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Retour sur le mouvement #agressionnondénoncée

Par Nerds – le dans Divertissement

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Depuis quelques jours, je vois défiler des centaines de cas d’agressions non dénoncées que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Tranquillement, les femmes commencent à en parler et il en était grand temps. Au Québec, on dit qu’une femme sur trois en est victime et que 82% des cas d’agressions répertoriées sont faites sur des femmes. Sans vouloir enlever de gravité aux agressions faites aux hommes, le nombre de cas associés aux femmes est alarmant. Surtout lorsque l’on constate qu’environ 90% du temps, les femmes ne dénoncent pas.

Mais pourquoi?

Au début de la vague de dénonciation, j’imagine que j’ai trouvé un peu de réconfort dans ces témoignages, finalement les femmes disaient haut et fort ce que mes amies et moi on constatait, en silence. J’ai comme l’impression que depuis le début de toute cette affaire, j’ai un moton dans la gorge et qu’au lieu de diminuer, il grossit et il atteint des proportions qu’il n’a jamais atteint. Pourtant je ne suis pas étrangère à tout ça, j’en suis moi-même victime, moi et trop de personnes dans mon entourage.

C’est pas un sujet dont on parle comme ça, un dimanche matin autour d’un beau brunch avec des croissants, des chocolatines et des grands bols de café au lait. C’est pas un sujet que tu shoot autour d’une bouteille de vin un vendredi soir après le travail. C’est un sujet deep, laid, que pendant trop longtemps j’ai pas voulu abordé, mais qui est sorti maladroitement une soirée où le moton a pris trop de place et a fait explosé la réalité.

C’était mon secret pendant trop longtemps et si je le gardais pour moi, c’est aussi parce que je savais qu’il aurait tué mes parents.

À force de garder un secret comme ça, on le couve, on l’intègre, on se fait croire qu’il fait parti de nous et qu’on en vivra les conséquences toute seule. Toute seule on est tellement forte, toute seule on a pas à confronter le regard de l’autre.

Au moment où il éclate, on ressent même pas tant de délivrance, parce qu’on a le visage de celui ou de celle à qui on l’a dit qui nous regarde avec plein de tristesse dans les yeux. Ensuite vient le sentiment d’impuissance.

Mon secret, il a éclaté quelques fois avant que je l’écrive ici. Ça l’a toujours été mon règlement : je t’explique ce qui s’est passé seulement si tu me promet qu’on en parlera plus jamais. Je te demande ça, même si tu sais très bien que moi je l’ai dans face à tous les jours depuis mes 18 ans.

Notre secret, il nous fait honte. C’est pour ça qu’on le cache. Parce qu’on nous a appris que quand on court pas après, ben la marde nous tombe pas dans face. Et que si on veut pas faire trop de peine à ceux qui ont envie de nous aimer sainement, ben on est mieux de pas leur dire.

Mon histoire n’est pas bien différente de celle d’une autre. Elles ont toute une chose en commun, une relation sexuelle non désirée par un des deux partenaires. Après, les détails sont futiles, après le non vient l’abus. Je pense que c’est la chose la plus difficile à comprendre, à intégrer. C’est justement là où le mouvement actuel prend toute son importance.

C’est pas vrai que tu l’as cherché juste à cause que tu as accepté le verre qu’il t’a payé. Du même coup que c’est pas parce que ta jupe est courte que quelqu’un a le droit de te l’enlever. C’est juste pas de même que ça marche et c’est exactement ce qu’il faut comprendre aujourd’hui.

Moi mon secret j’ai finalement décidé de le dévoiler, parce que j’en ai eu marre d’avoir l’impression de lui donner de l’importance à lui, mon agresseur. J’en ai eu marre de laisser ses actions affecter ma vie intime pendant des années qui auraient dû m’appartenir et dans lesquelles j’aurais dû m’épanouir. J’en ai eu marre de voir l’incompréhension dans les yeux des hommes qui m’ont aimée quand je leur disais que j’étais tout simplement pas capable de me laisser aller.

Au bout du compte, je suis une jeune femme de 23 ans qui a vécu un peu trop longtemps avec les conséquences de ses envies sexuelles croches à lui. Du haut de ses 40 ans, il a franchi la limite de l’acceptable et les détails n’ont même pas besoin d’être abordés, car on peut très bien se les imaginer.

Avec la naissance de ce mouvement, on constate que trop nombreuses sont ces femmes qui par humiliation ou par peur ont décidé de se taire et de prendre sur elles. Certaines sont allées chercher de l’aide de leur côté, bien souvent à l’abri du regard des autres. Mais on constate également que ces agressions n’ont pas uniquement eu lieu dans des ruelles sombres comme on se l’imagine souvent. Elles ont trop souvent lieu dans des contextes professionnels ou scolaires où les femmes vivent et assument leur féminité.

À l’heure actuelle, le mouvement a réuni plus de 8 millions de témoignages sur les réseaux sociaux, il serait peut-être temps de réfléchir ensemble à des solutions à ce fléau.

#agressionnondénoncée

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