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Vieillir sainement et en sagesse – Partie 1: L’évolution

Par Sarah Lussier – le dans Bien-être
Réflexion sur le processus du vieillissement auquel nous sommes tous confrontés. À l'ère où on repousse l'âge d'or, réfléchissons-y.

Connaissez-vous l’histoire de la chenille et du cocon?

Lors d’une belle journée, un homme se promena en forêt. À un moment, il vit un cocon accroché sur une branche d’arbre. Il s’approcha et observa le cocon niché à la cime. Tout à coup, le cocon bougea, gigota. La chenille se débattit dans son cocon comme si elle voulait en sortir. L’homme se sentit mal. Il voyait que la chenille voulait quitter son cocon, mais n’y arrivait pas. Alors, pour l’aider, il prit son petit couteau et fit une incision dans le cocon pour la libérer. Elle sortit immédiatement et commença à se promener sur la branche de l’arbre. L’homme, heureux d’avoir aidé la chenille, partit, soulagé. Quelques jours plus tard, la chenille se transforma en papillon. C’était un des plus beaux papillons qui rayonnaient dans la forêt. Mais le papillon ne vola pas. À vrai dire, il en était incapable. Quelques jours plus tard, à force d’avoir été confiné sur la branche de l’arbre à ne pas s’abreuver et se nourrir correctement, le magnifique papillon mourra à la même place où l’homme l’avait libéré de son cocon.

Plusieurs jours plus tard, l’homme revint faire une balade en forêt et s’arrêta au même arbre. Il y trouva le papillon décédé. Triste, l’homme ne comprenait pas ce qui avait bien pu se passer. Tout à coup, il entendit des craquements pas très loin de lui. Il se retourna brusquement et rencontra une vieille dame. Elle marchait tranquillement et lentement dans la forêt. Elle s’approcha de l’homme et lui dit: « Vous savez pourquoi le papillon est mort et n’a pas survécu?» L’homme répondit: «Non, et j’en suis bien attristé! J’ai tout fait pour que le papillon puisse vivre sa vie.» La vieille dame lui répondit: «Vous savez, dans la vie, il y a une étape pour chaque chose. Il ne faut rien précipiter. Chaque chose arrive en son temps et la nature le sait, elle. Le papillon avait besoin de son temps pour se développer dans son cocon avant d’éclore. Son cocon le protégeait de l’environnement extérieur. Quand la chenille aurait été prête, elle serait sortie par elle-même sans votre aide. Étant donné que vous n’avez pas respecté son rythme, elle s’est libérée de son cocon trop tôt et ne savait pas comment voler. Il faut parfois des épreuves plus difficiles pour nous forger, nous rendre plus forts, pour un jour voler de ses propres ailes et rayonner.»

Vieillir = Retourner en enfance

S’il y a une justice sur la Terre, c’est celle-ci: tout le monde naît, tout le monde meurt un jour, et entre les deux, tout le monde vieillit. Je compare beaucoup le vieillissement à l’adolescence. À l’adolescence, on vit énormément de changements autant du point de vue physique que psychologique. Notre corps se transforme à vue d’œil et nous avons un sentiment d’impuissance. On ne peut rien y faire, ainsi va la vie! Notre personne change d’opinions, nos croyances et nos pensées évoluent, matures, vieillissent. On se perd et on a de la difficulté à se comprendre, à s’apprivoiser. L’adolescence, c’est la vieillesse de l’enfance. L’adolescence est une période cruciale teintée par le deuil. On délaisse notre enfance tranquillement pour regarder le monde avec des yeux plus matures. On a à faire face à différents deuils qui auront un impact pour le reste de notre existence.

En fait, la vieillesse, c’est la même chose, à la seule différence que nous avons plus de parcours de fait, donc plus d’expériences, de cuirasses, de souvenirs, d’opinions bien ancrées et de rigidité face au changement.

mains d'une femme âgée
congerdesign | Pixabay

L’avantage de l’adolescence, c’est qu’à l’école, et parfois à la maison, on nous explique ce qui se passe avec notre transformation. On prend le temps de nous informer que tout est normal, que tout va bien aller, et on vénère ce passage vers la maturité chez le jeune. Mais pour la vieillesse, on y passe tous, sauf que nous ne sommes pas outillés pour vivre ce processus. Il n’y a personne pour nous rassurer, nous informer que tout est normal, que tout va bien aller, que c’est beau et correct de se transformer, de maturer, de vieillir une fois de plus dans notre vie. En fin de compte, nous ne savons pas vieillir, ou du moins, bien vieillir.

Le vieillissement, c’est quoi?

Vieillir, c’est se rapprocher de la fin, de plus en plus près. Alors, ne pas vouloir vieillir en adoptant différentes stratégies pour tenter de préserver sa jeunesse, c’est de dire qu’on ne veut pas se rapprocher de la fin, qu’on ne veut pas mourir, qu’on a peur de cette étape qui viendra un jour. Vieillir, c’est observer tout le temps parcouru qui a fait son œuvre sur notre corps et chérir tous ces moments que nous avons eu la chance de vivre pleinement. C’est accepter humblement que nous sommes humains, et ce, avec des limites. C’est accepter que nous ne sommes pas parfaits, mais imparfaitement parfaits. Vieillir, c’est aussi la preuve de notre vécu et de nos expériences acquises. C’est accepter que rien n’est éternel. Rien, car la vie est changement. Vieillir, c’est accepter d’accueillir des deuils pour faire de la place à du nouveau.

Vieillir, c’est accepter que nous ne pourrons pas tout vivre dans notre vie. C’est atteindre le plus haut niveau de maturité et de sagesse en soi. C’est de continuer à se transformer, mais plus lentement. Vieillir, c’est de voir son corps réagir aux impacts de la gravité, de la pression atmosphérique, de l’oxygène… C’est de vivre sa vie positivement en écoutant ses limites, en étant humble et en se choisissant par amour de soi. C’est de continuer à rêver, à exprimer ses passions, à s’amuser et vivre, mais en sachant quand prendre des pauses pour se reposer. Vieillir, c’est être bienveillant avec soi-même et les autres.

«Vieillir, c’est un privilège qui n’est pas donné à tous.»

– Félix Leclerc

Lorsque nous vieillissons, nous avons une responsabilité: celle de bien vieillir. De donner l’exemple aux jeunes, par exemple aux adolescents qui vivent, eux aussi, une grande période de maturation et de changement. Quand nous devenons des sentinelles du temps, il faut en être un bon modèle, ou du moins essayer d’être la meilleure version de soi-même, car les enfants nous regardent et projettent pour eux ce qu’est la vieillesse. Vous leur donnez une vision d’où ils s’en vont. C’est votre rôle de les accompagner et de montrer que vivre sa vie aussi longtemps que possible est un privilège.

«Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes.»

– Félix Leclerc

Peu importe les obstacles rencontrés en vieillissant, vous avez toujours un seul pouvoir: celui de choisir comment vous allez réagir. Ne vous laissez pas prendre et engouffrer par la peur de ce que vous ne voulez pas. Est-ce que vous allez vous plaindre de chaque petit obstacle ou vous allez vénérer cette chance d’être encore vie? Est-ce que vous allez gaspiller votre temps à vous lamenter et être nostalgique ou profiter de la vie au maximum? À vous de voir quel chemin vous avez le plus envie d’emprunter, mais une chose est certaine: il n’y a personne qui aime les regrets d’une vie gâchée.


Crédit photo de couverture: Pixabay

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