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La fois où j’ai réalisé que mes parents ne s’aimaient plus

Par Kim Bélisle – le dans Sexe
D’aussi loin que je me rappelle, je n’ai pas souvenir de ma mère accueillant mon beau-père avec un baiser, l’entourant de ses bras en collant son visage dans son dos, comme il est si doux de faire. Je ne me souviens pas de ma mère, laissant sa main se balader sur sa cuisse, sa joue, son bras, simplement pour retenir son regard, un instant. Je ne me souviens pas de mots tendres ou de discussions à demi-mot pour se retrouver lorsque les enfants étaient endormis.

Ma mère ne m’a jamais parlé d’être envahie par les papillons; de vouloir partir à la découverte du monde avec mon beau-père. Elle ne m’a jamais dit qu’elle ne se voyait pas sans lui, sauf peut-être une fois, après quelques verres…

Pourtant, ma mère n’est pas une femme dure. Elle n’est pas de celles que l’on croit vides, creuses et sans émotion. C’est un être généreux, mais plus les années passent et plus j’ai l’impression que c’est une handicapée du cœur. Elle vient d’une grande famille et à force de vouloir tout donner à sa mère, peut-être afin de combler son «moi» enfant, elle s’est oubliée. C’est difficile d’espérer recevoir l’amour de ceux qu’on aime lorsque nous-mêmes, il ne nous en reste plus à donner. Ou parce qu’on ne sait plus ce qu’il faut faire pour aimer.

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Tous les soirs, même si je n’y vis plus, je sais comment se déroulent les soirées de mes parents. Ma mère prend son habituel verre de vin, prépare le souper pour tous. Ils regardent la télé en mangeant, tout en discutant du travail. Toujours tout en surface. Pas de projet, pas de rêve. Elle prend sa douche, lui aussi, mais jamais ensemble. Ils se rejoignent pour les téléromans du jour puis elle se lève, et va se coucher… seule. Il continue de regarder la télé, jusqu’à ce qu’il ronfle; et enfin il va la rejoindre. Puis l’alarme sonne et c’est le matin.

Je ne ressens pas la magie. Je n’entends jamais les rires complices. Peut-on oublier comment aimer? Est-il possible de réapprendre à se donner et vivre dans une vulnérabilité que l’on a cessé de visiter depuis plusieurs années déjà?

Puis l’autre soir, dans le regard inquiet de ma mère, j’ai compris. J’ai compris qu’on vit toujours avec la peur de perdre l’autre. Une crainte constante de ne plus être assez, à un moment ou un autre. Avec le recul, on réalise certaines choses qu’on ne voit pas avec nos yeux d’enfants. Peut-être certaines choses qu’on se refuse de voir, aussi.

J’aimerais la rassurer, la serrer dans mes bras, mais je ne peux pas. J’en suis incapable, parce qu’avec ma mère, ça n’a jamais été comme ça… J’aimerais lui dire qu’il faut qu’elle s’ouvre et se risque à aimer. À retrouver ce qu’elle et mon beau-père ont déjà été. Qu’ils se réapprivoisent, aillent au cinéma, rient ensemble comme des jeunes dans la fleur de l’âge. Comme des enfants.

Parce qu’au fond, ce qu’on ignore, c’est que le corps vieillit, mais l’esprit non; et qu’il n’y a pas de date d’expiration pour l’amour qui fait vibrer, si on se permet de ne pas oublier comment tout a commencé.

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