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Pourquoi est-elle une salope et lui, un Dieu?

Par Nerds – le dans Sexe

« Une clé qui peut ouvrir plusieurs portes est une bonne clé, une porte qui peut se faire ouvrir par plusieurs clés est une mauvaise porte » – Anonyme

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source: gettyimages.ca

Je n’apprends ça à personne : une fille qui a couché avec une dizaine de gars (ou même juste un ou deux) sera souvent considérée comme une salope tandis que son homologue masculin sera admiré pour ses conquêtes. Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie ont d’ailleurs mené un sondage auprès d’étudiants américains qui confirmait que le niveau de popularité des hommes augmentait lorsqu’ils avaient eu plusieurs partenaires sexuels tandis que ce même comportement nuisait à la popularité des femmes. Et ce double standard ne nous est pas inconnu : 93% des gens sont d’accord pour dire que les femmes sont jugées plus sévèrement que les hommes sur ce sujet (Milhausen et Herold). Pourquoi cette forme de sexisme perdure-t-elle malheureusement encore aujourd’hui?

Le culte de la virginité

Depuis toujours, la virginité féminine est très symbolique, notamment lors des rites maritaux où elle garantie pureté et fidélité à l’époux. Même si cette idée est bien moins présente de nos jours, on accorde encore beaucoup de valeur à la virginité de la femme. Aux États-Unis par exemple, lors des Bals de Pureté, les jeunes filles doivent promettre devant Dieu et leur père qu’elles resteront vierges jusqu’au mariage. Ces petites filles ne sont même pas adolescentes et on tente déjà de contrôler leur sexualité. Ainsi, en tentant de les protéger, on les traite plutôt comme des objets qu’il ne faut pas « souiller ».  Les jeunes femmes sont définies par leur sexualité, qu’elles ne possèdent même pas, puisqu’elles appartiennent d’abord à leur père, qui se doit de protéger leur virginité, puis à leur mari, qui peut en profiter exclusivement et leur faire des enfants. Ce genre d’événement existe également pour les garçons, le Bal d’intégrité. Ils doivent eux aussi promettre qu’ils seront abstinents jusqu’au mariage mais, la cérémonie alimente aussi l’idée qu’il faut préserver la virginité de la femme…

 La religion et le sexe

La religion et le sexe ne se sont jamais bien entendu… L’Église s’occupait d’ailleurs autrefois de l’éducation sexuelle des jeunes couples mariés qui se résumait à : faites ça juste pour faire des bébés. La femme n’avait pas le droit de ressentir du plaisir, ni d’avoir recours aux moyens de contraception, sans quoi elle commettrait un péché et subirait les jugements sévères de sa communauté. Une fille-mère était une honte pour la famille et celle ayant déjà fréquenté un homme n’était plus bonne à marier. Le tout visait à contrôler les gens afin qu’ils s’affairent augmenter la population, notamment le nombre de chrétiens francophones dans les périodes plus difficiles du Québec.

Encore aujourd’hui, si vous avez la curiosité d’aller parler aux religieux à l’entrée du métro, vous vous apercevrez que cette façon de penser n’a pas disparue. Les guides religieux destinés aux jeunes poussent les femmes à regretter tout comportement sexuel : « Après avoir couché avec sa petite amie, un garçon risque davantage de la laisser tomber et de passer à quelqu’un d’autre ». Sans oublier les inévitables versets de la Bible : « Celui qui pratique la fornication prêche contre son propre corps – 1 Corinthiens 6:18 ». Croient-ils toujours que la masturbation rend sourd et que la fornication mène directement en enfer?

Les femmes sont plus sélectives

Sur le plan génétique, l’existence du double standard s’explique par la théorie Darwinienne de la sélection naturelle. En effet, l’idée que les femmes se doivent de choisir un partenaire décent afin d’obtenir l’approbation des autres et que les hommes trouvent l’admiration de leurs pairs à travers leur nombre de conquêtes n’est pas étrangère à la théorie de l’évolution. Lors de la sélection du partenaire sexuel, les femelles seraient plus sélectives car elles sont programmées génétiquement pour choisir un mâle capable d’assurer la robustesse de sa descendance. La société s’attend donc à ce que la femme soit plus sélective, car elle serait plus responsable de sa lignée que les hommes. Comme les hommes n’enfantent pas, ils subiraient moins de pression pour le choix du « bon » partenaire sexuel et seraient, ainsi, plus libres de répandre leur semence.

