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Le cinéma, qu’ossa donne? Le petit guide pour mieux comprendre les films. (2)

Par Hugo Cournoyer – le dans Divertissement
Tu regardes des films. Tu regardes des séries. Tes connaissances théoriques en analyse cinématographique sont limitées, mais tu aimerais quand même participer aux discussions de tes trois amis hipsters qui parlent toujours d’art et de politique? Cette série est pour toi.

Aujourd’hui, la métaphore.

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Une question se pose souvent quand on regarde un film : « mais quossé qu’ça voulait dire ? » On cherche souvent une signification, une interprétation, un sens au film. La raison est simple : un film, c’est une immense figure de style. Un film remplace une émotion, des mots et des sentiments par des images. Quand on y pense, un film, ce n’est qu’une série de photos projetées à haute vitesse. 24 à 30 images par seconde. Un film, ce n’est jamais une réalité. C’est toujours un mélange de plusieurs figures de style, souvent empruntées de la littérature, et dont sa forme la plus courante est la métaphore.
En ce sens, certaines conventions sont nées avec le temps. Ces conventions, on les appelle souvent le langage cinématographique. Par exemple, placer la caméra en plongée sur un personnage le rendra faible et vulnérable. Au contraire, en contre-plongée, le personnage aura l’air imposant. C’est d’ailleurs pour ça que tous les Tom Cruise et Sylvester Stallone de ce monde ont l’air de mesurer plus de 4 pieds 9 dans leurs films. C’est la contre-plongée, mofos.

Ceci dit, vous comprendrez que le langage cinématographique est toujours inclus dans un contexte, celui du film, de l’histoire, etc. Un gros plan dans telle scène de tel film peut signifier l’inverse de ce qu’il voulait dire dans un autre. Par contre, ces choix ne sont jamais arrivés « par hasard ». Chaque mot, chaque plan, chaque costume, le montage, l’éclairage, à un moment ou à un autre, une décision a été prise, pour tout. Du coup, si le cinéaste décide de faire un plan large à tel moment, même inconsciemment, ce sera pour dépeindre le mieux possible un personnage ou une situation et donner un indice sur la suite du récit.

Ainsi, plus vous regarderez des films et porterez attention à ce genre de détail, plus vous serez en mesure de véritablement comprendre ce qui se passe (et ce qui se passera) dans le film. Les métaphores ne deviendront plus des procédés bizarres que vous ne comprenez pas, mais des attributs spécifiques des histoires qui vous sont racontées. Bien sûr, ça prend du temps avant de bien décoder tout ça. Il faut voir et revoir ses films préférés. Mais une fois que vous serez à l’aise, cela vous amènera vraiment ailleurs quand vous écouterez un film.

À titre d’exemple, prenons Un prophète. Je pourrais prendre des milliers d’exemples, mais je choisis celui-là parce que je dois bien en prendre un, et que c’est un de mes films préférés et certainement mon film français préféré. Lors de la toute première scène de ce film, qui se déroule dans une prison, on commence avec un écran noir, des voix lointaines, des cris, puis on voit le personnage à travers une petite ouverture, comme si quelque chose couvrait la lentille de la caméra, comme si on regardait par un trou. On comprendra plus tard qu’on assistait en fait à la naissance – métaphorique – du personnage principal, comme s’il sortait du ventre de sa mère. Ceci rend le reste du récit encore plus riche, puisqu’on comprend que le film, c’est la vie entière (métaphorique, encore une fois) du personnage, annonçant donc la mort du personnage à la fin du film. Et là je vous entends : « woh woh, la naissance… c’est toi qui vois ça ! » Pourtant, à peine quelques minutes plus tard, des dialogues viendront confirmer cette théorie qui veut que le personnage « n’existait pas » (symboliquement parlant) avant le début du récit, et qu’il n’existera plus après :

– Vous avez quelqu’un dehors ?
– Non, chef.
– Vous avez personne pour vous envoyer de l’argent ?
– Non, chef.
– Et ici, à l’interne, vous connaissez du monde, amis, ennemis ?
– Personne, chef.
[…]
– Vous êtes pratiquant ?
– Quoi ?
– Votre religion. Vous voulez assister à la prière ? Vous avez un régime alimentaire spécifique ?
– Non, rien de spécial, chef.

Et plus tard, on apprend qu’il ne sait pas lire, et voici la discussion qu’il a avec un professeur :
– Le français, c’est ta langue maternelle ? Tu parlais quoi avec tes parents, le français, l’arabe…
– Je sais pas, j’étais pas avec eux.
– La langue que t’as parlé en premier, c’était le français ou l’arabe ?
– Les deux.

La question, maintenant, n’est pas de savoir si le personnage va mourir à la fin, mais de savoir quelle forme sa mort va prendre. Va-t-il mourir physiquement, symboliquement, psychologiquement ? Pour y répondre, je vous invite donc à revoir, mais surtout à voir si vous n’avez jamais vu, le film Un prophète, et à sincèrement vous poser la question pendant le générique de fin : mon expérience a-t-elle été enrichie par le texte que vous venez de lire ?

Pour lire la première partie, c’est ici.

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