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Octobre, dernière chaleur avant longtemps

Par Nerds – le dans Bien-être

Octobre. Linge chaud. Soleil encore un peu tenace, mais pas trop. Dernier souffle d’une vie estivale qui ne veut pas aller se coucher.

Mi-session épuisante, horaire stressant. Pour en rajouter, les journées sont rendues beaucoup trop courtes. La pile de livres sur la table de travail nous aide à oublier qu’il fait noir même le matin.

L’hiver va être long. D’ici là, l’automne est chaleureux. Pour ce qu’il en reste.

Alors on s’habille, on sort, on corde le bois contre le mur du cabanon. On se souffle dans les mains. On s’essuie la goutte sur le bout du nez. Une tape dans le dos qui fait un bruit sourd sur une veste épaisse qu’on hésite à enlever. On prend le temps de respirer l’air qu’on a tant apprécié cet été.

octobre

Nos esprits le savent; il va faire gris en novembre. Si on pouvait, on dormirait jusqu’à mars nous aussi. Comme les fleurs. Comme les abeilles. Comme les ombres des arbres qui sont couchés de tout leur long.

Faut croire qu’on aime ça, au fond, corder du bois, monter l’abri à neige. Se préparer à avoir chaud durant l’hiver glacial.

Faut croire aussi qu’on aime vraiment mieux la chaleur. On court après, ça nous réchauffe.

Ou encore, c’est peut-être ce qu’on aime de l’automne : c’est notre dernière chaleur avant longtemps. Ce drôle de sentiment d’urgence confortable. Avec nos bas de laine dans les pieds. On en oublie la fatalité du froid.

Mais on sait au fond. On sait qu’on peut tenir le mois de novembre pour acquis. On sait que si on ne fait rien du mois d’octobre, on va les manger, nos bas, dans quelques semaines.

Ça fait que face à notre automne à nous, avec la mi-session qui nous congèle, j’me prépare pour le pire.

Je t’écris cette petite lettre automnale peut-être pour ça. Pour te dire que novembre, décembre et les autres mois où on redoute l’extérieur sont des certitudes. Te dire que c’est pour ça qu’on corde du bois. Personne ne le ferait s’il avait espoir que l’hiver passe son tour.

Trois ans cette semaine. Trois ans d’été. Sans hiver. Plein soleil sur mon cœur. Tu m’as donné un été continu tout ce temps. Mais j’attends l’hiver quand même. Je me sens un peu toujours en octobre. Depuis tout ce temps, je n’ai pas tenu juin pour acquis.

Tu pourrais partir n’importe quand, dans un coup de vent froid et humide. Tes feuilles tomberaient, jaunes et sèches. Je me garde des bas de laine et une veste proche, au cas où. Surtout quand les livres prennent trop de place dans ton sac.

Tu m’as parlé d’habiter ensemble. Les bourgeons se forment à l’automne. On s’est dit qu’on pourrait être des grands, tous les deux. Tu me ferais des bons potages, avec des légumes de saison. Tu me tiendrais au chaud, même en janvier. Je sais que tu le ferais.

Je sais que tu le feras.

Donc je suis allé corder du bois au chalet.
Par Sébastien Verret
Collaborateur spontané

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