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Annabelle, la cousine éloignée de The Conjuring

Par Nerds – le dans Divertissement

Annabelle, la cousine éloignée de The Conjuring

La promotion d’Annabelle promettait que ce film hériterait de la recette valant tant d’éloges à son prédécesseur The Conjuring, le film d’horreur/suspense sur le couple Warren. Et on y croyait!

L’histoire est simple et prometteuse. Les Warrens enquêtent sur une poupée maléfique détenue par deux jeunes infirmières et le film nous présente l’origine de ce démon de chiffon.

Annabelle-Movie

Un couple de jeunes mariés dont la femme attend un enfant et l’homme est résident en médecine entre en possession d’une poupée de collection. À la suite d’un drame meurtrier, relevant d’un rituel satanique, la poupée devient possédée par un être démoniaque. Des évènements surnaturels se produisent ensuite et poursuivent le couple et leur progéniture espérant pouvoir prendre possession de l’âme de la petite Léa. Sachant que cette poupée est désormais mythique, on peut se douter de la finale, mais les éléments d’une bonne histoire sont tous présents. On voulait tous y croire! On taisait le doute; on voulait tous y croire!

La preuve: les spectateurs dans cette salle comble semblent tous excités d’avoir la foi, criant presque les uns par-dessus les autres, affirmant détenir le meilleur moment du film précédent. Plusieurs se remémorent les moments de stress, de peur, de suspense si bien réalisé par James Wan, à un point tel qu’une personne ne l’ayant jamais vu pourrait le raconter sans problème. La fille à mes côtés m’avoue que c’est The Conjuring qui l’a réconciliée avec les films d’horreur modernes. J’admets que je fus moi-même désabusé par ce genre dans les dernières années, mais que Insidious et The Conjuring furent deux bons baumes.

À ce moment, le voisin, un monsieur d’une cinquantaine d’années, m’ayant demandé plus tôt si j’étais critique de cinéma me voyant écrire mes notes d’avant-visionnement, se mêle à la conversation. Il me regarde droit dans les yeux et me demande s’il n’y a pas un seul genre auquel ma génération n’est pas désabusée. Je reste estomaqué et avant que je ne réponde quoi que ce soit il demande à ma consœur de lui mentionner un seul genre cinématographique qui l’excite encore autant qu’à son adolescence. Sans attendre nos réponses, il se retourne vers sa femme reprenant sa propre discussion. Surpris, je tape sur l’épaule de l’homme, lui disant tout bonnement qu’il ne peut pas nous « planter » ainsi après nous avoir lancé une telle grenade! C’est sa femme qui me répond en lançant cyniquement : « À quoi bon nier l’évidence? Vous êtes juste bons à ça, chialer, à votre âge. On gage tu que tu vas dénigrer le film dans ta critique? »

Je me suis esclaffé me croyant, pendant trente secondes, dans un épisode des Détestables! Comme quoi la réalité dépasse parfois la fiction! Le pire dans toute cette histoire, c’est qu’elle a gagné son pari, la détestable, mais je ne lui ai pas fait la joie de le lui dire!

Ce film n’est ni une suite, ni véritablement un spin off à mon sens, c’est une opportunité financière vue par la production et très mal gérée! Si je compare les deux films à une famille, Annabelle est plutôt une petite cousine bien éloignée, profitant du succès de son nom de famille, afin d’être popularisée et propulsée au sommet sans véritablement être en mesure de livrer la performance à la hauteur de son pushing! Avec James Wan comme producteur confiant les rênes à son directeur photo pour la réalisation, on comprend la populace d’avoir cru aux liens de sang jusqu’à la dernière minute.

Je modère tout de même un peu mes propos. Le film n’est pas un échec cuisant et total non plus. Il reste un divertissement acceptable. Simplement, je me demande si la production ne s’est pas, un peu, assise sur ses lauriers, à la suite de son succès précédent. Le film de seulement quatre-vingt-dix minutes traîne en longueur pendant sa première demi-heure. L’introduction du petit couple parfait et l’explication des circonstances du drame amenant à la possession de la poupée durent presque tout le premier tiers de ce film et auraient pu être diminuées de moitié. De plus, dans cette partie du film plus particulièrement, le jeu des acteurs est très peu crédible, surtout chez John, joué par Ward Horton. Il faut mentionner, à sa défense, que le scénario et les dialogues tombent parfois dans la facilité et le cliché, et n’auraient certainement pas inspiré les plus grands acteurs de notre époque.

Par chance, ce n’est pas lui qui porte le reste du film sur ses épaules, mais sa compagne de jeu livrant une performance bien acceptable surtout lors des scènes de frousses et de poursuites. On croit à sa détresse. La trame sonore de ce film est également l’une de ses plus grandes réussites. Assez énervante pour nous tenir en haleine, et ce, même lorsqu’il n’y a aucun punch à la séquence. La trame est parfois un brin trop forte, mais il faut bien tenter le tout pour le tout pour d’augmenter le niveau de stress du spectateur, et cela fonctionne bien. Les trente dernières minutes du film nous réconcilient tout de même avec la globalité de l’œuvre et réussissent à nous faire sursauter quelques fois.

Somme toute, Annabelle est un bon film d’horreur pour les fanatiques. Il y a eu bien pire comme œuvre dans ce genre cinématographique, mais il peut sans le moindre remords attendre sa sortie en DVD avant d’être consommé.

Par Nicolas Bourgeois
Collaborateur spontané

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