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Roosh V: la propagande à vitesse grand V

Par Marie-Pier Hamon – le dans Divertissement

Il parait qu’une femme sur trois a déjà été victime d’un abus sexuel dès ses 16 ans. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le Ministère de la Sécurité publique (2006)[1].

Je fais partie du nombre et j’avoue que je connais d’autres personnes qui en sont également du lot: des jeunes et des moins jeunes. C’est regrettable.

Le 8 août, Roosh V était de passage à Montréal pour une conférence. Pour ceux qui ne le savent pas, Roosh V, de son vrai nom Daryush Valysadesh, est un auteur et blogueur controversé de 35 ans qui, entre autres, banalise les abus sexuels par des propos tels que: «Il faut rendre le viol légal si c’est fait dans une propriété privée» ainsi que «Combien de ¨non¨ faut-il pour entrer dans un vagin ?»

M. Roosh V, combien faut-il de «non» pour entrer dans un vagin? Il semblerait, selon mon expérience, que très peu de «non» soient nécessaires, car un agresseur n’écoute pas les protestations de sa victime.

Bref, des paroles plus que réfléchies et sensées…

Or, comme l’a mentionné Anne-Sophie Durocher lors d’une entrevue à LCN, on peut se demander jusqu’où va la liberté d’expression depuis les attentats survenus, malencontreusement, contre Charlie Hebdo en janvier 2015.

On condamne les propos du blogueur, certes, mais bon nombre de mes amis emploient des expressions telles que je me suis tellement fait(e) violer au beerpong! Vas-tu cesser de mettre du sel, tu le violes, littéralement! C’est de l’abus! Chaque fois, un frisson parcourt mon dos et je revois la scène se répéter, encore. Chaque fois, c’est une minimisation d’un acte violent, et ce, par une partie de la société. Il s’agit de personnes dans la vingtaine faisant allusion à un acte grave perpétré à l’encontre de quelqu’un sur le ton de la blague. Est-ce normal? L’abus sexuel marque physiquement, mais également psychologiquement, pour très, très longtemps. Parfois, peser ses mots vaut la peine. Tourner sa langue dix fois dans sa bouche avant de parler? C’était mon père qui disait ça. Il me le dit encore, souvent.

Source : Wikipedia
Source : Wikipedia

Roosh V veut soi-disant responsabiliser les femmes en rendant les agressions sexuelles légales dans les propriétés privées… J’essaie de comprendre la logique, j’essaie vraiment fort, mais je ne peux pas. Les faits sont que 7 victimes sur 10 sont agressées dans des résidences privées et que 8 victimes sur 10 connaissent leur agresseur. Alors, pourquoi légitimer de tels actes quand on peut tout simplement sensibiliser davantage la population?

La culture du viol est bel et bien présente, Roosh V en témoigne par ses paroles et en fait délibérément une propagande outrageuse. Je ne comprends pas qu’on tolère de tels propos. Loin de moi l’idée de vouloir jouer à la féministe 101, mais comment peut-on se vanter d’évoluer et de louer le progrès si on régresse en termes de valeurs et de mœurs?

Souvent je ressens une honte indélébile. Honte à cause de mon abus? Non, je me suis pardonnée après deux années à me questionner si c’était de ma faute ou de la sienne. J’ai honte à cause de propos tels que ceux émis par Roosh V et de ses adeptes. La liberté d’expression me coupe parfois la parole.

Et vous, que pensez-vous de cet auteur controversé?

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Marie-Pier Hamon

Journaliste de formation, Marie-Pier se passionne pour la rédaction d’articles culturels, de divertissement et la recherche de contenu. Toujours un peu en train d’écouter de la musique, elle écrit probablement plus de mots dans une journée qu’elle n’en dit.