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Et au pire, on se mariera

Par Nerds – le dans Club de lecture, Divertissement

Et au pire, on se mariera

 

Mercredi dernier, alors que la température jouait à la bipolaire et que mes travaux s’empilaient sur le coin de ma table, j’ai pris un peu de temps pour aller voir l’adaptation théâtrale du roman de Sophie Bienvenu que j’avais lu il y a quelques années… Sans trop savoir à quoi m’attendre puisque le livre était déjà très évoquant, je suis allée m’entasser dans la salle intime du théâtre Prospero.

ETAUPIREONSEMARIERA

Si cette salle est de loin la salle la moins confortable qu’il me soit venue de voir, il ne m’a fallu que quelques instants pour que j’oublie la présence de ma voisine inconnue qui était beaucoup trop proche de moi ainsi que de mes nombreux travaux qui m’attendaient à la maison.

J’avais déjà vu la comédienne Kim Despatis en action dans la pièce Robin et Marion présentée au Théâtre d’Aujourd’hui. Toutefois, la comédienne qui attendait là, déjà dans son décor et habitant son personnage à même la pièce commencée, n’était pas la même que j’eus l’habitude de voir par le passé. Dans la peau d’une gamine de 13 ans, Kim Despatis rayonnait de par la justesse de sa présence.

Dès ses premiers mots prononcés, je savais que j’allais la suivre, je croyais à son personnage, elle l’assumait pleinement ce qui n’est pas toujours le cas dans les nombreuses pièces que l’on nous propose. Loin de l’image de la comédienne qui assume mal son accent international, elle avait le discours et les intonnations typiques d’une jeune adolescente écorchée au cœur d’un Centre-Sud qu’on reconnaît, mais qui pourrait tout autant être Hochelaga ou un quartier un peu plus « rock n’ roll » de la métropole.

Elle a su tenir en haleine la cinquantaine de personnes présentes dans la salle qui tour à tour ont ri, pleuré tout en restant mordus à ses lèvres qui nous présentait son côté d’un questionnaire de la part d’une travailleuse sociale. Pour avoir fait un bref tour des gens présents dans la salle, la plupart avaient déjà lu le roman. Ils étaient là, j’imagine un peu comme moi, pour voir comment on adapte un tel roman coup de point au théâtre.

Le metteur en scène, Nicolas Gendron, a privilégié la forme d’un monologue. Parfois drôle, mais profondément triste. On s’attache vite à cette jeune Aïcha, turbulente, peste, naïve qui sera confrontée à l’amour impossible, celui qui détruit et pour lequel on se bat tout de même. Dans son univers décousu, défavorisé où les jeunes filles doivent devenir adultes très vite, Aïcha souffre de ne pas être plus vieille qu’elle l’est. Un peu isolée avec un cercle social assez restreint, elle peut toutefois conter sur ses deux vraies amies, deux travesties qui se prostituent non loin de chez elle.

Le bonheur pour elle n’est pas le fait d’avoir une meilleure amie à qui on peut tout raconter ou une relation parfaite avec sa mère, le bonheur pour elle c’est de se faire aimer par l’impossible et peut-être aussi d’avoir une plus grosse poitrine.

On suit donc l’histoire de cette Aïcha qui s’amourache d’un certain Baz, deux fois son aîné. De manière déconstruite et avec un certain doute sur la véracité de ces propos, on apprend son histoire, peu banale. Le spectateur doute de certains éléments qu’elle aborde, mais la suit tout de même à travers ses tribulations et parfois son mal de vivre. On voudrait la caresser, lui offrir un peu d’amour parce que le plus commun des mortels souffre de voir le sort que la vie lui a réservé et dans lequel elle se met les pieds. Le spectateur souffre à son tour, de voir une fillette de 13 ans vouloir grandir trop vite. On voudrait la protéger d’elle-même.

Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’une pièce d’où l’on ressort avec le sourire aux lèvres. Pourtant, les spectateurs ont applaudi longuement la performance de Kim Despatis qui nous saluait, encore un peu saisie par l’émotivité de son personnage. En quittant la salle, j’ai décidé de marcher vers la maison en me promettant de relire le roman et je vous le suggère énormément…

Par Solveig
Collaboratrice spontanée

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