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La fois où il t’a trompée

Par Nerds – le dans Bien-être, Sexe

Moi, j’pense à ta queue :)

C’est le genre de message texte qui surprend. Mais pas dans le coquin sens du terme. Parce que, si on pousse l’analyse selon les théories du langage, ici, l’emploi du mot « moi » en début de phrase informe que cette femme quelconque rétorque avec pertinence et répartie à une pensée, concrétisée par des mots, que ton chum a eue un madné pas si lointain.

Ton chum. Celui avec qui, quand tu te chamailles, vous finissez par vous cracher de l’eau dans la face parce que même vos insides jokes sont rendues ben intimes pis les gens comprennent pas trop, mais trouvent ça plus cute que dégueulasse anyways. Ton homme, celui qui a indubitablement laissé de mémorables souvenirs de sa queue à une autre que toi. Dans le même lit où il t’a fait l’amour il y a quelques heures.

On pourrait théoriser ces quelques doux mots empreints de classe sur lesquels va se terminer ta relation, qu’importe ses « ce n’est arrivé qu’une seule fois », mais la place laissée à l’interprétation équivaut au niveau de salubrité des toilettes chimiques du Rockfest.

Mais je vais tout de même revirer de bords en bords ta folie qui frôle l’imbécillité sentimentale, tous les et si, les pourquoi et les peut-être que, jusqu’à ce que tu sois prête à tendre la joue pour recevoir ta claque en pleine gueule, jusqu’à ce que tu sois prête à assumer que dans les descriptifs maintenant nuancés de ton chum, entre les trucs que tu es la seule à savoir ou votre manière juste à vous de vous aimer, genre tout de suite après sait me faire rire quand je braille depuis 20 minutes, s’ajoute aussi capable d’agir en trou d’cul.

Parce que je sais que malgré le fait qu’un éventail de sentiments contradictoires fassent un pool de bras de fer dans ton cœur pis ta tête, qu’importe de quel bord faiblit le poignet, la passe de cash de la fin, on s’en sacre un peu, t’sais, tu l’aimes encore.

Je sais aussi qu’à partir de ce moment, tu ne seras plus jamais la même avec les garçons. C’est game over la naïveté, la confiance, la sérénité d’esprit. Il est chanceux que j’aie une bébé-sœur à qui montrer le bon exemple. Sinon, les pneus de son F150 neuf auraient été crevés avec une fourche.

T’avais senti qu’il avait levé le cran de sûreté il y a deux jours. Mais tu ne pensais pas qu’il tirerait pour de vrai. Et tu ne pensais pas que ça brûlerait autant. Tu répètes la même histoire, les mêmes incompréhensions, des fois en criant, d’autres en pleurant ; tu répètes qu’un instinct de femme, ça ne ment jamais, mais que tu as quand même fermé ta gueule parce que faire l’autruche la tête dans le sol du déni était plus facile que de regarder ce que la vie nous pointe en spotlight. T’sais, des fois, la vie fait bien les choses : dans ta malchance, t’es un peu chanceuse que cette fille-là l’ait texté pendant qu’il se vidait de sa troisième bière. Tu n’as même pas eu besoin d’agir en criss de folle qui s’improvise anonymous jusqu’à devoir attendre 5 minutes entre chaque tentative pour déverrouiller son iPhone.

Mais tu as quand même pensé que t’avais les pupilles trop pleines de lumière pour bien lire. Parce qu’il t’embrassait, te touchait, te parlait, te regardait pareil pareil comme 48 heures avant. Tout était pareil et tu voulais que tout reste pareil. Donc tu as switch à off l’interrupteur du spotlight.

Tu ne savais pas encore comment réagir alors tu as attendu. Tu lui as fait l’amour. Par volonté de voir jusqu’où irait son mensonge pis surtout aussi parce que tu savais que ça allait être la dernière fois.