Cette sélection naturelle a d’ailleurs des impacts sur la psychologie de la séduction. Une récente étude menée par Eli J. Finkel et le Dr. Paul Eastwick de l’Université Northwestern invitait des célibataires à une expérience de speed dating où c’était d’abord les hommes qui défilaient devant les femmes assises, puis l’inverse. Cela leur a permis d’observer que l’intérêt de chacun ne dépendait pas tant du sexe de la personne mais plutôt du fait d’approcher quelqu’un ou d’être approché. En effet, puisque les femmes sont souvent abordées, elles considèrent qu’elles sont séduisantes et se permettent de choisir celui qu’elles préfèrent parmi les intéressés plutôt que de « se jeter sur le premier venu ». De leur côté, les hommes, devant faire le premier pas, peuvent sentir qu’ils ont plus de pression. C’est pourquoi ils ont plus tendance à être satisfaits d’avoir séduit une fille, même si celle-ci ne comble pas tous leurs critères. Cette façon de penser alimente de nouveau l’idée que les filles devraient être plus sélectives et avoir honte d’avoir été séduite par n’importe qui.

La jalousie entre femmes

Alors que les insultes sexistes font du mal aux femmes, celles-ci n’hésitent pas à l’utiliser entre elles : « Salope! », « Bitch! », « Whore! ». Pourquoi? Pour salir la réputation des autres et se débarrasser de la compétition ou encore parce qu’elles sont envieuses. Celles qui ont moins de chance essaient de mettre en valeur leur comportement en dégradant celui des autres. Elles imposent ainsi une façon de faire « correcte » aux femmes, soit d’être chaste et pure, en humiliant celles qui sont plus à l’aise avec leur sexualité. Par exemple, plusieurs critiquent d’ailleurs l’animatrice et productrice Anne-Marie Losique, reconnue pour ses vidéoclips érotiques osés et son intérêt pour l’industrie du sexe. Son surnom de « Sex Mogul » (magnat du sexe) marqua d’ailleurs bien plus le public que le reste du travail qu’elle a pu accomplir.

Selon l’étude menée par les sociologues Elizabeth Armstrong et Laura Hamilton, les femmes auraient tendance à s’insulter en fonction de leur statut social. Ainsi, les plus aisées ont plus tendance à critiquer celles qu’elles trouvent mal habillées et qui ont un comportement à caractère plus sexuel. Pour les femmes moins fortunées, elles critiqueraient davantage les femmes riches et condescendantes. Une autre étude menée par des chercheurs de  l’Université d’Indiana a également révélé que les femmes avaient tendance à se lier plus facilement avec celles qui adoptent un comportement sexuel semblable au leur. Ainsi, peu importe dans quel clan on se trouve, il y aura toujours quelqu’un pour nous critiquer (et nous envier) pour notre différence.

Et puis quoi encore?

Il existe encore assurément de nombreuses raisons expliquant le double standard, mais selon moi, aucune d’entre elles n’est assez sensée pour défendre cette forme de discrimination. Aucun argument ne justifie le fait qu’une femme ait honte de son comportement sexuel sans que cela ne concerne aussi les hommes. Traiter les femmes de salopes pour des raisons non fondées, c’est faire du mal avec comme seule excuse : l’ignorance. Selon la société, vous serez jugés que vous soyez trop actifs sexuellement ou trop prudes: il n’y aura pas de juste milieu. Alors pourquoi ne pas simplement assumer qui on est et ce que l’on veut? Cessez d’être limitées par ce que les gens peuvent bien dire et imposez-vous telles que vous êtes. Ce que l’on dit des autres en dit probablement plus sur nous-même que sur eux…

Par Charlotte Poitras
Collaboratrice spontanée

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