La réalité de l’étudiant-athlète

Vous les remarquez souvent, ces collègues qui arrivent toujours en retard en classe. Leur garde-robe semble composée essentiellement de hoodies, de joggings et de chandails à l’effigie de l’université. Ils vous demandent parfois de leur envoyer vos notes même si vous ne vous êtes jamais vraiment parlé. Ils se présentent rarement, si ce n’est jamais, aux partys de votre faculté. Et si vous avez le malheur de faire un travail avec eux, vous vous rendrez vite compte qu’il sera probablement impossible de trouver une plage horaire qui convienne pour vos rencontres d’équipe.

Vous aurez reconnu le spécimen dont il est question : ces étudiants font partie d’une des équipes sportives de votre université. Tous vêtus de leur manteau bleu, rouge ou vert (selon l’université à laquelle vous étudiez), ils donnent l’impression d’être membres d’une secte.

Qu’ils fassent partie de l’équipe de football, d’athlétisme, de basketball, de hockey, de volleyball, de natation ou de n’importe quel autre sport, leur réalité est la même : ils doivent concilier le cheminement d’un étudiant régulier à temps plein — les cours, les examens, les travaux de session, les projets d’équipe avec des partenaires pas fiables, les journées trop courtes, les longues nuits blanches et le café qu’on aimerait consommer par intraveineuse — avec celui (mal compris) d’un athlète de haut niveau.

Source: fr.cis-sic.ca
Source : fr.cis-sic.ca

Ce que vous voyez, ce sont les tailgates et les matchs, les retards et les absences répétitives, les passe-droits et les privilèges pour les présentations orales, les remises de travaux et les délais pour les examens. Vous voyez les grandes affiches d’athlètes dans le centre sportif et les honneurs remportés mentionnés sur le site web et la page Facebook de l’université. Peut-être que vous vous dites même qu’on en met un peu trop pour des étudiants qui jouent au ballon.

Ce qui n’est pas visible, et ce que peu de gens en dehors du milieu sportif semblent réaliser, c’est le temps et l’énergie qui doivent être dédiés à l’ensemble des activités connexes liées à faire partie d’une équipe universitaire. Au-delà des entraînements techniques et physiques et des matchs, il y a les rencontres d’équipe, les rencontres individuelles avec les entraîneurs, les voyages en autobus ou même en avion pour aller à des compétitions qui durent parfois plusieurs jours, les activités de financement, les rendez-vous avec les médecins sportifs, les physiothérapeutes ou tout autre spécialiste de la santé… Et ce ne sont pas des obligations pour lesquelles on peut caller malade quand on n’a pas envie d’y aller.

Source : www.lifestyleupdated.com
Source : lifestyleupdated.com

Pour réussir à concilier les études et notre carrière sportive, on finit par se coucher souvent trop tard alors qu’on sait avoir besoin du maximum d’énergie le lendemain pour nos entraînements. On se réveille à la dernière minute le matin et on s’habille en vitesse avec des vêtements qui nous permettent de nous changer rapidement, plusieurs fois dans la journée. On quitte nos cours rapidement et sans adresser la parole à qui que ce soit pour ne pas arriver en retard à notre meeting ou pour trouver un coin tranquille pour faire une sieste. On doit parfois refuser les invitations aux partys de faculté le samedi soir, pour reprendre le retard qu’on a accumulé dans notre étude ou pour la simple raison qu’on a un match le lendemain.

Alors pourquoi fait-on tous ces sacrifices? Pourquoi avoir consciemment choisi la route la plus ardue? Parce que ce sont les choses les plus difficiles à accomplir qui sont les plus gratifiantes. Et à voir toutes les difficultés qu’on apprend à surmonter en tant qu’étudiant-athlète, j’ose croire qu’on en sortira gagnants, peu importe le résultat.

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