angoisse. Clay est le personnage principal. Il est le spectateur qui regarde la fête. Clay est représenté par le public dans cette histoire.

C’est l’ambiance des fêtes qui enivre les spectateurs. Boire et danser dans un grand loft du Vieux-Montréal. C’est ce à quoi on doit s’attendre en allant voir cette pièce. Un spectacle qui est bien loin d’être du théâtre conventionnel. Un drame qui se vit plus qu’il ne se raconte.

Carolane Desmarteaux, auteure et metteure en scène de la pièce Clay, a bien voulu répondre à quelques questions malgré son horaire chargé. Nous nous sommes entretenues sur Facebook, plateforme représentative de notre époque.

Quelles sont tes qualifications? Études?

J’ai un DEC en arts et lettres, profil théâtre. Je me suis par la suite formée à droite et à gauche avec Danielle Fichaud, Omnibus, etc. J’ai fait de la voix, mais surtout du corps. Ça m’a permis d’enlever l’importance que je donnais aux mots en tant que comédienne.

Quand as-tu commencé à écrire? Quelles étaient tes aspirations?

J’ai commencé à écrire très jeune, je devais avoir onze ans et je n’avais lu que Harry Potter et Émile Nelligan. J’ai écrit un recueil de poésie qui n’a pas été publié. Mais à ce moment, j’avais eu des échanges très intéressants avec l’éditeur (Joey Cornu) et une journaliste intéressée. Ça a dû me donner le courage de continuer, l’impression que c’était une chose possible; écrire.

Tu as utilisé une manière originale de promouvoir ta pièce. Peux-tu nous en parler?

La première ressource sensible était un roman de Bret Easton Ellis. Celui-ci s’ancre dans les années 80, et pourtant il fait écho à un malaise que je ressens en société. C’est comme un résidu d’adolescence qui perdure chez toutes les générations.

On s’est rapidement posé la question de la temporalité. Qu’est-ce qui serait différent si c’était notre génération qui était mise en scène? La fracture est évidente. Toutes les différences reposent sur l’apparition des médias sociaux ; la difficulté de communiquer, la manière dont le mode de vie des jeunes repose sur l’image qu’ils en créent et sur ce qu’ils ressentent réellement. Tout prenait une valeur différente aux yeux du siècle présent.

Je dis « fracture ». Mais ça n’a pas séparé les choses en fait, ça les a rapprochées. 
On n’a pas changé, on est les enfants de cette génération décrite par Ellis. Et en plus d’avoir hérité de leur malaise, on est entré dans le monde des adultes en ayant 800 amis en un clic, en recevant l’amour et l’attention de nos pairs. Tout ça en se basant sur notre capacité à attirer les likes.

Voilà ce qu’on devait mettre en scène. Et pour être cohérent, j’ai voulu que les personnages existent en dehors du cadre de représentation, qu’ils puissent rejoindre le public avant d’exister par des mots que j’allais écrire. C’est ce qui est arrivé, grâce à l’aide de Guillaume Laurier. Puis, ils ont commencé à vivre. À avoir des amis, des échanges entre eux, puis avec des vraies personnes. Des gens qui savaient que ce n’était pas réel. Et Facebook étant le plus grand théâtre accessible, on aurait pu en faire une œuvre en soi.

Clay

Tiré de la page Facebook de Trent Famest, personnage de la pièce de théâtre.

Comment se sont passées les auditions et le choix de ton équipe?

Il y a deux ans, Jérémie Pratte m’a demandé d’écrire un spectacle dans lequel il pourrait jouer. C’est lui qui m’a choisie, pas l’inverse.
 Je me suis entourée d’acteurs talentueux et quelques-uns étaient les visages pour lesquels j’avais écrit des mots. Ils ont accepté de se joindre au projet.

Puis, les deux acteurs qui me manquaient m’ont été recommandés par le reste de l’équipe. Deux magnifiques rencontres.

L’équipe de scénographie est constituée de finissantes de l’UQAM que je connaissais. Leur intérêt au théâtre étant de questionner la place du public, nous nous sommes rapidement entendues sur ce qui devait servir Clay.

As-tu songé à abandonner à un moment ou un autre?

Je suis mésadaptée face à ma propre survie. Moins ça va, plus je suis productive.

Je n’ai plus beaucoup dormi dans les dernières semaines. J’ai accumulé les heures auprès de mes deux employeurs en plus de diriger la production et la mise en scène.

Mais à l’approche de l’entrée en salle, je peux le dire : tout a été assez exigeant pour me donner envie de m’en aller en courant, puis je n’ai pas eu le temps de partir. Ha ha! Je n’avais plus le temps de faire demi-tour.

Y a-t-il des personnes dont le soutien a été particulièrement marquant dans ton parcours?

Martine Laliberté est la marraine du projet auprès des jeunes volontaires et ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre qu’elle. C’est une femme de théâtre que je respecte grandement et dont l’opinion m’importe, bien qu’on n’attende pas la même chose d’un même art.

Mes petites sœurs habitent en haut de chez moi. Ce sont elles qui m’ont ramassées, les soirs de déprime, de paperasse, d’écoeurantite, de gestion du monde! Elles m’ont nourrie et flattée. Ha ha!

Es-tu nerveuse en vue de la première?

Nerveuse, mais pas terrifiée. Pas encore.

Est-ce que l’usage du 2.0 est présent dans le spectacle?

Ça m’a habité tout au long de la création. Si on n’a pas changé l’histoire en fonction des médias sociaux, je crois que c’est la forme qui rappellera le plus cet aspect de nos vies.

Il était important pour moi que, d’une part, tout se passe rapidement. Parfois avec de la musique, des voix superposées, l’échange entre les acteurs. Le choix pour les spectateurs de regarder ou pas, de suivre une action… ou l’accident de ne pas la voir passer.

Évidemment, on parle de drogue, comme la cocaïne.

Mais aussi, ce rythme, cette scène au milieu de laquelle se trouvera le spectateur, c’est le rythme qu’on a sur Internet, quand on fait nos devoirs sur une page, qu’on suit Facebook, qu’on magasine en ligne et qu’on se booke un voyage en attendant que le film à écouter finisse de télécharger.
Voilà le temps dans l’espace comme je le conçois dans mon théâtre.

Pour l’achat des billets, c’est ici ou sur l’affiche.

clay

Si vous voulez prendre part au projet et suivre les personnages sur Facebook, voilà les liens.

Blair : https://www.facebook.com/blair.ltz?fref=ts

Trent : https://www.facebook.com/trent.ltz?fref=ts

Julian : https://www.facebook.com/julian.ltz.7?fref=ts

Kim: https://www.facebook.com/kim.ltz.7?fref=ts

Rip: https://www.facebook.com/profile.php?id=100008342914603&fref=ts

Muriel: https://www.facebook.com/profile.php?id=100008309897184&fref=ts

 

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