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S’esclaffer des grands malaises

Par Nerds – le dans Bien-être, Santé

«Quel danger? Ah! Moi j’aime le danger, je me ris du danger HA HA HA HA!»

Pow.

C’est là que tu te rends bien compte que ce que t’a appris Simba sur ta cassette VHS quand t’avais 5 ans a clairement pas pris le chemin de ta mémoire à long terme. Donc, quand tu vois l’appel de ta soeur sur ton cell pendant que tu sirotes une bonne frette dans un 5 à 7, tu te dis «Quel appel? Moi je vais rappeler plus tard HA HA HA HA!»

Pow.

L’affaire, c’est que cette histoire je l’ai mâchée et remâchée, j’en ai soupé de la raconter de la façon la plus drama, avec les tripes qui shakent encore, après deux ans déjà. L’affaire, c’est qu’un moment donné, trop c’est comme pas assez. L’affaire, c’est aussi que je m’en viens foutrement fatiguée de voir qu’on parle des grands bobos avec une face d’enterrement.

Aujourd’hui, c’est une journée construite de milliers de grands deuils, de tonnes de volonté pour faire changer les choses, changer les doses. Aujourd’hui, on s’essaie à dire au monde entier que ça fait mal en tabarnak, mais que les ulcères du fin fond de l’âme finissent par s’estomper. Que les grandes déchirures finissent par se recoudre.

En postant dans un premier temps mon regard sur ma page d’agenda qui titrait le 10 septembre comme «Journée Mondiale de la Prévention du Suicide», pis en tombant sur le post atrocement déchirant, mais ô combien rempli d’amour et de résilience de l’humoriste Derrick Frenette qui a perdu sa frangine il y a presque un an jour pour jour, mon coeur s’est rompu : comment rester muette sur les épreuves qui nous gravent l’expérience de vie? Comment rester pantoise sur ce qui déchire les grands sourires en journées ternies?

Ce qui m’essouffle, c’est la noirceur. Les témoignages qui sont poignants, inévitablement lourds, empreints de cicatrices pas fermables. Pis je me suis dit : fuck. Pis si admettons, pour prévenir le suicide, on parlait de ce qui a fini par tourner rond? Sans nécessairement oublier les culbutes pendant la dérape, sans tasser du revers de la main les bleus pognés en revenant la grande claque.

Je suis tombée au grand complet. Ma tête, mon coeur, le corps, toute, en l’espace d’un quart de seconde, ma vie dans son entièreté, a crissé l’camp à terre, sur le gazon du campus. À 200 km de moi, ma soeur – ce genre d’humain doux et calme en permanence – osait pour la première fois défier la loi de mon répondeur pour me dire que la plus grande femme de notre vie manquait temporairement au tableau… en se «manquant» elle aussi. Un genre d’immense cri du coeur, un hurlement essoufflé de cauchemar qui veut jamais sortir, un appel à l’aide qui manquait de moyens vocaux.

Cette même grande femme qui avait pendant des années aidé les âmes puckées à grandir de nouveau avait momentanément oublié sa trousse d’aidante, avait oublié les statistiques, oublié la permanence de la solution pour un problème tellement temporaire. Et parce que j’ai eu mal (on va se le dire), et parce que j’ai eu honte (on va se le dire aussi) de ne pas avoir été dans ses bobettes à l’instant-même pour lui dire farme toé pis reste avec moé, j’ai écris, brouillonné mon esprit vide et sans larmes, mon cerveau sur pause.

Pis pourtant.
Les jours pis les mois se sont enchaînés. Les enflures ont dégonflées. Le malheur a donné une bine au bonheur en y disant «ok c’est bon man, t’es next».
Parce que c’est ça, l’affaire. C’est temporaire.

Rip off the bandaid, ça s’applique malheureusement pas icitte. Y’a des passes où vaut mieux pas l’enlever le plaster. Question de tenir la scratch en place pour éviter les remous, pour contourner les débordements ou les complications avant de retomber debout. Se donner le temps d’attendre le doux.

Presque deux ans plus tard, le portrait semble avoir été restauré. Le temps que sa belle face se remette en place dans sa tête, qu’elle remonte la pente, pis qu’elle reprenne le spot pour voir de haut. Le menton relevé pis les yeux écarquillés. Elle a gagné.

C’est un peu ça la prévention je pense. C’est aussi parler des victoires. De ceux qui ont frappé le fond mais qui sont remontés. Qui ont gardé ne serait-ce qu’un orteil du bon côté. C’est de commencer à rire des déboulades qui finissent bien.

De se rire du danger, de s’esclaffer des grands malaises contre qui on a gagné.

Ça passe un moment donné.

Par Angie Landry
Collaboratrice spontanée

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