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Ces moments où les garçons m’ont fait douter

Par Marilyn Claveau – le dans Chroniques

Hier, je parlais avec une amie du fait que j’écrivais un texte sur la culture du viol. Elle m’a dit sur un ton humoristique: «Est-ce que tu vas parler de l’histoire d’Alice, tsé Alice aux pays des merveilles?» Cette question, qui semble totalement anodine, ne l’est toutefois pas.

En tant que femme, on ne doit pas se taire. Au contraire, on devrait se soutenir malgré les doutes, on est une maudite gang à être née en tant que «filles». Et ça, ça semble être un désavantage depuis trop longtemps. Alors, on devrait se serrer les coudes et arrêter de croire qu’on a tort de dénoncer ces actes. J’aimerais que ce sentiment de culpabilité cesse et on ne devrait plus avoir peur d’être jugé quand on est victime d’un viol, et ce, peu importe nos origines ou la couleur de notre peau.

De ce fait, j’ai dressé une courte liste des moments où j’ai trouvé qu’avoir un vagin ça «suckait». Où j’ai eu peur d’être jugée. Et tous ces moments mettent en lumière la culture du viol, même s’ils n’en ont pas l’air à première vue.

J’ai grandi en région, avec l’idée qu’il ne faut pas dire tout haut ce qu’on pense, car ce n’est pas poli pour une jeune fille. Donc, une fille, ça se tient tranquille et ça embrasse ses oncles quand elle quitte la pièce. Et en plus, il faut le faire avec le sourire. Parce qu’une fille, ça sourit. Et mes cousins, eux, n’ont jamais eu à embrasser mes tantes.

Je n’ai pas aimé mon premier baiser, mes amies m’avaient mise au défi d’embrasser le garçon du club de patinage artistique. C’était gluant et je n’étais pas prête. Mais entre filles, on se soutient, n’est-ce pas?

Plus tard, j’ai déménagé à Québec. Ma cousine, plus âgée que moi, m’a montré des trucs pour ne pas avoir peur lorsqu’on marche seule le soir dans les rues. Il y a 2 options: soit tu composes le 911 sur ton téléphone et tu laisses ton doigt prêt à appuyer sur le piton à tout moment ou soit, tu places tes clés de maison entre tes doigts pour former un poing américain. Brillante, ma cousine.

Et ensuite, j’ai déménagé à Montréal. Ma famille a trouvé ça dur. Ils avaient peur, car j’étais une fille. Alors, avec une amie, j’ai suivi des cours d’autodéfense et je me suis acheté du répulsif à chien. Comment bien préparer notre déménagement en grande ville? Suivons des cours d’autodéfense avant même de savoir quel appartement nous accueillera…

Les premiers moments d’idylles avec mon copain furent parsemés de plusieurs promenades entre mon appartement et le sien. Je refusais de marcher seule le soir et lui, il devait faire l’aller-retour comme un gentleman pour venir me reconduire. Lui, il n’a jamais eu peur de marcher seul dans la rue.

D’ailleurs, une fois, j’ai quitté une fête plus tôt que tout le monde. Mon copain n’était pas prêt à partir et moi, j’étais fatiguée. Je suis passée par la rue Duluth pour me rendre au métro Sherbrooke, car il y a plus de circulation et plus de lumières. Ça n’aura pris que 2 minutes pour qu’un groupe de 3 garçons rebroussent chemin, m’entourent et insistent pour que je vienne faire la fête. J’ai accéléré le pas en leur demandant de me laisser tranquille et c’est avec les yeux plein d’eau que j’ai appelé une amie pour qu’elle me parle au téléphone tout le reste du trajet.

Une autre fois dans le métro, j’écoutais de la musique dans mes écouteurs et je lisais un livre. Un garçon est venu s’asseoir à côté de moi et il m’a tapé plusieurs fois sur la cuisse pour que j’enlève mes écouteurs et qu’il puisse me poser ses questions: «Tu vas où?», «Tu as quel âge?» et même «Tu es seule?» Il n’a visiblement jamais compris que je n’avais pas envie de lui parler. Et j’ai regardé 2 fois derrière moi lorsque ma station est arrivée. Une fois pour m’assurer qu’il ne me suivait pas et la deuxième, pour m’assurer que personne n’avait vu. Je ne pense pas que ce soit normal de se sentir jugé de ne pas vouloir être dérangé. 

Je me fais souvent aborder dans la rue par des garçons, ou crier des insultes parce que je souris aux passants. J’ai été élevé comme ça. Et parfois, on me critique d’être trop gentille.

Finalement, la semaine dernière, une amie est partie en Colombie toute seule. Elle avait envie de faire ce voyage. La veille de son départ, les conseils à son égard ont été de faire attention. De faire des activités de jour et de rester à l’auberge de jeunesse une fois que la nuit tombe. Pourtant son chum, qui partait au Mexique quelques jours plus tard, a eu comme conseil de s’amuser à fond…

Et la liste pourrait continuer longtemps.

Nous ne devrions pas accepter des comportements inadéquats et irrespectueux. Nous devrions cesser de comparer un viol à un vol de char, par exemple, car un viol est un viol. Et j’inclus aussi les viols faits aux hommes. Nous devons nous soutenir, moins culpabiliser et faire en sorte que la société se conscientise sur ce qui nous entoure. Il ne faut pas avoir peur de dénoncer.

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