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À toi qui ne parles plus à ta mère

Par Geneviève Dallaire – le dans Bien-être, Psycho

À toi qui ne parles plus à ta mère,

J’aimerais, avant toute chose, te dire que t’as le droit…
Que c’est normal de te sentir coupable, de douter, de songer à revenir sur ta décision, d’en avoir marre de devoir te justifier à ton entourage, d’avoir peur d’être jugé ou de passer pour le méchant, d’être incompris, de « tenir ton bout », mais surtout, de te sentir en paix et même libéré de ne plus parler à ta mère.

Peu importe le ou les événements qui t’ont poussé à faire ce choix difficile, si tu en es arrivé là, c’est que tu as eu le courage de prendre en main ton bien-être. Les raisons qui ont motivé ta décision t’appartiennent et ne laisse personne les mettre en doute. Que ce soit après des années de relations malsaines et tumultueuses, ou suite à un acte impardonnable, tu as le droit.

Je sais que tout le monde à qui tu vas en parler aura sa propre réaction. La plus fréquente sera probablement la classique « mais, C’EST TA MÈRE! » *insérer ici une intonation de stupeur, de désarroi profond et une insistance intense sur le mot mère. Tu seras aussi surpris du nombre de personnes qui auront une tranche de vie à te raconter, qui finit étonnamment souvent par une réconciliation entre ton interlocuteur et ladite personne. Le tout pour essayer d’être empathique et te laisser savoir qu’ils comprennent ta situation, mais surtout que ça va se régler.

Prends-le de quelqu’un qui vit ce cycle de culpabilité sur « repeat » depuis plus de temps qu’elle n’aime se le rappeler, qui a fléchi de nombreuses fois pour tenter de sauver une relation toxique et qui, à chaque réconciliation échouée, s’est fait un peu plus de mal;  tu as le droit.

Plus jeune, lorsque j’essayais déjà d’expliquer que je ne voulais plus d’elle dans ma vie, pas tant qu’elle n’arrivait pas à s’excuser, j’aurais aimé que quelqu’un me dise que c’était « correct ». Dans la liste de commentaires que je voulais entendre dans le genre pas pantoute, il y avait le fameux « ça va s’arranger avec le temps » ou encore le rassurant « vous allez vous retrouver un jour ». Toutes ces assomptions qui sous-entendent qu’après tout, ça ne peut qu’être temporaire; voyons « c’est ta mère! ». Pourtant, messemble que je ne lui demandais pas grand-chose? Tout ce que je voulais c’était de sentir qu’elle réalisait qu’elle avait fait des erreurs, qu’elle était désolée, qu’elle était capable pour une fois d’être l’adulte, t’sais d’être ma mère justement.

À partir du moment où j’ai accepté que ce jour ne viendrait jamais, ou du moins que je ne devais plus l’espérer, j’ai commencé à guérir. C’est aussi à partir de ce jour que mes proches ont accepté ma décision. « Tu as vraiment tout essayé » m’ont-ils confirmé, « On voulait seulement s’assurer que tu n’aies pas de regrets » m’ont-ils avoué, « Je ne sais pas comment tu as fait pour endurer tout ça, tu n’as pas à t’en vouloir » m’ont-ils gentiment confié.

Le jour où en plein milieu d’un Winners, j’ai enfilé mes culottes de grande fille et je lui ai dit au bout du fil que si elle voulait me revoir un jour, nous devions aller consulter; le jour où, à travers les sanglots, je lui ai dit que de ne plus partager ma vie avec elle depuis plusieurs années déjà me déchirait, que je voulais la retrouver, nous retrouver, mais en me respectant; le jour où j’ai tenté de faire comprendre à mon parent que son enfant en avait assez de la chicane et que j’avais besoin que ça cesse; le jour où ma mère m’a souhaité « longue vie » en me raccrochant la ligne au nez. Ce jour-là, j’aurais aimé que quelqu’un me dise que j’avais le droit…

Que ce jour de libération profonde ait déjà eu lieu pour toi, que tu songes à ce qu’il se produise rapidement ou même s’il te semble inatteignable, je te le dis : tu as le droit! Je sais que ce n’est pas facile, mais je sais aussi que certaines relations sont malsaines et que de tenter des les sauver ne fait qu’aggraver tes blessures, même si c’est ta mère. J’aimerais nous dire que ce sera moins difficile avec le temps, mais je crois que d’accepter qu’on a le droit est déjà un grand pas dans la bonne direction.

Tant que tu feras confiance à ton instinct, à cette voix intérieure qui sait ce qui est le mieux pour toi; tant que tu t’écouteras toi, tu auras pris la bonne décision. On dit que le temps arrange bien des choses, donc que vous arriviez (ou pas) à vous réconcilier un jour, là aussi, tu auras le droit.

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