All time Branchez-vous Branche Toi BetterBe Nerds Carrières

« Je ne sortirais pas avec un bisexuel »

Par Nerds – le dans Sexe

« Je ne sortirais pas avec un bisexuel ». C’est quelque chose que j’entends souvent et que je ne comprends pas. « Je n’ai rien contre les bisexuels », corrigent-ils pourtant. Mais non. Rejeter tout un groupe de personnes sans savoir réellement qui ils sont, c’est faire preuve de paresse intellectuelle.

87634738
source: thinkstockphoto.fr

Veuillez noter qu’afin d’alléger le texte, le masculin (il, un) est utilisé pour désigner une personne bisexuelle. De plus, les exemples s’appliquent aux deux sexes.

Selon une étude nationale française menée par Act Up, Bi’cause et SOS Homophobie, près de 40% des gens disent ne pas envisager une relation de longue durée avec une personne bisexuelle. Mon but n’est pas de dire que tous ceux mal à l’aise avec la bisexualité sont de « mauvaises personnes ». Au contraire, j’ai été curieuse de comprendre pourquoi plusieurs ne voudraient pas sortir avec un bisexuel. Et les résultats ne m’ont souvent pas montré une discrimination intentionnelle, mais plutôt une incompréhension face au sujet. Démystifions plusieurs de ces préjugés aux côtés de François Renaud, sexologue.

« S’il s’intéresse autant aux hommes qu’aux femmes, une relation avec une femme seulement ne réussira pas à le satisfaire et il ira voir ailleurs. »

Il ne faut pas généraliser un aspect présent chez certaines personnes en laissant croire que tous les bisexuels agissent de cette façon. Comme le dit François Renaud : « Il est vrai que certains bisexuels ont besoin des deux sexes. Ils veulent à la fois ce qu’ils peuvent retrouver chez un homme et ce qu’ils peuvent retrouver chez une femme. Ils vont donc dire à leur partenaire qu’ils ont besoin des deux. Un partenaire pourra les satisfaire amoureusement et sexuellement alors que la personne bisexuelle ira en voir une autre pour se satisfaire sexuellement et/ou amoureusement. D’autres choisissent un des deux sexes pour faire leur vie et sont bien comme cela. » Également, ce n’est pas parce que vous sortez avec un bisexuel que vous courez plus de risques d’être trompé. « Même dans un couple hétérosexuel il peut arriver qu’un des partenaires ait besoin d’aller voir ailleurs, cela ne concerne pas seulement les bisexuels. » L’infidélité n’est jamais garantie chez qui que ce soit, et une chose est sûre : cela ne dépend pas de l’orientation sexuelle.

« Ça me dégoute qu’il ait pu faire des trucs avec un autre gars. »

Le problème n’est souvent pas que la personne soit bisexuelle, mais que cette étiquette sur son orientation sexuelle prenne tellement de place qu’on se sente forcé de l’imaginer en action. Lorsqu’on sait que quelqu’un est hétérosexuel, on ne prend (normalement) pas la peine de l’imaginer en plein ébat. Alors nous n’avons pas besoin de ne voir ceux qui ont une orientation sexuelle « marginale » seulement selon leur sexualité. Ce n’est probablement pas la seule chose qu’ils font de leur vie.

« Je veux un homme, un vrai. »

M. Renaud le confirme : « Les bisexuels, et homosexuels, ne sont pas tous efféminés. Il existe en fait différentes catégories d’hommes homosexuels, par exemple les « bears » qui sont très virils. En fait, plusieurs homosexuels disent qu’ils n’aiment pas vraiment les hommes efféminés, ils recherchent eux aussi un partenaire plus masculin. » Encore une fois, ce n’est pas en vous intéressant plutôt uniquement aux hétérosexuels que vous éviterez d’avoir un partenaire moins viril : « Certains hétéros sont très efféminés eux aussi ». Pourquoi les bisexuels et les homosexuels sont-ils alors perçus comme moins masculins que ceux qui se considèrent plutôt comme hétérosexuels? Notre sexologue a une théorie : « Certains homosexuels se permettent d’être plus efféminés puisqu’ils considèrent qu’en étant ouvertement gais, ils peuvent bien plus assumer leur féminité et avoir moins ‘peur’ de l’afficher. Ils s’assument bien plus tels qu’ils sont et n’ont pas peur d’assumer la part de féminité qui peut faire partie d’eux. Les ‘straights’ se ‘watchent’ plus. » Ainsi, ce n’est pas parce que les hétérosexuels se montrent comme étant plus virils, de peur de se faire juger, qu’ils le sont vraiment au fond d’eux. Quant à moi, je m’intéresse bien plus à des personnes fidèles à elles-mêmes qui n’ont pas peur d’être qui elles sont. Assumer qui on est peut souvent être un plus grand signe de force et de courage, ce qui fait de quelqu’un un « vrai » homme (ou femme).

