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Je t’aime, mais je te quitte

Par Nerds – le dans Bien-être, Santé, Sexe
Il n'y a pas de rupture facile, mais c'est encore pire lorsqu'elle se déroule alors qu'un amour réciproque nous unis encore.

Rompre alors que l’on s’aime… antithétique, non? 

Pourtant la vie, la distance, des parcours soudain divergents séparent de plus en plus d’amoureux dont la relation semblait idyllique, jusqu’à ce qu’elle se heurte sans crier gare à une date de péremption qu’ils n’attendaient pas. Ces adieux sur un quai de gare que ta «liberté de mouvement» et ton indépendance si longtemps espérées ont provoqués résonnent presque comme le cri de guerre de la modernité.

Et comme la musique adoucit les maux, c’est des mots de Joe Dassin que tout part: «On s’est aimés comme on se quitte / Tout simplement, sans penser à demain». Mais demain est là et il fait mal en tabarnak. «Demain» est ton ennemi, la douleur prend des allures de métastases cancéreuses et irréductibles se propageant petit à petit. Tu te laisses envahir. Demain brûle, il pique, il transperce ton estomac. Tu ne peux plus rien avaler, ta respiration est gênée, ton corps t’en veux. Cette boule au ventre, cauchemar de tes jours, s’amplifie jusqu’à ce que s’ajoute à ton mal-être l’angoisse de t’inventer un nouveau futur. Le pire? C’est toi qui l’a choisi et qui doit vivre avec.

Et après? Une fois que tous les projets fondés à deux de ces dernières années, mois ou semaines se sont envolés? Qu’ils sont à réinventer au singulier? «Dans quelques mois ça passera…», paraît-il. À entendre les autres, le temps est LE remède miracle, l’équivalent des pilules de marijuana médicinale auxquelles on ne croit qu’à moitié. En les avalant, on espère qu’elles feront leur travail et balaieront avec elles la peine, les vestiges du passé que traîne la mémoire.

Mais toi, tu n’y crois pas. Tu te berces de cette illusion quasi-folle que l’on entretient au lendemain de ce type de rupture. Tu te persuades que vous vous retrouverez, un jour. Car tout cela n’est «qu’affaire de circonstances», après tout…

Dans ces cas-là, on se prend à croire qu’il/elle reviendra, dans 1, 2 ou 5 ans, surgissant de nulle part, ne nous ayant pas oublié, tout comme il/elle est resté(e) dans notre tête. On se dit que nos vies seront forgées pour de bon, finalisées, et que tout sera plus simple, il ne restera plus qu’à les combiner… 

Ce genre de rupture a déjà son mode d’emploi, sa formule de circonstance figée: «On prend des directions différentes, mieux vaut s’arrêter là». Comme si l’on ne faisait que descendre d’un train. Aussi facile que ça. Sauf qu’on n’est pas dans une comédie romantique du genre 7 years et si le temps efface, il remplace aussi.

La vie suivra son cours, il/elle rencontrera quelqu’un, toi aussi et vous vous surprendrez peut-être un jour dans la rue, toi accompagné(e) de ton chien, lui/elle de ses enfants, à échanger des banalités du genre: «Tu deviens quoi? Ça fait un bail, hein?». Vous serez devenus des inconnus malgré vous.

Savoir que l’on quitte quelqu’un pour lui permettre de réaliser son rêve, pour ne pas voir sa relation dépérir à cause d’une rancune latente, n’est au final qu’une maigre consolation lorsqu’on pleure celui ou celle qu’on aime. Tu deviens progressivement ton pire ennemi, t’interrogeant sur tes motivations: «Ai-je eu raison? N’y avait-il pas d’autres solutions?», sans même avoir comme «réconfort» la haine de l’autre. Tu en viens à te demander si tu n’as pas baissé les bras trop vite. Puis, tu comprends que la vie est faite ainsi, que parfois, on n’a pas d’autre choix que d’espérer que ce soit pour le mieux. Alors se posera cette terrible question: comment oublier quelqu’un que l’on élève encore au rang de partenaire idéal?

À ceux qui se la posent en ce moment même, je rappelle que ce sacrifice, aussi noble qu’il soit, n’a de sens que si l’on vit jusqu’au bout ces rêves pour lesquels on s’est quittés. Pour concrétiser ce futur, impossible de vivre dans le passé. Il faut couper contact avec l’être aimé.

Cette réalisation ne met pas fin à l’espoir, celui d’être l’exception qui confirme la règle, la seule histoire qui prendra peut-être des airs de film à l’eau de rose dans quelques années.

À tous ceux qui souffrent par amour et qui ont compris que la plus belle preuve de celui-ci est la liberté que l’on offre à celui/celle que l’on chérit, je souhaite bien du courage pour venir à bout des longues nuits où la solitude et le manque, plus forts que dix doses de caféine, vous empêchent de trouver le sommeil.

Vous n’êtes pas seuls. 

 

Par Johanna
Collaboratrice spontanée

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