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Le grand malaise des Internets, épisode 1 : Les commentaires

Par Nerds – le dans Bien-être, Divertissement

C’est devenu inévitable. Aucun jour ne passe sans que je n’éprouve un bébé-malaise quand je fais ma run quotidienne sur les internets.

J’entends déjà les come-back : Pauvre enfant éplorée. Y’a du monde qui bouffent du sable pis qui meurent de soif en Afrique. Des ours polaires anorexiques su’a banquise en Antarctique. Pis toé, t’as un bébé-malaise quand tu surfes sur la toile et que tu lis des critiques? Buhuhuhu.

Tout est (effectivement) relatif.

Vivre au quotidien avec ton internet

Même si la montée en flèche de l’utilisation des nouveaux médias est sûrement encore trop collée dans nos faces pour se prendre un élan vers l’arrière et prendre un recul, j’ai essayé de soulever ce qui me fait soupirer encore plus fort que les personnages d’un soap américain qui se font tromper pour la 7e fois (cette année).

Les commentaires (tan-tan-taaaaannnnnn).

S’il y a bien une chose qui se débat encore plus que le yâble dans l’eau bénite, c’est inévitablement la masse d’utilisateurs des réseaux sociaux, de sites de nouvelles ou de divertissement qui prennent le temps d’apposer le fruit de leur exercice de réflexion à propos des publications qu’ils lisent (ou pas).

À lui seul, le mot « commenter » est à redéfinir quand on le plug en contexte avec l’Internet 2.0.

Ton commentaire de merde, une page Facebook que j’affectionne particulièrement, illustre merveilleusement bien ce que j’essaie démontrer, dans le fond :

Source : Page Facebook - Ton commentaire de merde
Source : Page Facebook – Ton commentaire de merde

Que ce soit par l’entremise d’une nouvelle ou d’un article qui passe sous le doigt scrupuleux d’un(e) lecteur(trice), l’Internet est devenu une mine d’or de commentaires haineux, d’opinions vomies su’l tas, sans réflexion, de grandes envolées littéraires issues des plus grandes colères de Zeus (ou de Benoit Dutrizac). #sacramouille

Les commentaires que pavent les intellos (ceux qui lisent Le Devoir et ne prennent pas du café Tim Hortons) ou les grands justiciers agrammaticaux (ceux qui lisent Marie-Chantale Toupin) réussissent tant bien que mal à jaillir à la vitesse de l’éclair si, par exemple, le Journal de Montréal OSE écrire un texte qu’on pourrait considérer comme « le fun ».

(Mode sarcastique /ON)

Tout ça parce que :

1) Le journaliste a omis de fouiller au moins 43 banques de données universitaires avant de rédiger un texte d’opinion.
2) Le chroniqueur a encore écrit sur une des sœurs Kardashian.
3) L’éditorialiste a donné son opinion sur les fleurs. Ça a pas d’allure de critiquer les fleurs.

(Mode sarcastique /OFF)
(J’étais tu vraiment sarcastique dans l’fond…?)

Le meilleur exemple actuel : le (faux) débat sur le port du niqab lors des cérémonies officielles :

Source : Page Facebook - Journal de Montréal
Source : Page Facebook – Journal de Montréal

Mon constat : beaucoup de mots (mal écrits) pour une discussion qui, jadis, avait l’habitude de se passer en fumant une clope ou en soupant.

Je m’ennuie de cette époque – à 26 ans, j’ose emprunter cette expression – où on pétait une coche à Noël pour parler du référendum de 1995. De l’époque où la cour d’école laissait place au théâtre des plus grands débats humanitaires (Team Spice Girls ou Backstreet Boys, hein?). Je m’ennuie même de me faire écœurer parce que j’ai pas de seins, devant ma case, en secondaire 2. Dans mon temps (ça y est, j’y prends goût), le monde avait le guts de se projeter la voix entre quelques boutonneux pressés pour s’affirmer, ou avait les couilles de blesser une fille devant du monde qui pouvait clairement lui péter la gueule au rack à bécyk.

Je m’ennuie de m’engueuler avec du monde qui mérite que je m’affirme, pas avec du monde dont j’ignore carrément l’existence et qui déblatère sur toute – genre encore plus que Richard Martineau pis sa blonde ensemble.

Liberté d’expression : les limites

Récemment, les humoristes Adib Alkhalidey, Mike Ward et Jean-François Mercier ont été les proies du pouvoir infini du câble (merci Vidéotron).

Entre une joke sur les faux Niqab aux élections, quelques lignes de stand up sur le petit Jérémy ou des comparaisons douteuses genre crème glacée en Éthiopie -vs- des filles semi-habillées, le raz-de-marée de la population frustrée-incomprise-défenderesse-indignée s’est affalée sur l’équipement de base de ces comiques : la liberté d’expression.

Ce que je trouve encore plus déplorable, ce sont les commentaires gratuits qu’on retrouve (partout), que j’ai entre autre remarqué en fouinant sur la chaîne YouTube de la si douce Safia Nolin.

Je ne possède pas de carte de certification internationale de la police des internets et je ne détiens pas de post-doc en sociologie, mais je pense qu’on peut clairement affirmer que dorénavant, sur le web 2.0, les choses se passent.

Selon Marie-Ève Carignan, professeure adjointe au département des lettres et communications de l’Université de Sherbrooke, il y aurait indéniablement une prise de conscience à faire en ce qui a trait à l’utilisation des nouveaux médias et à l’étalement de nos propos. « Beaucoup de gens ne comprennent pas à quoi on s’expose. Avant de poster quelque chose, je recommande à mes étudiants de se demander s’ils sont prêts à possiblement faire partie d’un bulletin de nouvelles. »

« Ouais, mais je suis dans un pays libre, man. »

Ouais, mais non.

Savais-tu que les règlements en format-papier de Facebook sont, à ce jour, plus épais que le document relié de la Constitution américaine?

De plus en plus, les écrans d’ordinateur fonderont et empêcheront les trolls ou les baguettes en l’air de s’exprimer sans tourner leur langue une couple de fois, au préalable. Pour preuve, un jugement a été rendu ici-même au Québec, en 2013, lorsqu’une poignées de vedettes (pis moi, #lol) se sont fait ramasser par un dénommé @Jeffsabres sur Twitter.

Dire de la marde sur Guy A. Lepage, c’est un peu se mettre dans la marde aussi.

Reculer pour mieux repartir

Je n’ai visiblement pas de leçon à donner. Je suis à la même maudite place que vous. Pis ensemble, on est une calvasse de grosse gang à être aussi mêlés que ceux qui utilisaient les premiers téléphones, et qui oubliaient que c’était peut-être pas l’idéal de larguer des insultes à la téléphoniste parce que tu savais pas comment dealer avec ton émotion. Si une ligne est retraçable, imagine ta face pis ton nom sur ton profil Facebook.

Les choses se passent et je me permets une suggestion. Au lieu de s’insurger pis de partir en peur, reculez-vous donc la face de votre téléphone intelligent et ne prenez pas l’Internet comme votre mononcle fédéraliste dans un party de Noël. Relativisez! Prenez le temps de comprendre pourquoi une publication est écrite.

Je suis naïve, je sais.
(Pis sinon, ben faites comme Julie).

Par Angie Landry
Collaboratrice spontanée

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