À 2h du matin, tu as pris tes vêtements avec la ferme intention de partir. Y faisait frette ce soir-là. Même si on était encore début septembre, tu shakais comme si t’étais en bikini à l’Igloofest, sauf que ce n’était pas de froid ; tu shakais de mal-être, comme si ton dedans voulait quitter ton corps pour aller voir ailleurs, n’importe où ailleurs. T’es restée assise dans le lit une bonne dizaine de minutes. Tu ne voulais pas vraiment partir. Il s’est réveillé à moitié et t’a ramenée vers lui, en s’inquiétant que tu trembles autant : « Comment j’ai pu te laisser avoir froid de même mon amour? »

À ce moment, tu as eu un haut le cœur. No fuckin’ way qu’il allait dormir paisiblement alors que toi, tu sentais avoir perdu le sommeil pour les 44 prochaines années. Tu l’as alors réveillé avec délicatesse : FAUT QU’ON PARLE.

Puis vous avez parlé. Des heures de temps. Puis vous avez pleuré. Autant de temps. Jusqu’à ce que vous vous vidiez de votre histoire, à vous épuiser de la sauver, jusqu’à vous endormir avec un bras de distance mais vos doigts qui s’entrecroisent.

Puis vient le matin. Le après. Tu quittes son appartement pour la dernière fois. Tu réalises que tu ne le reverras plus et tu as honte de verser des larmes,  tu t’autoflagelles à coups de conne dans ta tête d’avoir encore ces sentiments-là pour quelqu’un qui t’as traitée comme si tu n’en avais pas.

Puis vient ta transformation en toutes celles que tu détestes, de qui tu te moquais. Tu stalkes la fille qui a dormi dans ton côté droit du lit le temps d’une nuit pis osti que tu ne comprends pas. Tu deviens pathétique, demandant à tes amis si elle est plus ou moins belle que toi quand, au fond, leurs réponses se dispersent dans ton monologue intérieur parce que lui, la seule opinion qui compterait en ce moment, l’a préférée à toi.

Et c’est ça le danger dans ces histoires là. Valoriser son opinion, le valoriser tout court parce que dans ton estime y’est encore haut comme la tour du CN, y’est encore parfait, tu ne réalises pas qu’il a agi en pas-parfait-pentoute en se crissant lui même en bas de la tour, ta tour. Des fois, en mettant l’autre sur un piédestal, on le valorise tellement qu’on oublie qu’on a de la valeur nous aussi.

Et viennent les questions qui n’ont pas de réponse. Le feeling de ne pas être assez. Donc tu cherches et tu cherches encore comment être plus, jusqu’à t’étourdir, jusqu’à t’aimer moins juste parce que lui, il t’a mal aimée.

Et je m’époumone à te répéter qu’il va réaliser sa grave erreur, quand il va commencer à jaser sur le bord de l’oreiller avec les autres qui sont moins allumées, moins drôles, moins cultivées, moins généreuses et moins toute que toi. Je sais que tu t’en calisses, juste parce que lui s’est calissé de tout ce que t’étais.

Mais il n’est pas le seul qui peut te beurrer de polysporin à ego. Je sais aussi ce que tu veux entendre, qu’il est parti au moment où vous trouviez quelque chose, et pas du n’importe quoi. Quelque chose qui avait de la valeur, quelque chose à ton image.

Mais la vérité c’est que t’sais, un gars qui couche avec une fille de Tinder ayant pour surnom quelque-chose-licious, tu vois bien que vous ne vouliez clairement pas les mêmes affaires dans la vie. Tu n’aurais jamais eu assez de doigts pour lui dénouer la gorge de sa peur de l’engagement, même si tu ne t’étais pas retenue, par peur de le faire fuir, de lui manger la face par élans d’amour, même si tu ne lui avais pas jasé appart.

Tu ne méritais certainement pas de te faire traiter de même, mon amie. Mais personne ne peut te faire sentir inférieure sans ton consentement.

Ah pis la désillusion, c’est éphémère. Tu ne laisseras pas ton manque de confiance en l’amour repousser tous les autres plus doux pour toujours. J’te le promets.

Par Karine CA
Collaboratrice spontanée

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