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Ponctuer sa vie autrement

Par Roxane Chouinard – le dans Bien-être, Santé

J’réfléchis au titre de cet article pis quelque chose me gosse: je vois «tuer» dans le verbe «ponctuer». Un point qui tue le débit d’une parole. Un point final que bien des gens ont choisi de mettre à leur vie.

Et, depuis peu, y’en a d’autres qui se font tatouer un point-virgule au poignet pour signifier qu’ils ont décidé de continuer d’écrire le reste de leur histoire.

source: weekend.levif.be
source: weekend.levif.be

On va se l’avouer en partant: oui, ce tatouage est une mode. Sauf que sa signification n’est pas à prendre à la légère. Le «Semicolon Project»  a débuté en 2013 avec le tatou in memoriam d’une fille pour son père qui s’est enlevé la vie. Le point-virgule symbolise un nouveau départ qu’on s’est donné après avoir frôlé le suicide à cause de la dépression, l’automutilation ou la toxicomanie. Ce mouvement populaire, à but non lucratif, est basé sur la confession, il vise à encourager, à aimer et à inspirer.

On aurait préféré voir ce tatouage-là sur la peau de Dédé Fortin, de Kurt Cobain pis de certaines personnes qu’on a connues à la place de les voir foutre le camp de leur existence. Le rejet, l’intimidation, un oeil au beurre noir, une poignée de porte, des lacets de souliers pis neuf bougies sur un gâteau de fête: un flash-back lointain parmi tant d’autres qui me donne envie d’avoir mon point-virgule, moi avec.

source: embed.ly
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Ponctuer sa vie autrement. Faire différent des pages noircies de son passé une fois pour toutes. Remplir sa vie avec des points d’interrogation suivis d’une réponse joyeusement ornée de points d’exclamation. Y parsemer une coupe de virgules ici et là pour reprendre son souffle, équilibrer le tout, à son rythme, en se foutant ben raide de la syntaxe.

Se donner le droit d’y mettre des points de suspension juste pour avoir conscience de vivre et prendre un break de sa pensée mentale qui cherche toujours ses mots en bégayant. Oublier d’ajouter à travers ses propres phrases les histoires entre parenthèses de ceux qu’on aime et conserver précieusement leurs voix entre guillemets, juste pour se les relire quand le sourire est absent de notre visage.

Tout sauf un point plate qui tait notre discours intérieur pis le crisser dans les dents de notre mal-être, s’il se pointe, au pire. Lâcher son encre noire pour illustrer son histoire en pigeant des couleurs randoms dans sa boite de crayons Prismacolor. Pis garder les marges de nos pages pour s’y vider de nos frustrations agglutinées sur notre plexus solaire.

source:liberateatre. blogspot.com
source:liberateatre. blogspot.com

On va régler une chose tant qu’à parler de défoulement: se plaindre, c’est humain, et ce, même si y’a des existences mille fois pires que la nôtre! Mais, socialement, sortir son malheur c’pas beau pis ça prend trop de place. Les gens n’aiment pas ça, les larmes; ça fait malade. Pour mon dire, voir quelqu’un qui est en tabarnak lorsqu’une merde survient, ça me rassure ben plus qu’une personne au regard fixe, plongé dans son mutisme et qui menace d’imploser à tout moment.

Pour ne pas songer à passer l’arme à gauche, il faut prendre soin de soi-même. Une chose pas mal plus complexe que de faire une détox au jus vert, de s’exfolier la face et de faire son 30 minutes de work-out par jour. S’écouter, apprendre à se connaître et dealer avec nos pulsions autodestructrices, c’est l’ouvrage d’une vie.

Avec le temps, on vieillit pis on se rend compte que d’avoir mal au cœur (au sens profond du terme), c’est ben pire que de piouker son jus d’orange du matin par le nez dans un autobus scolaire rempli de kids qui te garrochent des cochonneries par la tête. Quand quelque chose ou quelqu’un nous fait déraper, on doit panser nos plaies, arrêter de tourner le fer dedans, rembarquer sur notre bécik pis retourner chez soi sans l’aide de personne, des fois.

Mais le plus important, c’est de ne pas retourner la violence contre nous-mêmes une fois rendu à la maison, même si on a beaucoup de peine.

source: images.lpcdn.ca
source: images.lpcdn.ca

Si tu ne vois plus l’boute à tes souffrances, que tu ne crois plus finir de parvenir d’être parvenu à de quoi et que la vie ne te parle plus, tu as encore le pouvoir de sortir de ton calvaire par une autre porte que celle avec le gros EXIT qui brille dans le noir. La porte qui ne s’ouvre pas sur le néant te ramène au milieu des pages blanches de ton histoire inachevée. Et tu réalises que rien ne t’empêche d’écrire le reste à ta manière. Dans un moment d’euphorie, tu reprends goût à la vie pis tu dessines un gros point-virgule pour introduire ton nouveau chapitre.

source: kccales.fr
source: kccales.fr

Pour vous aider à vous sortir du mood un peu deep de mon article, chers lectrices et lecteurs, et parce que j’aime par-dessus tout déconner dans la vie (à part quand j’suis une grande chiâleuse et une grosse braillarde), je vous laisse sur ce magnifique vidéo des Denis Drolet qui me fait ben rire quand je feel dépress!

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