« En plus du risque qu’il s’intéresse à une autre fille, il risque aussi de s’intéresser à un autre gars. Ça m’inquiète trop, je serai deux fois plus jalouse. »

Tu es hétérosexuel(le) et tu ne sautes pas sur toutes les personnes du sexe opposé qui croisent ton chemin. C’est la même chose pour les bisexuels. Ce n’est pas parce qu’ils peuvent être attirés par des hommes et des femmes qu’ils sont attirés par tous les hommes et toutes les femmes qu’ils croisent. Comme le dit François Renaud : « Dire qu’ils ont plus de choix est relatif et subjectif. Ils peuvent avoir des critères restrictifs eux aussi. Certains se préoccupent davantage de la personnalité, recherchent différentes qualités. C’est plutôt une question de valeur. Ça dépend de chaque personne. » En fait, le problème n’est pas que le partenaire bisexuel risque de s’intéresser à un gars. Le problème est plutôt qu’il y a un manque de confiance dans le couple, ce qui est la véritable cause de la jalousie.

« C’est juste des gais pas assumés. »

« Il y en a que oui, il y en a d’autres que non », précise François Renaud. « Pour plusieurs, cela correspond à une phase où ils découvrent leur sexualité. Certains préféreront par la suite plutôt s’identifier comme homosexuels et d’autres s’identifieront plutôt comme hétérosexuels. Il y a également des gens qui sont vraiment bisexuels pur et dur. » Il est normal d’être indécis, mais un homme hétérosexuel peut autant être indécis quant à son amour pour quelqu’un. Il peut même lui aussi être indécis quant à sa sexualité sans pourtant s’identifier comme bisexuel. Le sexologue le confirme : « La majorité des gens ont une certaine forme de bisexualité. » La bisexualité reste une véritable orientation sexuelle à laquelle plusieurs s’identifieront toute leur vie. Il n’est pas plus facile de s’identifier comme tel que de s’identifier comme homosexuel, vu les nombreux préjugés auxquels les bisexuels ont à faire face, autant de la part de la communauté hétérosexuelle que de la communauté gaie.

Nommez-moi en des raisons d’être aussi mal à l’aise face à la bisexualité d’un envisageable partenaire. Au plaisir de pouvoir les démentir! « Je ne sortirais pas avec un bisexuel », c’est une façon d’infliger à quelqu’un le jugement de tous les torts que d’autres de ses « semblables » ont pu commettre, avant même qu’il ait agi de cette façon. C’est le définir, avant même qu’il ait eu la chance de se définir lui-même, comme un infidèle, un courailleur, un gai pas assumé, quelqu’un qui ne mérite même pas d’être considéré pour une relation sérieuse. Les bisexuels ne sont pas parfaits, mais les hétérosexuels et les homosexuels ne le sont pas non plus. Dis que tu es contre l’infidélité, gère ta jalousie, revisite tes critères de sélection… Mais cette fois, ne dis pas que tu ne sortiras pas avec un bisexuel. Parce que tu ne trouveras pas de bonne raison pour expliquer ça.

François Renaud – Sexologue

Sexologue clinicien et psychothérapeute gradué du baccalauréat et de la maîtrise clinique en sexologie de l’UQAM. L’épanouissement personnel, relationnel et sexuel des personnes lui tient à cœur, et c’est pourquoi il souhaite apporter de l’aide afin de faire la différence.

Pour en savoir plus : lesexologue.ca

Par Charlotte Poitras
Collaboratrice spontanée

Tu veux que ton texte soit publié sur lesnerds.ca? Voici comment:
Soumettre un texte spontané

Vidéo récente
- Sexe

10 choses qui prouvent que tu es avec la bonne personne

Plus de sexe

Le polyamour ou aimer plus qu’une personne à la fois

Le polyamour ou aimer plus qu’une personne à la fois

Et si on s’envoyait quelques sextos aujourd’hui?

Et si on s’envoyait quelques sextos aujourd’hui?

La deuxième chance de trop

La deuxième chance de trop

Kim Bélisle -

Populaires

Mon avis sur le lifting colombien des fesses

Mon avis sur le lifting colombien des fesses

Marie-Pier Hamon -
Ce que tu dois savoir avant de tester le microblading

Ce que tu dois savoir avant de tester le microblading

Jessica Dussault -
Vernis à ongles: les tendances printemps-été 2019 que tu dois essayer

Vernis à ongles: les tendances printemps-été 2019 que tu dois essayer

Nerds -

Nerds

Des plus belles destinations voyage aux bars à découvrir en passant par des tranches de vie de toutes sortes, l'équipe de Nerds te propose quotidiennement du contenu de qualité, divertissant et à l'image de la jeune femme épanouie que tu es.